Le virus du chaos

Sommes-nous à Apocalypse now ? Après tout, Hollywood nous y prépare depuis longtemps avec ses films catastrophes, toute théorie du complot qui se respecte contient au moins une section bactériologique, et même les Illuminatis nous ont prévenus : ils veulent une terre à 500 millions d’individus, ce qui implique tout de même d’en éliminer plus de 7 milliards.
Alors, à ce rythme, les statisticiens de l’Apocalypse risquent d’être déçus : ça va être long, très long, on est loin des scénarios d’Hollywood, plus frissonnants et plus efficaces. Parce que Covid-19, si méchant qu’il soit présenté, en 3 mois n’a fait que quelques milliers de victimes sur le plan mondial.
La guerre du virus aura-t-elle lieu ?
Oui, mais pas celle que l’on croit. Ce serait plutôt l’utilisation que l’on fait du virus qui s’avère bien plus dangereuse que le virus lui-même.
C’est pourquoi le virus du chaos est un titre à double entrée : parce qu’il paraît bien parti pour générer le chaos, à cause du traitement qu’on en fait, mais aussi et surtout parce qu’il révèle une autre maladie, une maladie de l’esprit celle-là, qui conduit les hommes à choisir des remèdes pires que le mal, à générer le chaos en étant persuadés de bien faire.

Loin de moi l’idée de minimiser ce méchant virus, mais il faut garder la tête froide et l’œil vif.
Bien sûr il y a virus. Bien sûr il est contagieux. Bien sûr il y a inévitablement des morts.
Mais ce n’est ni un fléau, ni une calamité, ni une grande menace pour le monde.
C’est une menace. Tout court.
Alors pourquoi cette tempête dans un verre d’eau ?
Peut-être parce que le verre d’eau va étrangler le colosse aux pieds d’argile qu’est notre société si fière d’elle-même, et en même temps si fragile et si précaire.
Ils l’agitent tellement ce verre, pour lui donner de l’importance, qu’il va finalement générer une immense vague emportant tout sur son passage.
L’éléphant a peur d’une souris, il en fait des tonnes, de peur il piétine son environnement tout autour de lui dans de grands gestes désordonnés, et quand il aura enfin compris que la petite souris n’était pas bien dangereuse et qu’il cessera son cirque, ce sera pour s’apercevoir qu’il se trouve au milieu d’un champ de ruines, causé par sa peur incontrôlée.

Si ce n’est pas un fléau -pas encore-, c’est une punition. Une terrible punition qui a notamment pour but de faire comprendre aux hommes dans quel monde ils vivent et qui en est aux commandes.
L’évangile d’hier dimanche était particulièrement éloquent à ce sujet ; c’est peut-être pour cela que le démon s’est acharné à faire taire les églises dès ce dimanche : pour que ce texte ne résonne pas à ses oreilles.
Que disait Jésus hier ? : « Si le royaume de Satan était divisé intérieurement, comment pourrait-il subsister ? » (Luc 11:18), ajoutant « un royaume où l’on est divisé sera bientôt détruit, et ses maisons s’écrouleront les unes sur les autres. »
En écoutant ce texte, j’avais l’impression de suivre l’actualité en direct.

Car ce Covid-19 qui fait couler tant d’encre et de salive, est manifestement l’œuvre de Satan ; et cette œuvre se retourne contre lui car le monde moderne (Babylone) n’a rien trouvé de mieux pour le combattre que de détruire toutes les maisons patiemment construites par la civilisation de ce dernier.
Un suicide collectif. Parce que quand le mal combat le mal, eh bien… il s’y prend mal.

J’avais écrit que Babylone s’auto-détruirait. J’avoue que je ne l’imaginais pas de cette façon, j’attendais des hommes un peu plus de panache, on aura un effondrement minable ; les procédés sont minables parce que les hommes sont minables.

Mais avant de décrire ce processus, il est impératif que les gens sachent et comprennent dans quel monde ils vivent, sinon ils ne pourront pas en décrypter les ressorts fondamentaux. Et pour ça, il faut aborder -rapidement- les aspects métaphysiques et surnaturels qui expliquent les soubresauts de notre vie matérielle.

 

Babylone = notre civilisation moderne

Peu s’en aperçoivent parce qu’il s’agit d’un lent et long processus, mais nous vivons une mutation de civilisation, c’est à dire que la civilisation précédente s’est peu à peu effacée au profit d’une nouvelle qui a envahi l’espace. Il faut bien comprendre que le phénomène est double : il n’y a pas seulement suppression d’une civilisation, mais aussi remplacement de celle-ci par une autre.
Or en un peu plus de 200 ans, nous venons de vivre le remplacement de la civilisation chrétienne par une autre, c’est indéniable et personne aujourd’hui ne le conteste.
Mais quelle autre ?
Hier encore dans l’évangile, Jésus rappelait cette vérité si simple : « Qui n’est pas avec moi est contre moi. » Or personne n’ignore que la civilisation moderne qui se qualifie elle-même de post-chrétienne, prétend vivre sans Dieu, sans référence à Jésus-Christ et à son règne, tant temporel que spirituel. Si cette civilisation n’est pas avec Dieu, elle est contre lui, Lui-même le dit. Et ceux qui sont contre Dieu sont dans le camp de son ennemi de toujours : Satan, le tentateur, le séducteur, bref le démon et ses hordes d’anges déchus.
Or cette situation inédite, parce que située après 1500 ans de christianisme, a été prophétisée dans les Saintes Ecritures, sous le nom de règne de la bête, de société de l’Antéchrist, et résumée par saint Jean dans l’Apocalypse sous le qualificatif de Babylone.

La civilisation babylonienne (c’est à dire luciférienne, celle de la bête, de l’Antéchrist) agit toujours selon un double principe :
1) Disqualifier les principes, les valeurs, la façon de penser de l’autre civilisation (chrétienne),
2) Et la remplacer par les siens : une idée remplace une autre idée, une valeur prend la place d’une autre valeur, une morale prend le relais d’une autre morale.
L’imitation est d’autant plus redoutable qu’elle se présente au premier abord sous les mêmes formes : elle est présentée comme un Bien pour la société, elle se pare de grandes vertus, se justifie comme nécessaire et indispensable, alors qu’en réalité elle est une inversion des principes et des valeurs de l’ex-civilisation (chrétienne) et de la loi naturelle à laquelle cette dernière était naturellement associée.
Leurs méthodes sont faciles à débusquer : ils ont disqualifié et neutralisé la civilisation chrétienne en la traitant de raciste, de xénophobe, d’antisémite, d’homophobe, de sexiste, etc, et bien entendu de conservatisme ringard opposé au « progrès ». Ces thèmes sont passés au triple rouleau compresseur de l’Education nationale, des médias et de la justice. Car la plupart de ces idées sont considérées comme pénalement condamnables. Le but n’est pas seulement de neutraliser les quelques opposants à la nouvelle civilisation. Il est surtout d’amener les gens à s’auto-censurer, à auto-réformer leurs idées, leurs échelles de valeur, leurs référents et en définitive leur pensée. Ainsi on obtient des chrétiens, dont les ancêtres ont versé leur sang pour empêcher l’invasion musulmane de l’Europe, qui financent et organisent eux-mêmes l’islamisation de l’Europe en favorisant d’immenses flux migratoires sur leur propre sol. Aveuglement ? Trahison ? Bêtise ? Naïveté ? Non, c’est pire : adoption de l’état d’esprit et de la mentalité babylonienne, donc luciférienne, parce que celle-ci a habilement disqualifié les fondements de leur propre civilisation (chrétienne) en les déclarant contraires aux siens.

Et ça continue : l’Etat, l’Education Nationale, l’industrie du divertissement via les films et les séries prétendent lutter contre les idées reçues et les préjugés : il s’agit en réalité d’ôter de la tête des gens les derniers réflexes de bon sens qui subsistaient de l’ancienne civilisation.
Le mensonge, la manipulation et la subversion se parent des plus belles vertus, surtout celles de l’innocence et de la sincérité, afin de masquer le terrible et puissant travail de fond effectué : modifier de façon irréversible la mentalité des populations et leurs référentiels de pensée.
Oui la bête règne, oui malheureusement la société actuelle (Babylone) raisonne -souvent sans le savoir- selon des principes lucifériens.

Et vous croyez sincèrement que des sociétés entières tournées contre Dieu vont raisonner convenablement, faire preuve de retenue et de sagesse, développer une pensée saine, alors qu’elles sont manifestement soumises à la fameuse puissance d’égarement dont parle saint Paul et à l’aveuglement dont parle l’évangile ?

La société actuelle n’est pas sage, elle est sécuritaire ; elle n’est pas modérée, elle est excessive et égalitaire ; elle n’est pas charitable, elle est tyrannique et totalitaire.
Elle a transformé le mal en bien et le bien en mal, pour paraphraser Isaïe, tue ses enfants dans le sein de leurs mères (avortement), modifie et inverse la loi naturelle (OGM, mariage homosexuel…), érige le péché en principes fondamentaux (la vie selon la chair), pousse les âmes dans le néant du matérialisme le plus absolu.
Seule la grâce sanctifiante peut générer une vraie paix intérieure. Les hommes issus de Babylone n’ont pas la paix intérieure, leur esprit est occupé par le monde du démon, comment peuvent-ils préconiser des mesures pour le bien des peuples ? Ils ne peuvent que communiquer leur propre stress, leurs propres peurs, cette peur du néant que les guette, et celle issue de leurs propres frustrations, qui les conduit à se diviser et s’autodétruire sous nos yeux.

 

Une folie orchestrée ?

Maintenant que nous savons à qui nous avons affaire, essayons de scruter leurs méthodes.
Le plus étonnant est le parti-pris presque immédiat et presque unanime : dès le début le virus est considéré comme : inconnu ; très contagieux ; très dangereux ; très menaçant ; (très) meurtrier.
Pas de discussion ; pas de débat ou totalement déséquilibré : pour une voix rassurante, 99 autres disent le contraire, toujours dans le même sens. Et tournent en boucle, selon les principes les plus basiques -mais très efficaces- de la propagande.
L’orchestration médiatique commence vraiment mi-janvier lorsque la ville de Wuhan est mise en quarantaine (11 millions d’habitants), sur fond de réunion(s) d’urgence de l’OMS. A ce moment-là le décompte officiel est de 17 morts.
C’était trop tôt. Trop mécanique, comme si « on » savait ou plutôt comme si « on » avait décidé que ce virus serait ainsi.
Admettons que la Chine mente ; l’OMS aurait pu émettre des doutes sur les chiffres chinois, ce qui aurait crédibilisé leur approche et justifié leur prudence.
Mais non. Déjà pour 17 morts, le monde est en danger, la Chine se ferme, les échanges s’arrêtent, les voyages sont interdits.

De deux choses l’une : soit ils sont devenus fous, soit ça cache quelque chose. Fou, oui, le monde l’est puisqu’il obéit à Satan et tire ses raisonnements d’un monde profondément luciférien. Mais ça peut aussi cacher quelque chose : soit que l’épidémie possède réellement un fort potentiel de dangerosité, soit qu’ils aient décidé de l’instrumentaliser pour qu’elle soit considérée ainsi.
Je crois que c’est un peu de tout cela : il y a des choses pas nettes derrière les intentions des pouvoirs publics, mais les hommes sont de toute façon prisonniers d’un état d’esprit excessif qui les pousse à une sorte de folie collective.

Le problème aussi est qu’il y a déjà eu des précédents. Babylone n’est pas à son coup d’essai. J’en citerai trois :

Les Charlie
L’affaire Charlie-hebdo de janvier 2015 présente de fortes similitudes avec celle du Covid-19 : un événement déclencheur à fort potentiel émotionnel, une médiatisation de celui-ci à outrance à l’échelon mondial, et surtout un parti-pris à sens unique qui est imposé aux esprits.
Le plus stupéfiant dans les Charlie, c’est le décalage entre les faits et leur exploitation : un règlement de comptes, ou une exécution, certes spectaculaire, d’obscurs journalistes d’un obscur journal dont tout le monde se fichait (et se fiche toujours) devient une attaque intolérable à la liberté de la presse et une atteinte à la liberté d’expression.
Pour un petit journal que personne ne connaissait ou presque, et que personne n’aurait pleuré (avait-on besoin d’un torchon blasphémateur, provocateur et grossier ?), le monde entier s’est mobilisé, a scandé le même slogan ; une « marche républicaine » relayée dans le monde entier (!) a mobilisé en France 4 millions de personnes (du jamais vu !) et 47 chefs d’états et de gouvernements. Un quart des dirigeants du monde à Paris pour un journal inconnu, qui dit mieux ? Pour défendre une presse nullement menacée ?
Ceci porte un nom : ce fut une orchestration parfaitement huilée, une manipulation des esprits grandeur nature et à grande échelle, une preuve de la collusion entre pouvoirs publics et médias, les deux étant unanimes quant à l’interprétation de cette affaire et à la façon dont il fallait réagir. On a dicté aux peuples ce qu’ils devaient en penser et ce qu’ils devaient faire, et ça a marché !
Or avec le Covid-19, on retrouve exactement la même complicité et la même unanimité -avec quelques nuances pour faire plus crédible- entre pouvoirs publics (nationaux comme supranationaux) et médias, et la même impossibilité d’ouvrir un débat sur le sujet ou d’émettre un avis divergent.
QUI a la puissance d’imposer aussi vite et à sens unique la même idée au monde entier ? QUI a le pouvoir de dicter ses ordres à des chefs d’états et de gouvernements pour qu’ils jouent aux idiots utiles ? Et s’ils peuvent le faire pour les Charlie, pourquoi ne continueraient-ils pas ?

Saddam Hussein
Pareil, même puissance du mensonge, même besoin d’exagération, même décalage entre les accusations supposées et la réalité. L’Irak était un pays exsangue depuis la première guerre du Golfe, qui ne vivotait que grâce à l’opération pétrole contre nourriture. Pourtant l’Occident n’hésita pas à présenter le régime de Saddam Hussein comme une grave menace pour le monde entier, parce que prétendument détenteur d’armes de destruction massive. Là encore, on mentit avec une assurance stupéfiante. Dans ses mémoires, Jean-Marie Le Pen résume ainsi toute l’affaire : « Il [Bush] construisit un marteau-pilon pour écraser une mouche que la presse maquillait en dragon. »
N’assiste-t-on pas au même procédé avec le Covid-19, n’est-on pas en train de surdimensionner cette épidémie ?

Le traitement du terrorisme en France
Mais le plus dangereux, c’est l’esprit de systématisation auquel on habitue la population. Le meilleur exemple, parce que vécu et se vivant encore, est le traitement du terrorisme. Il y en a d’autres car ceci relève non pas seulement d’une méthode mais d’un état d’esprit, et c’est cet état d’esprit qui influence encore, aujourd’hui, les décisions des pouvoirs publics.
Il consiste à transférer le potentiel d’une menace : de précise et locale elle devient universelle et globale. Par définition une attaque terroriste est limitée dans le temps et dans l’espace, et répond toujours à des objectifs précis. C’est pourquoi d’ailleurs, dans les pays confrontés régulièrement à ce type de menace, les pouvoirs publics ne sécurisent que les endroits à fort potentiel, l’essentiel de la lutte ne se situant pas, tout le monde le sait, dans la sécurisation des lieux, mais dans le démantèlement des réseaux. Pas chez nous. Depuis les attentats de 2015, on considère que toute la France est menacée, qu’il faut protéger tous les espaces, que tout le monde est potentiellement concerné, tout cela pour une moyenne inférieure à un attentat par an. C’est à dire que l’on prend encore aujourd’hui des précautions infinies (rondes de soldats, interdiction de stationner devant les écoles, dispositifs anti-béliers devant les gares, fouille des sacs à l’entrée de toute manifestation ouverte au public, etc) pour un risque zéro ou presque ; un risque infinitésimal -ou même inexistant- par rapport à la menace globale.
Pourtant depuis 2016, il n’y a plus d’attentats terroriste en France mis à part quelques énergumènes isolés relevant plus de la psychiatrie (section islamo-agressivité) que du parquet antiterroriste.
Mais tout le monde fait « comme si » : comme si le bal des petits vieux au fin fond du Cantal présentait le même risque d’attaque terroriste qu’une grande gare parisienne à l’heure de pointe. Allez dire aux vigiles de ce bal qu’il n’est pas nécessaire de fouiller les sacs à l’entrée : ils vous regarderont comme un dangereux meurtrier parce qu’ils se sont tous autopersuadés qu’on était tous menacés.
Et les pouvoirs publics, malgré la disparition de la menace, ne lèvent pas le dispositif, au contraire ils l’entretiennent, car on gouverne bien mieux par la peur.

 

Le point essentiel : la gestion du risque

L’être humain, dans sa course folle vers le progrès, puisqu’il s’est affranchi de Dieu, a aussi perdu tout sens de la mesure, de la sagesse divine ; il a perdu cette modération, cette prudence, ce recul qu’on attend des édiles. Les pouvoirs publics ne savent plus fonctionner que selon des modèles mathématiques froids et impersonnels qui bloquent tout bon sens. Des robots.

Cette nouvelle civilisation ne sait plus gérer le risque comme l’ancienne. Elle est prise au piège du toujours plus, et applique désormais son principe de précaution à tout ce qu’elle touche, comme pour le terrorisme.
Nous sommes donc dans la logique du « tous coupables », tous menacés, tous suspects.
Variante pour notre virus : tous porteurs.
Peu importe que la quasi-totalité des gens n’aient jamais vu ou porté, de loin comme de près, le virus. Tous présumés coupables.
C’est comme pour le terrorisme : 1 gare a été attaquée ? Il faut protéger toutes les gares.
Le raisonnement est toujours basé sur un potentiel théorique auquel on donne l’indice global de 100%, même s’il est de 0,1%. À cause des « et si« , « on ne sait jamais« , « ça peut« .
Et les populations font « comme si » 0,1% égalait 100%. L’escroquerie intellectuelle n’a jamais été à un niveau si élevé – sauf peut-être avec les Charlie.
Exemple typique : les Etats-Unis, qui ferment leurs portes à toute l’Europe sans restriction, même les pays où aucun malade n’est recensé, sauf le Royaume-Uni, qui compte pourtant quelques « cas » : deux poids deux mesures, ou la preuve que la menace est surgonflée, purement théorique ?
Mais alors, le raisonnement du tous porteurs s’écroule, non ?

Voilà la folie humaine d’une société portée par l’esprit du démon et non celle de Dieu : l’homme devient un loup pour l’homme, sous prétexte de prévention et de sécurité. Tous porteurs, tous coupables, tous condamnés.

Ceux qui raisonnent encore selon la sagesse divine -l’ancienne civilisation- ont conservé le sens de la mesure et de la modération :

Non, ce n’est pas tous suspects mais « peu sont suspects » : le bénéfice du doute entraîne l’acquittement et non la condamnation.
Si on prend la population française, 66,6 millions d’individus, 0,1% font 66 000 personnes. On va donc décréter un confinement total du pays ce soir ou dans les prochains jours pour 5500 cas, 400 cas graves hospitalisés et 127 décès. Ce qui est ridiculement faible et en aucun cas une menace globale envers la totalité de la population.
Eh bien seule cette mentalité désorientée peut faire croire que 100% du peuple est menacé (et agir comme tel !) et doit se protéger alors qu’on est loin d’atteindre en réalité les 0,1%.

Non, ce n’est pas tous porteurs mais « peu sont porteurs » : seuls sont concernés ceux ayant été en contact direct avec la maladie, seuls ceux-là nécessitent des mesures de quarantaine et d’isolement. Si ce nombre augmente, les quarantaines augmentent parallèlement.
Ici on met en quarantaine la totalité des habitants en leur faisant croire qu’ils sont potentiellement concernés : porteur ou pas porteur. La possibilité du « ou pas porteur » est systématiquement écartée et les gens s’interdisent de l’envisager : l’essentiel de la manipulation est là.

Non ce n’est pas tous menacés : nous savons que « le Covid-19 tue principalement les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques » (le Figaro). Bien sûr, principalement ne veut pas dire exclusivement ; et puis il faut protéger les populations à risque, tout en gardant la tête froide. Parce que « Si ce nouveau coronavirus est bénin dans la majorité des cas, il peut s’avérer mortel en particulier chez certains patients à risque » (Sami Hraiech, maître de conférences des universités et praticien hospitalier en médecine intensive-réanimation à l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille dans le JDD du 7 mars).
Oui, bénin dans la majorité des cas : on sait que 80% des cas n’auront pas à être traités à l’hôpital, qu’environ 5% des cas nécessitent des traitements lourds (assistance respiratoire…) et que la mortalité réelle se situe entre 2 et 3%.
Même discours du côté de François Bricaire, infectiologue, que le Figaro appelle le « médecin anti-panique« .

Alors pourquoi entretenir un discours anxiologique, à compter les « cas » et les morts un par un et entretenir une peur irraisonnée dans la population qui stresse tout le monde ?
Pour un certain nombre de raisons. En voici quelques-unes :

1) Parce que le virus est nouveau et qu’il n’existe pas à proprement parler de remède. On traite les symptômes. Pas de remède veut dire plus de morts plus vite d’où l’angoisse du système.
Je dis bien « plus vite » parce qu’il existe beaucoup de maladies mortelles que l’on soigne sans guérir mais en prolongeant la vie ; c’est le cas de nombreux cancers.
Mais elles sont connues, alors le système de santé se veut rassurant, même si ses remèdes sont parfois plus dangereux que le mal lui-même (effets secondaires de certains médicaments et vaccins…). Ici c’est donc l’inconnu qui fait peur.

2) Parce que la mort fait peur
Je crois qu’intrinsèquement la Babylone actuelle a peur de la mort parce que tous les gens qui vivent sous la domination de la bête ne sont pas rassurées au fond d’elles-mêmes. Quand l’âme n’est pas en paix, on n’est pas tranquille, et fanfaronner autour de soi n’y change rien, surtout quand vient le voyage au bout de la nuit. C’est pourquoi cette société travaille tant -avec succès d’ailleurs- au prolongement de la vie, et cherche à s’affranchir des contraintes de la loi naturelles (manipulations génétiques, transhumanisme…) ; parce qu’en réalité elle a peur de la mort.
Ses rapports avec la mort sont très étranges, malsains, là encore l’esprit dérape de plus en plus ; la mort est permanente à la télévision, dans les séries, dans les jeux vidéos, elle est banalisée, et pourtant la République décide des bons et des mauvais morts. Elle a « sa » morale selon « ses » critères. Les enfants tués dans le sein de leur mère ? Bons morts, autorisés. Bientôt ce sera pareil pour les vieillards. Les suicides ? Cela ne semble pas poser de problème. Les cancers ? Là encore, ces morts ne gênent pas. Par contre, les morts par accidents de la route, pas bien, pas politiquement correct. Les fumeurs ? Pas bien, pas bons morts. La République maçonnique, qui a du sang sur les mains (ça ne date pas d’hier, elle s’en vante : « qu’un sang impur abreuve nos sillons« ) distribue les bons et les mauvais points, les bonnes morts et les mauvaises morts : c’est indécent, surtout quand on tue des dizaines de milliers de vies innocentes chaque année.
Alors calamité publique ou punition collective pour tant de péchés accumulés ?
Elle est bien légère, pour le moment, la punition…

3) Parce qu’ils veulent protéger leur système de santé
Ce que redoutent le plus les autorités, c’est l’engorgement des structures sanitaires et hospitalières ; ils préfèrent bloquer un pays entier et détruire l’économie plutôt que de prendre le risque de saturer les services hospitaliers.
Ainsi bloquer un pays dès quelques centaines de malades hospitalisés prouve non seulement qu’il s’agit bien d’une tempête dans un verre d’eau, car le nombre de malades est dérisoire par rapport à la totalité de la population, mais surtout que notre système de santé est tellement bloqué par ses protocoles et ses contradictions, que lui-même est déjà HS avec quelques centaines de cas !
En fait les autorités ont le choix : prendre le risque d’une crise sanitaire ou envoyer au tapis le pays entier. En d’autres termes, soit chaos sanitaire, soit chaos généralisé. Ils ont choisi la deuxième solution, mauvaise pioche, en définitive ils auront probablement les deux.
Si ça peut les rassurer, tout le monde fait pareil, les autres pays eux aussi se sabordent en direct. N’avons-nous pas évoqué, avec les Charlie, la possibilité d’ordres venant de bien plus haut, qui expliqueraient cette quasi-unanimité ?

4) Parce qu’ils ne sont plus capables de se remettre en cause
On l’a vu : au lieu d’écouter les voix de la sagesse et de la prudence, les autorités donnent dans la surenchère, d’où l’instabilité permanente du pays, les décisions changeant tous les jours. Résultat la population stresse, le personnel médical stresse, tous ces stress se communiquent, augmentent le nombre des malades et la gravité des cas.
Or à toujours vouloir en faire plus et faire mieux, le système de soins est aujourd’hui surdimensionné, surprotégé, sur-protocolé, sur-technocratisé, sur-coûteux… il est enfermé dans des procédures qui l’étouffent et il s’interdit bien entendu d’envisager des alternatives disons moins lourdes, plus naturelles…  le mot à ne pas prononcer.
On parle de prise de conscience, par exemple que la grande majorité des médicament sont fabriqués en Chine ; mais le problème n’est pas là, il est plutôt dans les molécules chimiques que contiennent ces médicaments, l’usage immodéré et largement excessif qu’on en fait, et dans leurs multiples effets secondaires souvent dévastateurs. La prise de conscience n’est donc pas de savoir où sont fabriqués ces médicaments mais dans leur nature et dans leur usage : une fois de plus, on tire à côté.
Même si la bonne volonté des personnels soignants n’est pas en cause, le système lui, est en train de montrer ses limites et même sa nocivité : la façon de soigner les malades du coronavirus n’est peut-être pas toujours la bonne et peut aggraver certaines situations qui ne l’étaient pas… mais là encore silence total, sujet tabou.

 

Quel chaos nous prépare-t-on ?

Nous n’avons pas la preuve qu’on a volontairement instrumentalisé cette épidémie afin de générer un chaos mondial. Comme je l’ai expliqué, je crois que pour le moment le principal responsable est la mentalité de nos sociétés, qui sur-réagissent parce qu’incapables de prendre le moindre risque.
Ca les mènera au suicide et à l’auto-destruction. On verra assez vite si c’était un plan ou si ce seront les conséquences funestes de pouvoirs publics désorientés.
Je note cependant que l’épidémie est apparue en même temps que la procédure d’Impeachment de Trump, et qu’elle semble bien sélective puisque les deux grands blocs, Etats-Unis et Russie, ont l’air largement épargnés, malgré les cris des américains qui, une fois de plus, en font trop.

L’interdépendance des économies et des flux, financiers ou de marchandises, est telle qu’aujourd’hui l’économie mondiale s’est considérablement fragilisée. La Chine est l’usine du monde, elle s’est arrêtée durant près de deux mois et ne repart que très lentement. Ceci fragilise un grand nombre d’entreprises fonctionnant en flux tendus, les retombées seront dévastatrices, surtout si les pays continuent à se fermer, car à une première fragilisation s’en ajouteront d’autres.
En Europe la mise en quarantaine des pays est une bombe à retardement inouïe, je ne comprends pas l’assurance des pouvoirs publics, sauf… s’ils ont d’autres idées en tête.
En effet, s’il n’y a plus de débouchés à l’export ni à l’import, les entreprises vont être rapidement exsangues. Ce sera pareil localement puisque de très nombreuses activités ont déjà reçu l’ordre de fermer. L’Etat prendra à sa charge les salaires concernés par le chômage partiel, proposition qui va se chiffrer très vite en dizaines de milliards et ne résoudra rien, car comment compenser les pertes de chiffre d’affaire ? Se profile donc le spectre de faillites en série, ce qui implique l’absence de rentrées fiscales. L’Etat a proposé le report de paiement des cotisations sociales et fiscales de mars, mais en réalité les recettes chuteront de façon vertigineuses parce que ce report ne viendra jamais, et il sera même aggravé de toutes les cotisations des mois suivants qui ne seront pas versées.
Chute des recettes et augmentation vertigineuse des dépenses, ça s’appelle la banqueroute.
Et je ne parle pas du cours des bourses ou du prix des hydrocarbures, qui aggraveront eux aussi de leur côté la situation générale. Ils ont déjà commencé.

Bref, je me répète, entre prendre un risque sanitaire calculé et le chaos généralisé, ils ont choisi le chaos. Ils auront les deux.

(à suivre…
2è partie : la dimension eschatologique et religieuse)

 

Pour télécharger le fichier pdf de l’article, cliquez sur ce lien : le virus du chaos (1)

Querida Amazonia, le néo-paganisme assumé

Sommes-nous à un moment historique ? Si l’exhortation apostolique Querida Amazonia sortie le 12 février 2020 n’est pas considérée comme un document historique en soi, la période et le contexte, eux, le sont. Ainsi, cette exhortation de plus -de trop ?- agit comme un révélateur de la nouvelle théologie de la Rome actuelle par la bouche de celui qui occupe la chaire de saint Pierre.

Amazon-Amazonia : nom de code ?
Posons-nous déjà la question : n’y aurait-il pas une signification occulte derrière ce mot Amazonie ? Un peu comme un nom de code qui cacherait d’autres intentions, moins louables que celles affichées, de la part des élites occultes qui dirigent le monde ?
Un des géants du net et numéro un de la vente en ligne s’appelle Amazon ; son patron est considéré comme la première fortune du monde.
L’exhortation apostolique post-synodale qui nous occupe a pour sujet l’Amazonie, partie du continent sud-américain qui est partagée, nous dit-elle, par neuf pays. Le synode en question, qui s’est déroulé en octobre 2019, a fait l’objet d’un document préparatoire, appelé Instrumentum Laboris, et dévoilé au public en juin 2019.
Puis, en juillet-août de la même année, donc en pleine préparation dudit synode, de gigantesques incendies dans la forêt amazonienne ont fait la une des journaux, conduisant les politiques à s’en mêler : « Lors de son allocution le 24 août avant le début du sommet du G7, le président de la République française a appelé toutes les puissances à se mobiliser pour sauver l’Amazonie, «trésor de biodiversité». Emmanuel Macron a dit « nous sommes Amazoniens« . Pourquoi ? Quel rapport avec les incendies ?
Curieusement, on va retrouver de façon presque identique cette même idée du nous sommes amazoniens dans l’exhortation.
Comme s’il y avait une sorte de convergence entre le politique et le religieux, qui s’explique d’autant mieux que le Vatican ne cache pas son adhésion aux thèmes privilégiés par les élites maçonniques : encouragement de l’immigration, lutte contre les inégalités, recherche d’une paix « humaniste », vision socialiste de la pauvreté dans le monde (pays riches versus pays pauvres) aux relents anticolonialistes, etc… Cet étrange consensus entre politique et religion s’observe donc jusqu’aux noms de codes choisis (Amazonie) parce qu’en réalité, la nouvelle théologie du Vatican est en parfaite adéquation avec la politique mondialiste… pourtant ouvertement matérialiste et athée.
Voyons quels étaient les enjeux du synode afin de comprendre le sens de cet apparent nom de code.

 

Les véritables enjeux du synode

Le document de travail du synode (Instrumentum Laboris ) comportait déjà, tout le monde l’a remarqué à l’époque, deux mesures phares : « l’ordination à la prêtrise d’hommes mariés et la création d’un «ministère officiel» pour les femmes. » (le Figaro)
Ses nombreux aspects révolutionnaires ont suscité une controverse dans l’Eglise, vite rendue publique (voir mon article le synode du chaos), suffisamment sérieuse pour que le pape François évoque l’idée d’un possible schisme en rentrant d’un voyage en Afrique le 10 septembre.

Dans un article du 23 septembre, FSSPX News faisait le point sur la question et notait notamment, citations vérifiables à l’appui, que le synode était « souhaité par le pape François, pour qui « l’Amazonie constitue un test décisif pour l’Eglise ».
Attention, ce ne sont pas des mots en l’air : il a bien dit un test décisif : on n’aborde pas ici des sujets mineurs, mais bien des thèmes qui engagent l’Eglise et son avenir.

L’article continue : « Le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, s’est contenté de déclarer : « Nous savons d’ores et déjà que le synode pour l’Amazonie va provoquer des réactions dures. Mais l’enjeu est trop important pour s’y soustraire ».
Il y avait donc bien un enjeu ; encore une fois, tout le monde savait et avait bien compris qu’il ne s’agissait pas d’un synode de plus sur des sujets subalternes mais d’un processus majeur.

Mais quel processus ? Pour quel type d’Eglise ?
Dans un des documents préparatoires, une réunion de théologiens à Bogota, on peut lire :
« il n’est pas juste de dire qu’une seule religion est vraie et que les autres sont décadentes, car elles révèlent toutes le mystère de Dieu et révèlent les nombreuses manières dont nous marchons dans la fidélité et l’amour pour Dieu  » (p. 86).
Le document affirme ainsi que l’Eglise catholique doit passer « d’une attitude d’exclusivisme intolérant à une attitude de respect qui accepte que le christianisme n’ait pas le monopole historique du salut » (p. 84), et que « le pluralisme et la diversité des religions sont les expressions d’une sage volonté divine » (p. 53), reprenant l’expression du pape François et du grand imam d’Al-Azhar dans leur Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune du 4 février 2019. »
Voici donc une première piste.
Précisons, pour ceux qui ne le sauraient pas, que la première de ces déclarations est en violation flagrante de la Parole de Dieu puisque Jésus-Christ, à plusieurs reprises, a affirmé sans ambiguïté être le seul Sauveur du monde et le seul à procurer aux hommes la vie éternelle, et donc le salut. Or le christianisme est la religion de Jésus-Christ ce qui n’est pas le cas des autres.
Quant à la seconde déclaration (le pluralisme des religions est une volonté divine),elle relève du déisme (un dieu transcendant au-delà des religions) et contredit les fondements mêmes du christianisme, pour lequel il n’y a qu’un seul Dieu (1er commandement) et que celui-ci est Jésus-Christ dans le mystère de la Sainte Trinité. Christianisme qui tire ces dogmes de la Révélation de Dieu en personne aux hommes.
Enfin, rappelons au lecteur que ces déclarations font partie des documents sélectionnés par les théologiens préparateurs du synode, qui savent donc parfaitement ce qu’ils font – de même que le pape François doit assumer ses propos, surtout quand ils sont gravés dans le marbre, cosignés avec un haut dignitaire musulman, et que lui-même s’y réfère régulièrement.
Propos qui pourtant, contredisent directement une doctrine qui officiellement n’a pas changé.

Mais François et son équipe ne sont pas à un paradoxe près. Ils l’ont montré publiquement durant le synode. Cette provocation fut volontaire, car à ce niveau-là, on ne peut pas parler d’improvisation ni d’amateurisme. Ce fut le fameux épisode de la Pachamama, idole païenne revendiquée à qui l’on rendit un culte public à deux reprises et en présence du pape.

Enfin, le document final du synode rendu public à la fin de ce dernier, reprenait l’essentiel des mesures phares annoncées, dont l’ordination de prêtres mariés.

L’exhortation apostolique post-synodale étant le document magistériel dans lequel le pape dévoile ses intentions et donne ses instructions, son contenu était évidemment très attendu, car c’est lui qui fera foi et que l’histoire retiendra.

 

Le veto de Benoît XVI sur le mariage des prêtres

Nous en avons déjà parlé (voir l’article du 19 janvier), par conséquent nous ne ferons que résumer le sujet ici. Ayant évidemment connaissance du contenu de l’exhortation apostolique, le pape émérite Benoît XVI décida alors de contre-attaquer sur un des ses points phares en prenant fermement position contre l’ordination sacerdotale d’hommes mariés, dans un livre cosigné avec le cardinal Sarah qui sortit le 15 janvier 2020.
Bloquer le mariage des prêtres, c’était aussi, conséquence inévitable, bloquer le processus d’intégration des femmes dans le ministère sacré.

On le sait maintenant : cette initiative inattendue obligea le pape François et son équipe à retirer in extremis ce projet de l’exhortation -qui était déjà probablement sous presse- et à réécrire partiellement celle-ci, retardant sa publication de près d’un mois.
A la grande surprise de tous puisque, on l’a vu, cette mesure figurait dans le document préparatoire comme dans le rapport final, dans un contexte de test décisif pour l’Eglise selon François (qui était prêt à aller au schisme !) et d’enjeu trop important pour s’y soustraire selon Baldisseri.

Nous ne savons pas tout ce qui se passe derrière les murs épais du Vatican ; tout ce que nous pouvons dire dans cette affaire est que primo l’intervention de Benoît XVI n’était ni prévue ni souhaitée, et que secundo, ce dernier conserve une autorité morale et spirituelle suffisante pour faire reculer les projets les plus néfastes de l’équipe Bergoglio et Cie.

Il y a tout de même une réflexion qui m’est venue à ce sujet. Même si l’initiative de Benoît XVI est louable -et utile-, je me demande si ce n’est pas l’arbre qui cache la forêt. En d’autres termes, si ce sujet ne masque pas d’autres considérations bien plus importantes sur l’état de l’Eglise.
En effet, hélas, ce type de crise n’est pas inédit. Par exemple, saint Pierre Damien nous le rappelle opportunément. Né à l’aube de l’an mil (en 1007), celui qui fut évêque-cardinal d’Ostie combattit avec force la simonie et l’incontinence des clercs : à cette époque, la nomination par les princes des évêques et des abbés (dirigeant les abbayes), entraînait favoritisme, achat de charges par des personnes indignes, et souvent pratiques de mœurs déréglées : le sacerdoce était avili par les passions les plus dégradantes. Le pape saint Léon IX dut convoquer un concile à Rome en 1049 qui prononça l’anathème contre les prêtres vivant dans le mariage.

Alors, même si ce danger est écarté provisoirement, toutes les autres inquiétudes demeurent , et particulièrement celles sur l’état réel de l’Eglise, dont on ne parle pas assez, ou du moins pas assez dans les bons termes.

Pour livrer le fond de ma pensée, la question de la dégradation du sacerdoce -en particulier par le mariage des prêtres- n’est pas forcément la plus importante; non, la plus importante, celle qui est primordiale, celle que nous devons nous poser à l’heure actuelle après sept ans de ce funeste pontificat, serait plutôt : dans quelle Eglise se situent-ils ? à quel type d’Eglise, et de religion, appartiennent-ils ?
Cette exhortation apostolique va nous aider à y répondre.

 

La signification du nom de code Amazonie : néo-paganisme humaniste

Il y a une première chose qui m’a interpellé : la propension de François à se référer à… ses propres idées.
L’exhortation apostolique est constituée de 111 points avec 145 notes de bas de page dont 3 qui sont des notes et 142 qui donnent les références des textes cités. Sur ces 142 citations, François se réfère 67 fois à ses propres textes (encycliques, exhortations ou discours depuis le début de son pontificat), 25 fois à ses prédécesseurs immédiats (Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI) ou à des documents du concile, 25 fois aux documents préparatoires du synode, 19 fois à des auteurs sud-américains profanes (?), et seulement 4 fois à des papes ou des théologiens d’avant le concile.
On constate donc que, bien entendu ses principales références sont le concile, les papes du concile et les assemblées d’évêques d’après le concile, ce qui est classique pour la Rome « conciliaire », mais plus significatif, presque une fois sur deux, il va puiser dans ses propres idées. Je crois que cette sorte d’autosatisfaction est unique dans les annales d’un pape ; elle montre qu’il développe une doctrine ecclésiale qui lui est propre et qui s’autoalimente à une même source, presque exclusive : la sienne.

Cette observation, ce constat, confirment ce que nous pensons : ce pontificat n’est pas seulement dans la continuité du concile, comme ceux de ses prédécesseurs, il en est l’aboutissement et même la phase ultime, celle du basculement, après plus de 60 ans de préparation.
D’où l’exclusivité de sa pensée et de ses instructions : il ne s’agit plus de continuer ou de progresser mais de basculer, de révéler la transformation qui s’est opérée dans la chrysalide.
Basculement vers quoi ?
Vers une nouvelle religion qui désormais ne fait plus de doute : la Rome conciliaire accouche aujourd’hui d’un néo-paganisme humaniste qui transpire à chaque page de ce document -comme c’est le cas de tout ce qui émane du pape François depuis 7 ans.
Comprenons-nous bien afin de distinguer entre avant François et après François –ce qui expliquerait qu’il soit « sans chiffre » à la fois le dernier et le premier : le dernier du catholicisme et le premier du néo-paganisme humaniste– : l’esprit du concile a certes conduit les mentalités à évoluer vers l’humanisme, mais il subsistait encore quelques relents de christianisme. Avec François, le basculement consiste à évacuer ce qui reste du christianisme, ou plus exactement à le reformuler, pour aboutir au bout de sept ans, à un paganisme humaniste à part entière.
Voilà ce qui se cache derrière le nom de code « Amazonie » : le projet de transformation de l’Eglise est non seulement abouti mais il est visible ; autrement dit, pour paraphraser Jésus-Christ, à ce stade « tout est accompli » ou presque.

Ainsi, la lecture de cette exhortation est tout autant consternante qu’instructive.
Consternante parce qu’en lisant ce texte, et ceux du pape François en général, on ne peut qu’acquérir la certitude que la prophétie de Notre-Dame à la Salette est accomplie : « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist« . C’est désormais évident.
Et instructive parce qu’on voit et on sent très bien en quoi consiste leur nouvelle théologie, quelle nouvelle foi a remplacé l’ancienne, on se rend compte du type et de la nature de la substitution, pour passer de la religion du Christ à celle du néo-paganisme humaniste.
Or l’Antéchrist, c’est justement cette religion de l’humanisme, dans ses deux composantes, politique et religieuse, autrement dit le trône et l’autel : les deux bêtes de l’Apocalypse (les deux pouvoirs) se rejoignent aujourd’hui dans la même adoration de l’homme divinisé et dans la foi au monde qu’il a constitué.

 

« Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist » (la Salette)

Nous allons maintenant disséquer cette exhortation apostolique.

Amazonie = Eglise universelle
Commençons par préciser ce que nous suspections : l’Amazonie est, pour Bergoglio et son équipe, un prétexte pour définir et même affirmer (une exhortation appartient au magistère de l’Eglise) leur nouvelle doctrine qui s’impose à l’Eglise universelle.
Dès la première phrase de l’exhortation, il rappelle que le document final du synode avait pour titre « nouveaux chemins pour l’Eglise » : dès le début on a compris qu’au-delà de l’Amazonie, tout ce qui va être écrit s’applique à l’ensemble de l’Eglise, donc à tous les pays.

Dans l’esprit de François, l’Amazonie est l’image de l’Eglise et du monde, il ne s’en cache pas. Au point 57 il écrit : « les croyants trouvent dans l’Amazonie un lieu théologique, un espace où Dieu lui-même se montre et appelle ses enfants » ; donc comme dans l’Eglise !
Au point 61, il précise : « L’Eglise est appelée à marcher avec les peuples de l’Amazonie » ; il continue en dévoilant ses véritables intentions : « si on veut développer une Eglise au visage amazonien«  de façon à viser une « harmonie multiforme » on aboutira à une nouvelle « incarnation de l’Eglise et de l’évangile« .
Difficile d’être plus clair : derrière la notion d’incarnation il y a celle de naissance, ce qui rejoint le processus dont je parlais tout à l’heure (une nouvelle religion se révèle), et cette incarnation dépasse de loin le continent amazonien : c’est bien l’Eglise qui est visée, et même l’évangile (!), parce que le projet correspond à une sorte de métissage (l’harmonie multiforme) que nous étudierons un peu plus loin.
Il n’est pas anodin qu’il parle de l’évangile à ce stade, parce que cela veut dire qu’ils sont prêts à réécrire les textes saints en fonction de ce nouveau visage (appelé amazonien pour masquer leurs véritables intentions). C’est une affirmation en soi révolutionnaire !
Pour lui, cette nouvelle église est facteur de sainteté : « imaginons une sainteté aux traits amazoniens » dit-il au point 77.

Enfin, on peut se permettre de rapprocher cette Eglise au visage amazonien du Nous sommes amazoniens d’Emmanuel Macron, le sens est similaire parce que, répétons-le, les deux bêtes convergent vers la même doctrine.

Amazonie = nouvelle religion
Mais, avant de rentrer dans le détail de l’exhortation, examinons d’abord ce qui manque :
À aucun moment on ne parle de vie surnaturelle
À aucun moment on ne parle de salut éternel
À aucun moment on ne parle des vertus chrétiennes
À aucun moment on ne parle de la supériorité de la Vérité révélée par la Parole de Dieu
À aucun moment on ne parle du péché et de son inévitable influence sur la vie des hommes et des peuples, et de ses terribles conséquences sur les comportements humains
À aucun moment on ne rappelle que la seule et unique voie du salut c’est Jésus-Christ
À aucun moment on ne parle de la grâce sanctifiante, obtenue par la pratique assidue et régulière de la prière et des sacrements
À aucun moment on ne parle de l’apport du christianisme dans la transformation intérieure et extérieure des hommes, des nations et des civilisations
À aucun moment on ne fait la distinction entre païens et chrétiens, comme si tout le monde vivait de la grâce sanctifiante alors que c’est une exclusivité chrétienne
À aucun moment on ne rappelle l’obligation préalable, indispensable et essentielle, de croire en Jésus-Christ Sauveur du monde et en la Sainte Trinité, seul et unique vrai Dieu, et que cette condition est nécessaire pour être sauvé.

Le problème est que tous ces points -et j’en oublie- constituent la base même de la foi catholique, ses fondements. Le pape, qui est le chef des catholiques rappelons-le, ne peut s’exprimer, surtout dans un document magistériel, sans évoquer au moins un ou plusieurs de ces points, à commencer par la finalité de la présence de l’homme sur terre : l’accession à la vie éternelle, rendue possible par Jésus-Christ, et uniquement par lui, et que son Eglise a pour charge de transmettre.

L’Eglise, jusqu’au concile Vatican II, vivait par, pour et avec Jésus-Christ ;
L’Eglise, depuis le concile, vit par, pour et avec les hommes ;
L’Eglise, depuis le pape François, outre cet humanisme (culte de l’homme) qui a supplanté le christianisme (culte de Dieu, Jésus-Christ), ne propose plus aucune perspective d’ordre surnaturel.
C’est proprement bluffant, presque surréaliste.
À remplacer la foi en Dieu par la foi en l’homme, elle a perdu la foi tout court, et donc son rôle n’est plus de procurer le salut éternel aux hommes mais le bien-être matériel (le « bien-vivre » dit-il).
Dans ce contexte, sa néo-paganisation prend tout son sens et s’explique.
Démonstration.

 

Doctrine N°1 : le panthéisme

L’Eglise de François voit Dieu partout -ce qui est partiellement exact puisque Sa création nous rappelle sa présence- alors que son rôle, en tant qu’entité religieuse, est de définir avec exactitude Dieu afin d’éviter toute confusion. Au lieu de cela, l’Eglise de François se jette dans le panthéisme et divinise tout.
Cette façon de voir est très grave : au point 32, le pape explique que l’on « rencontre en Amazonie des milliers de communautés autochtones« , et « qu’à travers un territoire et ses caractéristiques, Dieu se manifeste, reflète quelque chose de son inépuisable beauté. Par conséquent, les divers groupes, dans une synthèse vitale avec leur entourage, développent un mode particulier de sagesse. » Dans ce passage, il vient de nous dire que Dieu se manifestait aussi dans le paganisme, puisqu’il ne précise à aucun moment que ces milliers de communautés sont chrétiennes ; or pour lui Dieu s’y manifeste.
Fort logiquement, au point suivant (33), il conseille à tous ces peuples autochtones de « prendre soin de leurs racines » : « j’invite les jeunes de l’Amazonie, surtout les autochtones, à prendre en charge les racines, parce que des racines provient la force qui les fait croître, fleurir, fructifier. »
À aucun moment il ne se demande si ces racines sont chrétiennes ou pas. Et si ces racines ignorent Jésus-Christ ? Et la vie éternelle ? Si ces racines sont païennes ? Si ces racines mènent les hommes à la perdition en leur faisant ignorer le Sauveur ?
Pourquoi le pape François a-t-il perdu le réflexe salutaire de base du chrétien ? Parce qu’il se situe dans un pur néo-paganisme à peine voilé.
Son panthéisme (qui est, rappelons-le, le culte de la nature divinisée) se révèle clairement à plusieurs reprises :
– dans l’expression « notre Mère terre » (point 42), expression au demeurant typiquement païenne,
– au point 44, il cite un poème de Pablo Neruda (communiste notoire !) où les quelques vers choisis divinisent le fleuve Amazone : « Amazone, (…) père patriarche, tu es la mystérieuse éternité des fécondations« ,
– au point 55 il déclare qu’il faut aimer l’Amazonie (sic !) « pour nous sentir intimement unis à elle (…) et alors l’Amazonie deviendra pour nous comme une mère » ; je rappelle au passage que dans les points précédents il a longuement défendu une Amazonie plurielle constituée de peuples et de cultures plus majoritairement païens que chrétiens ; qu’un pape désire une mère païenne c’est sidérant, c’est même franchement anormal ;
– au point 56, il nous invite à communier avec la nature : « si nous entrons en communion avec la forêt, notre voix s’unira facilement à la sienne et deviendra prière » : si ce n’est pas du panthéisme, qu’est ce que c’est ?
– au point 73, Dieu revêt la forme d’une sorte de concept abstrait (« un Tu qui soutient sa réalité, un Tu qui nous connaît et qui nous aime« ) alors que nous adorons un Dieu parfaitement identifié (Jésus-Christ), vivant et vrai, tout ce qu’il y a de concret ;
– le point 81 est un festival, la preuve d’un panthéisme assumé (je rappelle que le panthéisme consiste à diviniser la nature) car il ose écrire que « en Amazonie [les sacrements] ne devraient pas être interprétés comme séparés de la création. Ils sont un mode privilégié de la manière dont la nature est assumée par Dieu et devient médiation de la vie surnaturelle » ; donc sacrements et nature, même combat et même résultat : la nature nous procure la vie surnaturelle ! Puisque seul Dieu peut la donner, alors la nature est divinisée. C’est un pape qui parle, pas le marabout du coin. Et si jamais on n’avait pas compris, il continue de façon encore plus explicite : « Ils sont [les sacrements] un accomplissement de la création où la nature est élevée pour qu’elle soit le lieu et l’instrument de la grâce afin d’embrasser le monde à un niveau différent. »
Vous avez bien lu : la nature procure la grâce ! C’est plus que de la confusion, plus qu’une perte de foi, c’est une nouvelle doctrine entièrement panthéiste puisqu’elle confère à la nature des propriétés divines (la grâce). C’est une nouvelle foi dont ils sont conscients puisqu’il termine sa phrase en avouant qu’ainsi on embrasse le monde à un niveau différent. Différent de quoi ? Différent de qui ? Différent de la doctrine immuable sur la grâce ; mais cette doctrine ne vient pas des hommes mais de Dieu. François aurait-il trouvé un nouveau Dieu ?

 

Doctrine N°2 : le matérialisme

L’Eglise de François ne s’attache qu’au bien-être des hommes et non au salut des âmes.
L’inverse de ce qu’elle devrait faire. Il est donc logique que sa première préoccupation soit de « renforcer le bien-vivre » (point 8), répété au point 26 où le bien-vivre est même présenté comme LA grande question, pour les amazoniens et leurs descendants, et au point 71, où il nous est expliqué que le bien-vivre conçu par les peuples autochtones constitue un modèle où « ils ont beaucoup à nous enseigner« . Ici le pape va plus loin puisqu’il considère que tous ces enseignements à retirer de leur façon de vivre doivent être « valorisés et repris dans l’évangélisation. »
Autrement dit, le pape intègre dans son évangélisation des modèles venant de peuples notoirement païens. De plus, ce qu’ils appellent l’évangélisation se situe uniquement au niveau de la vie terrestre, ce sont des gains humains, des solutions terrestres. Rien à voir avec la vie surnaturelle et le salut éternel qui devraient être pourtant le but premier de l’évangélisation. Au contraire, pour lui, au point 72, il considère que cette « récupération culturelle » doit faire l’objet d’une « précieuse synthèse avec l’annonce de l’évangile » : non seulement on mélange le païen avec le chrétien, le profane avec le religieux, mais l’évangile devient non plus un support pour élever l’homme en élevant son âme, mais seulement un moyen d’amélioration des conditions de vie terrestre.

De cette nouvelle ecclésiologie sort un nouvel objectif, celui de la nouvelle Eglise, exprimé au point 19 mais déjà bien connu : « la mission que Dieu nous a donnée à nous tous : sauvegarder la Maison commune. » Eh bien non, Dieu ne nous a pas donné cette mission, il nous a confié le salut des âmes. Si on veut sauvegarder la planète terre, terme moins socialisant que Maison commune qui en dit long sur l’origine de la dialectique employée, il faut d’abord convertir les pécheurs et christianiser la société car c’est le péché qui conduit l’homme à dégrader son environnement par égoïsme ou cupidité, et c’est la vie selon les vertus chrétiennes -à commencer par la charité- qui modifie durablement les comportements humains et inverse le processus. Curieux qu’un pape ne connaisse pas ces notions de base de sa propre religion… sauf s’il s’inscrit dans une autre religion.

 

Doctrine N°3 : le métissage des cultures

L’Eglise de François n’hésite pas à prôner l’apport des autres cultures, donc païennes, avec notre civilisation.
L’approche est maligne : il commence, au point 37, par recommander « la sauvegarde des valeurs culturelles des groupes indigènes » ce qui en soit n’est pas répréhensible (bien qu’il ne se préoccupe jamais de leur contenu, qui peut être frontalement opposé au christianisme), mais il tombe le masque juste après car pour lui il faut « progresser dans ce sens de coresponsabilité face à la diversité qui embellit notre humanité« . Ainsi donc la diversité, même si elle est païenne, même si elle est athée, même si elle est une ennemie déclarée du Christ, embellit notre humanité. Mais n’est-ce pas le Christ et la foi dans le Christ qui embellissent l’humanité ?
Après de telles paroles, comment ne pas reconnaître que le pape François est le chef auto-revendiqué d’une religion néo-païenne qui trouve parfaitement normal d’aller sympathiser et même fusionner avec d’autres cultures païennes ?

Ce sont exactement ses propos au point suivant (38) :
« En Amazonie, il est possible de développer, même entre les divers peuples autochtones, des relations interculturelles où la diversité ne représente pas une menace, ne justifie pas les hiérarchies de pouvoir des uns sur les autres, mais signifie un dialogue à partir de visions culturelles différentes concernant les façons de célébrer, d’entrer en relation et de raviver l’espérance. »
Oui vous avez bien lu, et il ne s’agit pas d’un document de l’ONU mais d’un texte du magistère de l’Eglise pour laquelle, désormais, la diversité (même d’origine païenne) n’est pas une menace mais autorise un dialogue constructif qui peut s’étendre à la liturgie (les façons de célébrer !) et être moteur d’espérance ! Non seulement l’espérance n’est plus dans le Christ, mais le métissage voulu, car il s’agit bien de cela, noie complètement la doctrine chrétienne dans celles de ses ennemis.
Voilà pourquoi la vénération de la Pachamama dans les jardins du Vatican ne leur posa pas de problème : parce qu’ils appliquent déjà cette règle, donnée ici à mots couverts, d’intégrer des rites païens et idolâtres dans les leurs. Pourquoi ? Parce qu’une fois de plus, leur catholicisme s’est transformé en néo-paganisme.

À ce propos, il serait bon de rappeler à François l’épisode de saint Porphyre, évêque de Gaza vers l’an 400, qui alla trouver l’empereur pour lui expliquer que « les païens de Gaza resteraient toujours attachés à leur culte tant qu’ils verraient les édifices debout, et qu’il était nécessaire pour extirper l’idolâtrie de son diocèse, de renverser les temples païens et de les remplacer par des églises chrétiennes. » Les 9 temples païens de Gaza furent réduits en cendres (et non réaménagés ou transformés) et à l’emplacement du plus grand et plus prestigieux d’entre eux, se construisit une grande église chrétienne qui fut consacrée le jour de Pâques 417.

L’Eglise de François fait exactement le contraire puisqu’elle recommande d’intégrer en son sein les rites et cultures païennes, c’est encore plus explicite au point 67 :
« Jean-Paul II enseignait qu’en présentant la proposition évangélique « l’Eglise ne prétend pas nier l’autonomie de la culture. Au contraire, elle a envers elle le plus grand respect » car la culture « n’est pas seulement sujet de rédemption et d’élévation, mais elle peut jouer un rôle de médiation et de collaboration. » En s’adressant aux indigènes du continent américain, il a rappelé « qu’une foi qui ne se fait pas culture est une foi non pleinement accueillie, non pleinement pensée, non fidèlement vécue. » Les défis des cultures invitent l’Eglise à un « sens critique aigu mais aussi à la confiance. »
De telles affirmations sont très dangereuses parce que n’y figurent pas les précisions nécessaires : il n’y est pas rappelé l’origine de la culture, donc on peut penser qu’une culture païenne est elle aussi sujet de rédemption et d’élévation (un comble pour le catholicisme !), et on ignore totalement la christianisation des cultures et des peuples : oui l’Eglise a toujours respecté les cultures locales, mais en extirpant de leur cœur tout contenu païen pour y substituer les valeurs et les modèles chrétiens. L’ambiguïté récurrente des propos de François suggère l’exact contraire : il nous faut intégrer des cultures non chrétiennes, d’où le défi des cultures auquel il nous invite ce qui conduit l’Eglise, afin d’évacuer ses scrupules et ses doutes, à faire preuve de sens critique et de confiance. Oui mes amis, on vous paganise, ayez confiance, laissez-vous faire, on vous offre de nouvelles possibilités de rédemption et d’élévation : quelle chance !

Au point 69, il ment par omission : « comme nous pouvons le voir dans l’histoire de l’Eglise, le christianisme n’a pas un modèle culturel unique« , ce qui est vrai, mais il omet de préciser que les autres cultures ont toujours été christianisées d’une part, et d’autre part, s’il s’adapte aux cultures (mais aussi les adapte !) il possède un modèle doctrinal unique car il y a une seule Révélation et un seul Dieu.
Or François refuse ce modèle doctrinal unique -ce qui est logique puisqu’il est l’adepte du métissage des cultures, des doctrines, des dieux- et le présente comme « une stagnation stérile de l’Eglise« .

Afin de justifier son nouveau modèle et son mélange des doctrines, il utilise l’argument choc, celui qui a été trouvé il y a quelques années pour donner du sens et de la crédibilité à la démarche du concile : c’est l’oeuvre de l’Esprit-Saint ! Ben voyons ! Ecoutons-le (toujours au point 69) :
« Il faut accepter avec courage la nouveauté de l’Esprit qui est capable de créer toujours quelque chose de nouveau avec le trésor inépuisable de Jésus-Christ, car l’inculturation engage l’Eglise sur un chemin difficile mais nécessaire. »
Je croyais que saint Paul avait affirmé que la Révélation était close ? Par contre le même saint Paul indique que les hommes auront un jour la démangeaison des nouveautés, et là ce n’est pas vraiment l’Esprit-Saint qui est derrière. D’ailleurs là encore, si on lit bien la phrase de Bergoglio, l’Esprit-Saint ne sert qu’à justifier leurs propres démarches car ce qui est en jeu, c’est ce qu’ils appellent l’inculturation, commencée sous Jean-Paul II, magnifiée sous François, et qui bien entendu est nécessaire : pour qui ? pour quoi ?

 

Doctrine N° 4 : l’inculturation

L’inculturation semble être un aspect primordial pour François ; il en parle beaucoup, sachant que les autres notions déjà étudiées, comme le métissage des cultures, vont dans le même sens.
J’ai cherché à comprendre ce que voulait dire pour lui, et pour sa nouvelle théologie, ce terme un peu ésotérique d’inculturation.
Je pense avoir compris que dans leur esprit, l’inculturation consiste en une fusion ou une intégration de la doctrine chrétienne avec des éléments qui lui sont extérieurs – et donc qui peuvent être non chrétiens. C’est ce qu’il explique au point 66 : « Pour cela elle [l’Eglise] reconfigure sa propre identité par l’écoute et le dialogue avec les personnes, les réalités et les histoires de leur terre. »
Dans un contexte humaniste, cette perspective peut tout à fait s’entendre ; mais comment une entité qui tire son existence et son identité de la Révélation divine peut-elle reconfigurer cette identité avec des éléments d’autres provenances, d’autant plus que la théologie nous enseigne que ce qui ne vient pas de Dieu vient du démon, et qu’il y a profusion de ces éléments non divins sur terre, où par définition opère le prince de ce monde qui est rappelons-le, le séducteur par excellence.
Ainsi François invite, par l’inculturation, à intégrer dans l’Eglise du Christ les séductions du démon par le biais des multiples cultures et civilisations qu’il inspire. Ceci porte un nom : le loup déguisé en agneau. Je dis cela parce qu’à aucun moment il ne met en garde sur l’origine et la nature de ces cultures que la bible appelle le monde.
Et il justifie avec malice cette démarche dans la phrase suivante : « De cette façon pourra se développer de plus en plus un processus nécessaire d’inculturation qui ne déprécie rien de ce qu’il y a de bon dans les cultures amazoniennes, mais qui le recueille et le porte à sa plénitude à la lumière de l’Evangile« . Là, il nous explique la nouvelle manière d’utiliser l’évangile : il sert désormais à intégrer ce qui est constitutif du monde et de le porter à sa plénitude ! Il ignore totalement les multiples mises en garde de ce même évangile contre le monde et l’esprit du monde. A aucun moment François ne se réfère à des paroles telles que : « N’aimez pas le monde, ni rien de ce qui fait partie du monde. En celui qui aime le monde, l’amour du Père ne peut vivre, car dans le monde il y n’y a que désir de la chair, concupiscence des yeux, étalage de vanité » (1 Jean 2:15).

Il montre également que ce processus d’inculturation date du concile, c’est à dire du moment où l’Eglise a décidé se rapprocher du monde -avec lequel elle a fusionné, d’où cette inculturation qui est le processus concret de fusion avec le monde. C’est pourquoi, et cela participe du même esprit,  il ne cache pas non plus qu’il faille intégrer des éléments de cultes païens dans le nôtre, parce que la nature du nouveau culte relève désormais d’un panthéisme assumé. Voilà ce qu’il explique dans cette phrase du point 82 : « Cela nous permet de retrouver dans la liturgie beaucoup d’éléments propres de l’expérience des indigènes dans leur contact intime avec la nature, et de favoriser des expressions autochtones en chants, danses, rites, gestes et symboles. Déjà le concile Vatican II avait demandé cet effort d’inculturation de la liturgie chez les peuples autochtones. »
Quel aveu au passage, que de reconnaître que le concile a favorisé l’introduction de rites païens dans la liturgie catholique, ce que nous constatons tous les jours dans tous les peuples autochtones du monde entier.

Voilà ce qu’est l’inculturation et elle mène à la nouvelle théologie qui est désormais la leur car elle s’infiltre dans tous les éléments de la liturgie et de la doctrine, il le dit lui-même : « si l’on inculture la spiritualité, si l’on inculture la sainteté, si l’on inculture même l’évangile » (point 85) : toute l’Eglise est impactée par cette nouvelle vision, ce néo-paganisme d’où vont éclore de nouveaux types de saints, une nouvelle approche (humaine) de la spiritualité, et même à réinterpréter l’évangile dans ce sens -en attendant de le réécrire pour qu’ils soit conforme à cette nouvelle théologie.
Ce n’est pas un problème pour eux, ils l’écrivent et ils l’accomplissent.
Ce néo-paganisme suinte tellement dans ses écrits qu’il finit par s’en apercevoir, alors il devance les critiques : « Ne nous précipitons pas pour qualifier de superstition ou de paganisme certaines expressions religieuses qui surgissent spontanément de la vie des peuples » (point 78), sauf que la justification qu’il donnera ensuite tient plus du déisme (voir Dieu partout sans distinction de religion)que du christianisme.

 

Doctrine N°5 : la sagesse païenne

On aura peut-être l’impression que cet article aborde des sujets redondants, mais c’est parce que l’exhortation apostolique suit un fil rouge constant, répété sous des formes diverses, qui consiste à défendre, justifier et présenter comme nécessaire cette fusion du christianisme et du paganisme.
Une autre façon de convaincre les esprits consiste à considérer qu’il y a chez les autres (donc dans le monde, pour être clair) une sagesse bénéfique et enrichissante .
C’est une idée qui revient régulièrement. Au point 32, « les divers groupes, dans une synthèse vitale avec leur entourage, développent un mode particulier de sagesse. » ; au point 42, il évoque à nouveau « la sagesse des peuples autochtones d’Amazonie » (sur l’aspect écologique). Au point 70, cette sagesse doit être un modèle pour nous : « Pour réaliser une nouvelle inculturation de l’Evangile en Amazonie, l’Eglise doit écouter sa sagesse ancestrale » ; il ajoute au point 71 « ils ont beaucoup à nous enseigner » et il renforce cette idée au point 72 : « Nous sommes appelés à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux. »
Encore le déisme ! Pour lui cette mystérieuse sagesse vient forcément de Dieu ; on se demande à quoi ça sert que Dieu ait fondé SA religion ?

Mais, au-delà du déisme, au premier abord on peut admettre que ces peuples aient acquis effectivement une sagesse dans certains domaines, dont nous pourrions nous inspirer.
Mais ceci est encore une vision purement humaine qui fait référence à la doctrine humaniste, parce que c’est la sagesse du monde, qui a été rigoureusement condamnée non seulement par saint Paul, mais aussi par les textes bibliques de l’Ancien Testament :
« Si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : Je prendrai les sages dans leurs ruses. Il est écrit encore :Le Seigneur connaît les pensées des sages, il sait qu’elles sont vaines ! » (1 Co 3, 18-20)
Or le pape François à aucun moment ne distingue entre la sagesse inspirée divinement et celle du monde, au contraire il invite (nous devons dit-il !) à écouter sa sagesse ancestrale ; manque de pot, ce n’est pas la bonne:
« C’est bien de sagesse que nous parlons, mais ce n’est pas la sagesse de ce monde, la sagesse de ceux qui dirigent ce monde et qui vont à leur destruction. Au contraire, ce dont nous parlons, c’est de la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée (…)et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, en a fait la révélation. » (1 Co 2, 6-10)
Donc saint Paul est clair : il ne faut pas se reposer sur la sagesse du monde mais sur celle qu’a donné Dieu à ses enfants, qui sont les chrétiens. Il contredit exactement le pape François, sensé pourtant être en phase avec ses illustres prédécesseurs (st Paul, les papes et le magistère de l’Eglise au cours des siècles). Oui mais François, on l’a vu, ne cite quasiment que ses propres textes à lui…

 

Doctrine N°6 : être un support de la mondialisation

Nous ne nous étendrons pas sur le socialisme affiché du pape François, tout le monde le connaît.
On retrouve bien évidemment dans l’exhortation l’aspect social habituel de son pontificat qui ne s’appuie pas sur la doctrine sociale de l’Eglise, qu’il évoque sans la citer (il vaut mieux, il la contredirait), qui ne se préoccupe évidemment ni du salut des âmes, ni des droits de Dieu, mais des droits de l’homme : « Cette inculturation (…) devra nécessairement avoir une odeur fortement sociale et se caractériser par une défense ferme des droits humains » (point 75) ; il utilise le Christ comme faire-valoir de sa politique sociale humaniste puisque désormais la religion de ce dernier est exclusivement au service de l’homme : « nous reconnaissons la connexion intime entre évangélisation et promotion humaine« .
Toujours cette religion humaniste prépondérante, qui ignore les besoins de l’âme.

Même s’il fustige, en bon socialiste, certains aspects de la mondialisation, il ne cache pas son adhésion à celle-ci : « le défi est d’assurer une mondialisation dans la solidarité, une mondialisation sans marginalisation » (point 17) dit-il en citant une phrase de Jean-Paul II de 1998. Comme c’est joliment dit et quelle belle constance dans leur accompagnement des projets judéo-maçonniques.

Bien entendu, autre constance depuis Paul VI, leur reconnaissance presque obséquieuse des institutions supra-nationales et de tous les gouvernements œuvrant au Nouvel ordre mondial : « elle est louable la tâche des organismes internationaux et des organisations de la société civile… » (point 50), auxquels lui et ses prédécesseurs ne demandent jamais de reconnaître au préalable la prééminence de Jésus-Christ sur toutes choses, y compris d’ordre terrestre.
Devrait-on lui rappeler que ces néo scribes et pharisiens pratiquent une gouvernance, des vertus et une justice qui ne viennent pas de Dieu ? :
« Je vous le dis en effet : si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » (Matthieu 5:20)

À propos de cette reconnaissance d’autorités politiques non chrétiennes, et même des espoirs placés en elles, la biographie de saint Vincent Ferrier m’apprend qu’un « saint peut, avec le seul génie de ses vertus héroïques, sauver et diriger les sociétés« . N’est-ce pas le rôle du pape d’appeler les hommes à la sainteté -par et avec le Christ-, y compris et surtout les dirigeants, en y voyant le meilleur garant d’une vie sociale saine, équilibrée et juste. Ne sait-il pas que la doctrine sociale de l’Eglise ne consiste pas à copier les recettes du socialisme athée, matérialiste, collectiviste, internationaliste et immigrationniste ?

 

Bon. La liste des erreurs, contradictions, hérésies, paradoxes est sans fin. Il salit tout, jusqu’à la Vierge Marie, à la fin de l’exhortation. Mgr Schneider démontre la fausseté de ses affirmations :
« La désignation par Querida Amazonía de la Sainte Vierge Marie comme « mère de toutes les créatures » (n. 111) est également très problématique sur le plan théologique. La Sainte et Immaculée Mère de Dieu n’est pas la mère de toutes les créatures, mais seulement de Jésus-Christ, Rédempteur de l’humanité, et elle est donc aussi la mère spirituelle de tous les hommes rachetés par son divin Fils. Marie est la « Reine du ciel, la Regina cœli » et la « Reine de la création », mais elle n’est pas la « mère de toutes les créatures ».

 

Conclusion

Soyons lucides : l’Eglise a dépassé le stade de l’apostasie et de la complaisance dans les hérésies. Elle n’a pas fait que perdre la foi, elle l’a remplacée par une autre foi. C’est pire, et plus insidieux car de prime abord on ne perçoit pas la substitution puisque la foi n’a pas disparu, mais elle s’est déplacée. Du Christ vers l’homme.
Nous avons aujourd’hui sous les yeux la preuve du transfert de la théologie catholique fondée sur Jésus-Christ à une théologie humaniste fondée sur l’homme, ce qui en soi est du pur paganisme, œuvre initiée au concile et achevée sous François.  Désormais, cette foi dans l’homme supplante celle dans le Christ, qui devient un support, un faire-valoir de ce néo-paganisme humaniste.
Quelle vengeance pour le démon que ce soit l’Eglise du Christ en personne qui détourne les peuples de l’adoration du vrai Dieu vers celle de l’homme.
En effet, les autres sont déjà dans le camp de Satan : musulmans, juifs, bouddhistes, indous, païens, protestants et dérivés, athées, loges maçonniques et sociétés secrètes, républiques démocratiques et régimes totalitaires communistes, tous constituent les troupes de Satan à l’assaut du catholicisme dans ses deux dimensions : religieuse (le Vatican) et temporelle (peuples chrétiens). Ils se battent aussi entre eux, car les démons se battent entre eux, comme les loups, mais ils sont tous d’accord pour assiéger le dernier bastion de Dieu sur terre : le catholicisme, dans ses composantes civiles et religieuses.

Ce ne sont donc pas les soubresauts des innombrables ennemis de l’Eglise qu’il faut observer, ce n’est pas dans leurs membres qu’il faut y chercher un quelconque secours (par exemple chez les gilets jaunes, assemblage hétéroclite de babyloniens frustrés), mais ce sont les avancées de la bête dans l’Eglise elle-même qui seront déterminantes pour connaître le jour où Babylone chutera parce que la colère de Dieu aura atteint son paroxysme. Et parce qu’il a promis qu’il sauverait les siens avant qu’il ne soit trop tard.
N’oublions pas que la Grande prostituée (la Rome conciliaire) est assise sur la bête formant un seul et même ensemble dont le nom est inscrit sur son front : Babylone. Cette image de l’Apocalypse s’éclaire : à société civile néo-païenne (ex civilisation chrétienne) correspond une religion néo-païenne (ex catholicisme).
Le but de Satan n’a jamais été de fusionner toutes les religions en une seule (elles lui appartiennent déjà toutes sauf une : l’Eglise catholique) mais d’amener la seule qui ne lui appartient pas à rejoindre les autres, afin que toutes adorent l’Homme fait Dieu à la place du Dieu fait homme.
Aujourd’hui, toutes les religions, y compris le catholicisme, reconnaissent UNE religion supérieure à toutes les autres : celle de l’humanisme, des droits de l’homme, c’est à dire de l’homme divinisé. Et l’homme divinisé, c’est l’accomplissement de la promesse du serpent au début de l’humanité : « vous serez comme des dieux« . Retour à la case départ. Nous vivons dans un nouveau jardin d’Eden, mais inversé.

Alors… je reste persuadé que le signe final de la bête triomphante sera sa victoire définitive sur Dieu et donc sur son oeuvre sur terre, son épouse mystique : l’Eglise. Rome a peut-être perdu la foi mais tous les catholiques ne l’ont pas perdue, y compris dans l’Eglise conciliaire. Parce que même cette nouvelle théologie n’a pas encore évacué le dernier rempart, celui que François n’évoque jamais ou alors implicitement : la Présence Réelle de Dieu parmi les hommes via la Sainte Eucharistie. Il lui reste donc à faire l’ultime grand saut, celui de la transformation de la liturgie actuelle par celle de son cher néo-paganisme, qui mettra définitivement fin au miracle de la Transsubstantiation. Thème qui n’est jamais abordé, et pour cause : il est ultra secret. Et puis parce qu’il subsiste un obstacle, un seul : la présence du pape émérite Benoît XVI.
Il a prouvé lors de cette affaire amazonienne qu’il pouvait encore s’opposer avec efficacité à des projets néfastes ; François ne pourra donc jamais réaliser le basculement final tant que Benoît XVI sera en vie. C’est pourquoi je continue à considérer que la mort du pape émérite sera le signe infaillible du déclenchement de la dernière et ultime phase de nos ennemis et qu’alors le processus de la chute de Babylone pourra s’enclencher irrémédiablement.
Un seul conseil est à donner aux hommes : ne pas s’associer à la folie ambiante – qui ne peut que s’accélérer plus on se rapprochera de l’issue fatale- et rester à l’abri dans l’arche, c’est à dire sous la protection de la Vierge Marie, à laquelle nous confions nos vies et dans laquelle nous plaçons nos espoirs.

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La paix sans le Christ est une paix vaine

Afin de contrer la compréhension erronée de la notion de paix que le système impose à nos esprits, il est bon de se rappeler quel fut l’enseignement de l’Eglise à ce sujet au cours des siècles et qui tient en quelques mots : une vraie paix ne saurait être que la paix du Christ.
Le détail de cet enseignement et ses principaux arguments ont été synthétisés par le pape Pie XI dans son encyclique Ubi Arcano Dei du 23 décembre 1922, dont le sujet était, en sous-titre, la paix du Christ par le règne du Christ.
J’ai tenté dans cet article d’isoler ce qui me paraissait les passages les plus instructifs de l’encyclique pour expliciter les fondements sur lesquels s’appuie la démarche de l’Eglise.
C’est donc très majoritairement sa Sainteté Pie XI qui aura la parole dans cet article.

Rappelons d’abord que nous nous situons en décembre 1922, soit à peine 4 ans après la fin de la grande guerre, et que ses effets et conséquences, qui seront dramatiques pour l’avenir, nous le savons, sont déjà visibles et sensibles, ce qui fait dire au pape :
 » C’est un fait évident pour tous : ni les individus, ni la société, ni les peuples n’ont encore, après la catastrophe d’une pareille guerre, retrouvé une véritable paix ; la tranquillité active et féconde que le monde appelle n’est pas encore rétablie. « 

Le pape alors donne le plan de son argumentation :
– mesurer l’étendue de la crise,
– en rechercher les causes et les origines,
– pour pouvoir y appliquer les remèdes appropriés.

 

L’étendue de la crise

  » Les prophètes ont des mots qui s’appliquent et conviennent merveilleusement à notre époque : Nous attendions la paix et nous n’avons rien obtenu de bon ; le temps du remède et voici la terreur (Jér. 8:15) ; le temps de la guérison et voici l’épouvante (Jér. 19:19). Nous attendions la lumière, et voici les ténèbres… ; le jugement et il n’y en a pas ; le salut, et il s’est éloigné de nous (Is. 59, 9-11).  »
Après avoir décrit sommairement la situation internationale, notamment au Proche-Orient, le pape en tire les conclusions :
 » Il en résulte que des inimitiés et des attaques réciproques entre Etats empêchent les peuples de respirer ; et ce ne sont pas seulement les vaincus qui sont aux prises avec les peuples vainqueurs, mais les vainqueurs eux-mêmes se traitent mutuellement en ennemis, les plus faibles se plaignant d’être opprimés et dépouillés par les plus forts, et ceux-ci se déclarant victimes des haines et des embûches des plus faibles. Ces pénibles conséquences de la dernière guerre, tous les pays sans exception les ressentent. « 

A ce premier fléau, il en constate un second, celui de la guerre civile, qui semble être le monopole du communisme :
« Aux inimitiés extérieures entre peuples viennent s’ajouter, fléau plus triste encore, les discordes intestines qui mettent en péril les régimes politiques et la société même.
Il faut signaler en premier lieu cette lutte des classes qui, tel un ulcère mortel, s’est développé au sein des nations, paralysant l’industrie, les métiers, le commerce, tous les facteurs, enfin, de prospérité privée et publique. »
Le communisme, qu’il qualifiera plus tard d’intrinsèquement pervers dans l’encyclique par laquelle il le condamnera, se répand hélas dans toutes les sphères de la société jusqu’à son cœur :
 » Or, fait très déplorable, ce mal s’est infiltré jusqu’aux racines profondes de la société, c’est à dire jusqu’à la cellule de la famille. « 

Enfin, il perçoit le mal suprême qui dépasse tous les autres :
 » Comme pour mettre le comble à tous les maux que Nous avons rappelés, viennent s’en ajouter d’autres qui « échappent à l’homme animal » (1 Cor. 2, 14), mais doivent être mis au nombre des pires fléaux de l’heure présente. Nous voulons parler des ravages exercés spécialement dans l’ordre spirituel et surnaturel ; comme ils mettent en jeu la vie des âmes, on voit tout de suite qu’ils dépassent en gravité la perte des biens extérieurs dans la mesure même où l’esprit est supérieur à la matière. « 

 

Les causes et les origines

 » Tout d’abord, il Nous semble entendre le divin consolateur et médecin des infirmités humaines affirmer de nouveau : Tous ces maux procèdent du dedans (Marc 7:23).
Un pacte solennel, sans doute, a scellé la paix entre les belligérants ; mais cette paix a été consignée en des instruments diplomatiques, elle n’a pas été gravée dans les cœurs, et c’est dans les cœurs que couvent encore, à l’heure actuelle, des passions belliqueuses qui sont chaque jour plus néfastes pour la société. Trop longtemps a partout triomphé le droit de la force. Insensiblement il a émoussé les sentiments de bonté et de miséricorde mis au cœur de l’homme par la nature, et perfectionnés par la loi de la charité chrétienne. Ces sentiments, la réconciliation dans la paix, toute artificielle et non réelle, est loin de les avoir remis en honneur. Chez la plupart, la haine entretenue durant de longues années a créé comme une seconde nature ; c’est le règne de la loi aveugle que saint Paul gémissait de voir contrarier dans ses propres membres la loi de l’esprit. Aussi, trop souvent, l’homme voit-il dans son semblable non un frère, comme l’ordonne le Christ, mais un étranger et un ennemi ; on ne fait presque aucun cas de la dignité de la personne humaine même ; il n’y a que la force et le nombre qui comptent ; chacun s’efforce d’écraser son prochain, afin de jouir le plus possible des biens de cette vie.
Partout on trouve le dédain des biens éternels que le Christ ne cesse d’offrir à tous par son Eglise, et une soif insatiable de posséder les biens éphémères et caducs d’ici-bas.
Or ces biens matériels ont pour effet, si on les recherche avec excès, d’engendrer des maux de tout genre et tout d’abord la corruption des mœurs et la discorde. « 

Ce matérialisme effréné qui déjà séduisait les populations d’après-guerre et qui trouve dans le communisme sa religion , ne l’oublions pas (qui fait du matérialisme athée un idéal, un but et une idole), est basé, Pie XI le rappelle ensuite, sur les trois concupiscences :
 » On ne saurait, en effet, imaginer peste plus mortelle que la concupiscence de la chair, c’est à dire la recherche effrénée du plaisir, pour bouleverser non seulement la famille, mais les Etats mêmes ; la concupiscence des yeux, c’est à dire la soif des richesses, donne naissance à cette lutte acharnée des classes, attachées chacune outre mesure, à ses avantages particuliers ; quant à l’orgueil de la vie, c’est à dire la passion de dominer tous les autres, il a en propre d’inciter les partis politiques à des guerres civiles si âpres qu’elles ne reculent ni devant les attentats de lèse-majesté, ni devant le crime de haute trahison, ni jusqu’au meurtre même de la patrie.
C’est à ces convoitises déréglées, se dissimulant, pour donner le change, sous le voile du bien public et du patriotisme, qu’il faut attribuer sans contredit les haines et les conflits qui s’élèvent périodiquement entre les peuples.  »
 » La justice fait la grandeur des nations, le péché fait le malheur des peuples (Prov. 14:34). « 

Pie XI va alors développer la cause réelle et sérieuse à l’origine du malheur du temps présent, depuis un bon siècle, qui n’a fait que s’aggraver tout au long du XXè siècle pour arriver au paroxysme actuel :
 » Bien avant que la guerre mit l’Europe en feu, la cause principale de si grands malheurs agissait déjà avec une force croissante par la faute des particuliers comme des nations, cause que l’horreur même de la guerre n’aurait pas manqué d’écarter et de supprimer, si tous avaient saisi la portée de ces formidables événements. Qui donc ignore la prédiction de l’Ecriture : ceux qui abandonnent le Seigneur seront réduits à néant (Is. 1:28) ? Et l’on ne connaît pas moins l’avertissement si grave de Jésus, Rédempteur et Maître des hommes : sans moi vous ne pouvez rien faire (Jean 15:5), et cet autre : celui qui ne recueille point avec moi dissipe (Luc 11:23). « 

 » De tout temps ces oracles divins se sont vérifiés, mais la vérité n’en a jamais avec une telle évidence éclaté aux yeux de tous que de nos jours. C’est pour s’être misérablement séparés de Dieu et de Jésus-Christ que de leur bonheur d’autrefois les hommes sont tombés dans cet abîme de maux ; c’est pour la même raison que sont frappés d’une stérilité à peu près complète tous les programmes qu’ils échafaudent en vue de réparer les pertes et de sauver ce qui reste de tant de ruines.
Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l’autorité ne tirant plus son origine de Dieu mais des hommes, les lois ont perdu la garantie de sanctions réelles et efficaces ainsi que des principes souverains du droit qui, aux yeux mêmes de philosophes païens comme Cicéron, ne peuvent dériver que de la loi éternelle de Dieu ; bien plus, les bases même de l’autorité ont été renversées dès là qu’on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d’obéir pour les autres. Inéluctablement il s’en suivit un ébranlement de la société tout entière, désormais privée de soutien et d’appui solides, livrée en proie aux factions qui briguaient le pouvoir pour assurer leurs propres intérêts et non ceux de la patrie. « 

 » On décida de même que Dieu ni le Seigneur Jésus ne présideraient plus à la fondation de la famille, et l’on fit rentrer dans la catégorie des contrats civils le mariage, dont le Christ avait fait un grand sacrement (Eph. 5:32) et qui, dans sa pensée, devait être le symbole saint et sanctificateur du lien indissoluble qui l’unit lui-même à son Eglise. Aussi, dans les masses populaires s’obscurcissent les idées et les sentiments religieux que l’Eglise avait infusées à la cellule-mère de la société qu’est la famille ; la hiérarchie et la paix du foyer disparaissent ; l’union et la stabilité de la famille sont de jour en jour compromises ; le feu des basses convoitises et l’attachement mortel à des intérêts mesquins violent si fréquemment la sainteté du mariage, que les sources mêmes de la vie des familles et des peuples en sont infectées. « 

 » Enfin, on a paru exclure Dieu et le Christ de l’éducation de la jeunesse ; on est arrivé, et c’était inévitable, non pas tant à supprimer la religion dans les écoles qu’à l’y faire attaquer à mots couverts ou même ouvertement ; les enfants en ont conclu qu’ils n’avaient rien ou pour le moins fort peu à attendre, pour la conduite de la vie, de cet ordre de choses, qu’on passait absolument sous silence ou dont on ne parlait qu’avec des termes de mépris. Et, de fait, si Dieu et sa loi sont proscrits de l’enseignement, on ne voit plus comment on peut demander aux jeunes gens de fuir le mal et de mener une vie honnête et sainte, ni comment préparer pour la famille et la société des hommes de mœurs rangées, partisans de l’ordre et de la paix, capables et à même de contribuer à la prospérité publique.  »
Un des conséquences de cet enseignement laïc si contraire à l’esprit et aux mœurs chrétiens sera la fabrication de génération entières d’hommes égoïstes, égocentriques, cyniques, menteurs et jouisseurs, préférant sacrifier le bien commun à leurs intérêts, ce qui donne, par exemple, les grévistes d’aujourd’hui.

Et le pape de conclure :
 » Puisqu’on a renié les préceptes de la sagesse chrétienne, il n’y a pas lieu de s’étonner que les germes de discorde semés partout, comme en un sol bien préparé, aient fini par produire cet exécrable fruit d’une guerre qui, loin d’affaiblir par la lassitude les haines internationales et sociales, ne fit que les alimenter plus abondamment par la violence et le sang. « 

 

Les remèdes : la paix du Christ et son Eglise

Fort de ces constats et de ces analyses, Pie XI expose alors le seul remède possible et envisageable, parce que divin dans son essence même, à rappeler aux populations chrétiennes et à faire connaître aux païens.

 » La tâche qui s’impose avant toute autre, c’est la pacification des esprits. Il y a bien peu à attendre d’une paix artificielle et extérieure qui règle et commande les rapports réciproques des hommes comme ferait un code de politesse ; ce qu’il faut, c’est une paix qui pénètre les cœurs, les apaise et les ouvre peu à peu à des sentiments réciproques de charité fraternelle. Une telle paix ne saurait être que la paix du Christ : et que la paix du Christ apporte l’allégresse en vos cœurs (Col. III, 15) ; il ne peut y avoir de paix autre et différente que celle que le Christ donne lui-même aux siens (Jn XIV, 27), lui qui, comme Dieu, voit dans les cœurs (I Samuel XVI, 7) et règne dans l’intime des âmes. C’est d’ailleurs à bon droit que le Seigneur Jésus appelait cette paix sa paix à lui, car il fut le premier à dire aux hommes : Vous êtes tous des frères (Matth. XXIII, 8) ; c’est lui qui a promulgué la loi de l’amour et du support mutuel entre tous les hommes, et la scella pour ainsi dire de son sang : Mon précepte à moi est que vous vous aimiez les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés (Jn, XV, 12) ; Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ (Gal. VI, 2). « 

  » Il découle de là clairement que la paix authentique du Christ ne saurait s’écarter de la règle de la justice, puisque c’est Dieu qui juge la justice (Ps. IX, 5) et que la paix est œuvre de justice (Isaïe XXXII, 17). Mais encore cette justice ne doit-elle pas adopter une brutale inflexibilité de fer ; il faut qu’elle soit dans une égale mesure tempérée par la charité, cette vertu qui est essentiellement destinée à établir la paix entre les hommes. « 

Voilà le premier secret de la véritable paix : elle est « proprement et tout spécialement un acte de charité  » résume Pie XI en citant la Somme Théologique.

Et le second secret, tout aussi essentiel à connaître, c’est de savoir d’où vient la charité :
 » A cette paix du Christ, qui, fille de la charité, réside dans les profondeurs de l’âme, est applicable la parole de saint Paul sur le royaume de Dieu, car c’est précisément par la charité que Dieu règne dans les âmes : le royaume de Dieu n’est ni mets ni breuvage (Rom. XIV, 17). En d’autres termes, la paix du Christ ne s’alimente point de biens périssables, mais des réalités spirituelles et éternelles dont le Christ lui-même a révélé au monde et n’a cessé de montrer aux hommes l’excellence et la supériorité. C’est en ce sens qu’il disait : Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il perd son âme ? Ou que pourra-t-il donner pour racheter son âme ? (Matth. XVI, 26.) De même il a indiqué la persévérance et la fermeté d’âme dont le chrétien doit être animé : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut perdre à la fois le corps et l’âme dans la géhenne (Matth. X, 28 ; Lc. XII, 4, 5).  »
Eh oui, la charité provient des biens spirituels que seuls les sacrements de la Sainte Eglise peuvent nous procurer et dont les effets se concrétisent dans les actes de la vie courante. Voilà pourquoi il n’y a pas de paix sans charité et pas de charité sans Jésus-Christ.

 » Ce n’est pas que celui qui veut goûter la paix du Christ soit tenu de renoncer aux biens de cette vie ; loin de là, le Christ lui-même les lui promet en abondance : Cherchez tout d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tous ces biens vous seront donnés par surcroît (Matth. VI, 33 ; Lc. XII, 31). Seulement la paix de Dieu surpasse tout sentiment (Phil. IV, 7), et c’est pourquoi précisément elle commande aux appétits aveugles, et ignore les discussions et discordes que ne peut manquer d’engendrer la soif des richesses. « 

 » Que la vertu mette un frein aux convoitises, que l’on accorde aux biens spirituels la considération qu’ils méritent, et l’on obtient tout naturellement cet heureux résultat que la paix chrétienne assure l’intégrité des mœurs et met en honneur la dignité de la personne humaine, rachetée par le sang du Christ, adoptée par le Père céleste, consacrée par les liens fraternels qui l’unissent au Christ, rendue par les prières et les sacrements participante de la grâce et de la nature divines, en attendant que, en récompense d’une sainte vie ici-bas, elle jouisse éternellement de la possession de la gloire du ciel. « 

 » Nous avons déjà montré qu’une des causes principales du chaos où nous vivons réside dans ce fait que de graves atteintes ont été portées au culte du droit et au respect de l’autorité, – ce qui s’est produit le jour où on s’est refusé à voir en Dieu, Créateur et Maître du monde, la source du droit et de l’autorité. « 

Tout naturellement, l’Eglise s’impose comme étant la seule institution valable pour communiquer aux hommes les vertus qui leur permettront d’établir une paix durable, puisqu’elle est la création du Christ en personne, une œuvre humaine mais instituée divinement pour transformer le monde.
Le pape Pie XI l’explique très justement :
 » Remarquons par ailleurs ce fait : sa doctrine et ses préceptes touchant la dignité de la personne humaine, la pureté des mœurs, le devoir de l’obéissance, l’organisation divine de la société, le sacrement de mariage et la sainteté de la famille chrétienne, tout cela et l’ensemble des vérités qu’il avait apportées du ciel sur la terre, le Christ ne l’a confié en dépôt qu’à son Eglise seule, avec la promesse formelle qu’il l’aiderait et serait avec elle à jamais, et il lui a donné mission de l’enseigner, en un magistère infaillible, à toutes les nations jusqu’à la fin des siècles.

Cette observation fait entrevoir tout de suite quels puissants remèdes peut et doit offrir l’Église catholique pour la pacification du monde.
Ayant été seule constituée par Dieu interprète et gardienne de ces vérités et de ces préceptes, l’Eglise seule aussi jouit à jamais du pouvoir efficace d’extirper de la vie publique, de la famille et de la société civile, la plaie du matérialisme, qui y a déjà opéré tant de ravages ; d’y faire pénétrer les principes chrétiens, bien supérieurs aux systèmes des philosophes, sur la nature spirituelle ou l’immortalité de l’âme ; d’opérer le rapprochement de toutes les classes de citoyens, et d’unir le peuple tout entier par les sentiments d’une profonde bienveillance et par une certaine fraternité (S. Aug., de Moribus Ecclesiæ Catholicæ, I, 30) : de défendre la dignité humaine et de l’élever jusqu’à Dieu qui voit les cœurs, et conforme à ses enseignements et à ses préceptes, que le sentiment sacré du devoir soit la loi de tous, particuliers et gouvernants, et même des institutions publiques ; et qu’ainsi le Christ soit tout et en tous (Col. III, 11).

L’Eglise, qui détient la vérité et le pouvoir du Christ, a seule mission de donner aux esprits la formation qui convient ; elle est aussi seule en mesure non seulement de rétablir aujourd’hui la véritable paix du Christ, mais encore de la consolider pour l’avenir en conjurant les menaces imminentes de nouvelles guerres que Nous avons signalées. Seule, en vertu d’un mandat et d’un ordre divin, l’Eglise enseigne l’obligation pour les hommes de conformer à la loi éternelle de Dieu toute leur activité, publique aussi bien que privée, en tant que particuliers comme en tant que membres de la collectivité : par ailleurs, il est évident que ce qui a trait au sort du grand nombre a une importance beaucoup plus grande.
Le jour où Etats et gouvernements se feront un devoir sacré de se régler, dans leur vie politique, au dedans et au dehors, sur les enseignements et les préceptes de Jésus-Christ, alors, mais alors seulement, ils jouiront à l’intérieur d’une paix profitable, entretiendront des rapports de mutuelle confiance, et résoudront pacifiquement les conflits qui pourraient surgir. « 

Que l’on ne se méprenne pas sur le rôle de l’Eglise ; elle ne cherche pas à fusionner les pouvoirs religieux et séculier, mais elle a un rôle de gardien de la Vérité et de l’intégrité morale des peuples, voilà ce que rappelle avec justesse Pie XI :
 » Encore que, de par sa mission divine, elle ait directement en vue les biens spirituels et non les biens périssables, l’Eglise —  tous les biens se favorisant et s’enchaînant les uns les autres —  n’en coopère pas moins à la prospérité, même terrestre, des individus et de la société, et cela avec une efficacité qu’elle ne pourrait surpasser si elle n’avait pour but que le développement de cette prospérité.
Certes, l’Eglise ne se reconnaît point le droit de s’immiscer sans raison dans la conduite des affaires temporelles et purement politiques, mais son intervention est légitime quand elle cherche à éviter que la société civile tire prétexte de la politique, soit pour restreindre en quelque façon que ce soit les biens supérieurs d’où dépend le salut éternel des hommes, soit pour nuire aux intérêts spirituels par des lois et décrets iniques, soit pour porter de graves atteintes à la divine constitution de l’Eglise, soit enfin pour fouler aux pieds les droits de Dieu lui-même dans la société. « 

Quand on voit l’absence du rappel des droits de Dieu mais au contraire l’insistance de l’Eglise et de ses pontifes depuis le concile Vatican II pour les droits de l’homme, on mesure l’étendue de la trahison et le chemin parcouru dans toute la chrétienté par les idées maçonniques, alors qu’elles se heurtent pourtant frontalement. Ceci explique aussi la mollesse des réactions de l’Eglise quant à ces lois et décrets iniques qui pullulent aujourd’hui ; mais on ne peut pas servir deux maîtres à la fois, il faut choisir entre Dieu et le monde. Hélas, tous les pontifes conciliaires ont choisi le monde, il suffit de comparer leurs discours avec ceux de leurs prédécesseurs pour en constater l’évidence.

 

3ème remède : le règne du Christ

Les deux premiers remèdes, indispensables à la paix, n’ont qu’un seul but en définitive : instaurer le règne du Christ, seul garant du véritable bonheur sur terre et surtout, de la vie éternelle.

 » Il ne saurait donc y avoir aucune paix véritable —  cette paix du Christ si désirée —  tant que tous les hommes ne suivront pas fidèlement les enseignements, les préceptes et les exemples du Christ, dans l’ordre de la vie publique comme de la vie privée ; il faut que, la famille humaine régulièrement organisée, l’Eglise puisse enfin, en accomplissement de sa divine mission, maintenir vis-à-vis des individus comme de la société tous et chacun des droits de Dieu.
Tel est le sens de notre brève formule : le règne du Christ.

 Jésus-Christ, en effet, règne d’abord sur tous les hommes pris individuellement : il règne sur leurs esprits par ses enseignements, sur leurs cœurs par la charité, sur toute leur vie enfin quand elle se conforme à sa loi et imité ses exemples.
Jésus-Christ règne ensuite dans la famille lorsque, ayant à sa base le sacrement du mariage chrétien, elle conserve inviolablement son caractère d’institution sacrée, où l’autorité paternelle reflète la paternité divine qui en est la source et lui donne son nom (Eph. III, 15), où les enfants imitent l’obéissance de Jésus adolescent, et dont toute la vie respire la sainteté de la Famille de Nazareth.
Jésus-Christ règne dans la société lorsque, rendant à Dieu un souverain hommage, elle reconnaît que c’est de lui que dérivent l’autorité et ses droits, ce qui donne au pouvoir ses règles, à l’obéissance son caractère impératif et sa grandeur ; quand cette société reconnaît à l’Eglise son privilège, qu’elle tient de son Fondateur, de société parfaite, maîtresse et guide des autres sociétés ; non que l’Eglise amoindrisse l’autorité de ces sociétés —  légitimes chacune dans sa sphère, —  mais elle les complète très heureusement, comme le fait la grâce pour la nature ; d’ailleurs le concours de l’Eglise permet à ces sociétés d’apporter aux hommes une aide puissante pour atteindre leur fin dernière, qui est le bonheur éternel, et les met plus à même d’assurer le bonheur de leurs membres durant leur vie mortelle.
Il apparaît ainsi clairement qu’il n’y a de paix du Christ que par le règne du Christ, et que le moyen le plus efficace de travailler au rétablissement de la paix est de restaurer le règne du Christ. « 

 

Conclusion

Le discours de Pie XI en 1922 démontrant que la paix véritable ne peut trouver sa source que dans le Christ est en contradiction directe avec celui de ses successeurs depuis le concile Vatican II.
Un pape ne peut pas aller à la tribune des Nations Unies et saluer en cette Assemblée une institution travaillant à la paix dans le monde sans rappeler, comme Pie XI l’a fait dans cette encyclique, que les Etats ont pour devoir sacré, s’ils veulent vraiment œuvrer à la paix et au bien commun, de se régler sur les enseignements et les préceptes de Jésus-Christ. Or aucun des papes du concile étant allés à l’ONU, Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et François ne l’ont fait, trahissant de fait autant la doctrine séculaire de l’Eglise que les instructions de son propres fondateur : Jésus-Christ.
Un pape ne peut aller cosigner avec un musulman une déclaration sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde, comme l’a fait François en février 2019, d’une part parce qu’une fois de plus il est illusoire d’œuvrer à la paix sans la baser sur le Christ et l’Eglise, et d’autre part parce que c’est de l’hypocrisie pure que de cosigner un tel document avec une religion qui ne cache pas son hostilité au christianisme. Le témoignage récent de la pakistanaise Asia Bibi ou la situation au Moyen-Orient sont suffisamment édifiants sur le sort réservé aux chrétiens en terre musulmane.

Mais l’apostasie de l’Eglise depuis le concile n’est pas seulement préoccupante et consternante, elle est surtout dangereuse car elle conduit à une nouvelle théologie sur laquelle repose tout son discours. Cette théologie est celle d’une religion de l’homme à la place de la religion de Dieu. En 1922, le pape Pie XI ne se contente pas de relier la paix au Christ, il explique au monde que seule la chrétienté le conduira vers le bonheur, ici-bas comme éternel, parce qu’elle prend sa source dans Dieu lui-même, Jésus-Christ, et que cette source est unique, non négociable et non remplaçable.
Aujourd’hui, les discours des papes conciliaires, et particulièrement de François, relativisent les vertus chrétiennes en affectant de croire que celles-ci sont partagées par tous, comme si les sacrements et les enseignements du Christ n’avaient aucun effet sur la vie intérieure. Par exemple, dans son message pour la 52è journée mondiale de la paix (1er janvier 2019), le pape François parle de « Charité et vertus humaines pour une politique au service des droits humains et de la paix. »
Il met donc sur le même plan et accorde la même valeur à la charité chrétienne et aux vertus humaines, alors que, on l’a vu avec Pie XI, les cœurs ne peuvent être transformés que par le Christ. Un chrétien, et a fortiori un pape, ne peut pas parler de vertus humaines mais de vertus chrétiennes parce que le Christ lui-même en a révélé l’excellence et la supériorité, et que ces vertus s’obtiennent, grandissent et se fortifient par la vie de la grâce, elle-même obtenue par la prière et la pratique des sacrements.
Ainsi, quand dans le même discours, François précise sa pensée -« C’est un programme dans lequel peuvent se retrouver tous les politiciens, de n’importe quelle appartenance culturelle ou religieuse, qui souhaitent œuvrer ensemble pour le bien de la famille humaine, en pratiquant ces vertus humaines qui sous-tendent le bon agir politique : la justice, l’équité, le respect réciproque, la sincérité, l’honnêteté, la fidélité.« -, il défend une logique qui n’a plus sa source dans le Christ mais dans les hommes. Toujours cette religion de l’homme où effectivement, si le Christ n’est plus la base, alors oui, ces vertus humaines peuvent être partagées par des hommes de n’importe quelle appartenance culturelle ou religieuse. Mais alors, dans ce cas-là, à quoi sert le christianisme ? Qu’apporte de plus Jésus-Christ aux hommes si ces derniers, sans lui, ont déjà les vertus nécessaires ? Toute personne sensée conviendra ici que ce discours n’est pas celui d’un chrétien, et qu’il est en contradiction flagrante avec les propos de Pie XI sur le même sujet, sur lequel il a pourtant été très clair : ce qu’il faut, c’est une paix qui pénètre les cœurs, et une telle paix ne saurait être que la paix du Christ.
Et n’oublions pas que Pie XI donne, parmi les principales causes de tous ces malheurs, le fait que les hommes se soient misérablement séparés de Dieu et de Jésus-Christ : or n’est-ce pas exactement ce que continue à faire François en prônant des attitudes et des hommes manifestement séparés de Dieu et de Jésus-Christ puisque leur appartenance religieuse n’a pas d’importance ? Et plus grave, François attribue aux vertus humaines la même valeur qu’aux vertus chrétiennes, contredisant là encore l’enseignement de tous ses prédécesseurs sur l’apport décisif du Christ et de ses sacrements dans l’acquisition desdites vertus.

Confusion, trahison, grand remplacement des idées et des doctrines, voilà la réalité du combat et des poisons qui affectent l’Eglise aujourd’hui. C’est pourquoi il est plus que jamais nécessaire de prendre connaissance des discours et de la doctrine des papes d’avant le concile, et de rappeler avec force, arguments à l’appui, que la seule paix véritable vient du Christ et qu’il n’y a de paix du Christ que par le règne du Christ.

 

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Le coup de maître de Benoît XVI

En publiant un livre affirmant avec force leur opposition à toute remise en cause du célibat sacerdotal, le pape émérite Benoît XVI et le cardinal Robert Sarah ont réussi un coup de maître. Ils ont coupé l’herbe sous le pied des réformateurs qui, à Rome et sous l’impulsion de François, cherchent à transformer entièrement le catholicisme en une religion sociale et écologique en lieu et place d’une religion attachée au salut des âmes par le Christ.
Ce livre, publié le 15 janvier 2020, prend de court François et sa clique en abordant un sujet-clé avant la sortie de l’exhortation apostolique post-synodale du synode sur l’Amazonie où, tout le monde le sait, la question du célibat des prêtres a été débattue dans le but de la faire évoluer dans un sens plus mondain, plus en adéquation avec le monde.
Le coup de maître des deux hommes se situe dans la course contre la montre qui est s’engagée pour accomplir des réformes fondamentales dans l’Eglise, ils ont désormais les blancs (terme du jeu d’échecs) : ils ont un coup d’avance.
Ces réformes sont dans les cartons de François et son équipe depuis un bout de temps. Le synode sur l’Amazonie a montré que l’époque leur semblait mûre pour avancer.
Ancien locataire du Vatican et y résidant toujours, Benoît XVI ne peut ignorer ces projets, de même que le cardinal Sarah, actuel préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, est trop élevé dans la hiérarchie pour les ignorer.
Ces deux hommes ont donc décidé, dans le plus grand secret, de court-circuiter l’exhortation apostolique AVANT sa sortie, en opposant un non ferme et définitif à ce qui s’annonce comme probablement une des résolutions phares de celle-ci, même si elle se dissimule derrière le ton mielleux et les termes ambivalents et ambiguës auxquels ils nous ont habitués.

La réaction de François et son équipe fut à la hauteur de l’événement et surtout prouve l’effet de surprise escompté. Car les premières révélations, à la fois de l’existence du livre et de son contenu, ont été savamment distillées à la presse seulement deux jours avant sa parution en librairie, le 13 janvier. Beaucoup trop tard pour intenter quoi que ce soit.
Après deux jours d’intenses négociations dont on imagine aisément l’amplitude, à la hauteur de l’événement, ils n’auront réussi à arracher à Benoît XVI que de n’être plus coauteur mais contributeur d’un livre qui reste inchangé.
Tous ceux qui ont eu le livre en mains comprendront pourquoi : l’introduction est commune à Benoît XVI et Sarah, de même que la conclusion ; le reste du livre se divise en deux parties, toutes les deux sur le même thème, la défense du célibat des prêtres, l’une écrite par Benoît XVI et l’autre par Sarah. Autrement dit, on joue sur les mots car Benoît XVI est visiblement co-auteur du livre et s’il avait fallu vraiment retirer cette caractéristique, c’est le livre dans son entier qu’il aurait fallu revoir.
Or il est quand même difficile d’aller dire que le pape émérite n’a pas contribué activement à ce livre alors qu’à plusieurs reprises dans celui-ci, à la fois l’éditeur, Ratzinger et Sarah, chacun de son côté, rappelle que la démarche est commune aux deux prélats, et volontaire à cause des orientations qui se dessinent dans l’Eglise : « Silere non possum – Je ne peux pas me taire » s’écrient-ils ensemble dans l’introduction en paraphrasant saint Augustin.

Pour comprendre ce -léger- revirement de Benoît XVI, il faut avoir une idée de la guerre à couteaux tirés qui se joue au Vatican : sous-entendus, allusions, menaces voilées ou directes, pressions en tous genres, rumeurs savamment distillées par des tiers.. voilà le quotidien et l’ambiance probable dans laquelle baigne Benoît XVI, au sein de cette prison dorée dans laquelle il s’est laissé enfermer (mais a-t-il eu vraiment le choix ?), voilà la forme visible de cette guerre psychologique de tous les instants, implacable, féroce, inhumaine, qui ferait craquer les plus solides.
N’oublions pas non plus que ce synode revêtait une importance supérieure aux précédents, de par son contenu (le document préparatoire à lui seul démontrait l’audace des orientations choisies) et son caractère décisif, François n’ayant pas hésité -dès septembre- à envisager l’idée d’un schisme plutôt que de revenir sur ses projets.

Seulement voilà : ces paroles sont prononcées et écrites par la plus haute autorité qui existe après le pape régnant, car Benoît XVI porte toujours le titre de pape : il n’est pas redevenu un simple évêque à la retraite, il est pape non régnant mais pape quand même. Quant au cardinal Robert Sarah, il occupe actuellement un des plus hautes fonctions ministérielles au Vatican.
Ces deux hommes possèdent une autorité suffisante pour mettre en échec les projets de François, celui-ci le sait et l’enjeu est de taille.
De plus, le pape émérite est très peu sorti de sa réserve depuis 7 ans ; ce n’est pas la première fois qu’il désapprouve publiquement les orientations prises par son remplaçant, mais c’est la première fois qu’il prend position aussi clairement et explicitement sur un sujet crucial, prouvant qu’il est encore capable de s’opposer avec force aux progressistes à l’œuvre.

Un dernier mot, afin de bien comprendre la démarche.
Dans le livre, le texte de Benoît XVI est daté du 17 septembre 2019, donc avant le synode, preuve qu’il s’agit autant d’une réflexion de fond sur le plan théologique, que d’une légitime inquiétude face aux intentions de François. Quant à la partie du cardinal Sarah, celle-ci est datée du 25 novembre, soit à la fin du synode, celui-ci précisant d’ailleurs que sont les orientations et les débats de ce dernier qui l’ont poussé à prendre la plume.

 

Pourquoi le mariage des prêtres est impossible

Ce livre cosigné par Benoît XVI et Robert Sarah ne fait hélas pas un tour complet de la question, certains aspects comme celui des grâces propres au sacerdoce ne sont pas abordés ; je laisse le soin de corriger et compléter ces points aux autorités ecclésiastiques compétentes.
Je me contenterai, pour ma part, d’isoler les points d’arguments qui me paraissent les plus éclairants pour ceux qui veulent comprendre pourquoi l’Eglise défend ardemment le célibat des prêtres.

 

La démonstration théologique de Benoît XVI

Le pape émérite rappelle ce qu’est la dimension sacerdotale :
« Le sacerdoce de Jésus-Christ nous fait entrer dans une vie qui consiste à devenir un avec lui et à renoncer à tout ce qui n’appartient qu’à nous. Tel est le fondement pour les prêtres de la nécessité du célibat mais aussi de la prière liturgique, de la méditation de la Parole de Dieu et du renoncement aux biens matériels. »

« Mais en raison de la célébration eucharistique régulière (…), désormais leur vie entière est en contact avec le mystère divin. Cela exige de leur part l’exclusivité à l’égard de Dieu. (…) De la célébration quotidienne de l’Eucharistie, qui implique un état de service de Dieu permanent, naquit spontanément l’impossibilité d’un lien matrimonial. »
« L’état conjugal concerne l’homme dans sa totalité, or le service du Seigneur exigeant également le don total de l’homme, il ne semble pas possible de réaliser simultanément les deux vocations. Ainsi, l’aptitude à renoncer au mariage pour se mettre totalement à la disposition du Seigneur est devenue un critère pour le ministère sacerdotal. »

« Les prêtres, parce qu’ils sont radicalement consacrés à Dieu, renoncent au mariage et à la famille. L’Eglise a interprété le mot « clergé » dans ce sens. Entrer dans le clergé signifie renoncer à son propre centre de vie, et n’accepter que Dieu seul comme soutien et garant de sa propre vie. »

Ainsi donc, cette dimension d’abandonner notre vie matérielle pour se consacrer presque exclusivement à la vie spirituelle est en droite ligne de ce qui s’est passé dans l’évangile :
« Le récit de la vocation dans Luc 5 se termine par ces paroles : « ils laissèrent tout et le suivirent » (Luc 5, 11). Sans le renoncement aux biens matériels, il ne saurait y avoir de sacerdoce. »

Parce que le sacerdoce, c’est l’union à Dieu, une union exclusive :
« Il ne saurait y avoir de stabilité si nous ne mettions pas notre union à Dieu au centre de notre vie. »
Et Benoît XVI nous confie une expérience personnelle :
« Je garde vivant dans ma mémoire le souvenir du jour où, la veille de la réception de la tonsure (…) j’ai brusquement compris ce que le Seigneur attendait de moi à ce moment : il voulait disposer entièrement de ma vie, et, en même temps, il se confiait entièrement à moi. »
Ainsi, dans le sacerdoce se vérifie « ce que saint Paul a indiqué comme l’expérience fondamentale de son apostolat : « Ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en moi. (Ga 2, 20). »
« Cela signifie que nous devons sans cesse être purifiés et envahis par le Christ pour que ce soit Lui qui parle et agisse en nous, et toujours moins nous-mêmes. »

Et Benoît XVI rappelle que l’homme doit accomplir la volonté de Dieu et non la sienne :
« Le péché d’Adam consistait, justement, dans le fait qu’il voulait réaliser sa volonté et non celle de Dieu. La tentation de l’humanité est toujours celle de vouloir être totalement autonome, de suivre uniquement sa propre volonté, et d’estimer que ce n’est que de cette manière que nous serions libres ; que ce n’est que grâce à une semblable liberté sans limites que l’homme serait complètement homme. Mais précisément ainsi, nous allons à l’encontre de la vérité. » Car cette « liberté partagée ne peut être liberté véritable (…) que si nous entrons dans la volonté de Dieu. Cette obéissance fondamentale fait partie de l’essence de l’homme, un être qui n’est pas par lui-même et uniquement pour lui-même. »
« Cela recouvre ce que Jésus a prédit à Pierre : « Tu seras conduit là où tu ne voulais pas ». Cette manière de se faire porter là où nous ne voulions pas est une dimension essentielle de notre service, et c’est précisément ce qui nous rend libres. Ainsi guidés, même de manière contraire à nos idées et à nos projets, nous faisons l’expérience d’une chose nouvelle -la richesse de l’amour de Dieu. »
Et cette obéissance totale est une des composantes du chemin vers la sainteté :
« Le mot « saint » exprime la nature particulière de Dieu. Lui seul est le Saint. L’homme devient saint dans la mesure où il commence à être avec Dieu. Être avec Dieu, c’est écarter ce qui est seulement le moi et devenir un avec le tout de la volonté de Dieu. »

 

Le regard ecclésiologique du cardinal Sarah

Sarah rappelle la composante sacrificielle unique et essentielle qui différencie le sacerdoce catholique de tous les autres :
« Le prêtre n’est pas seulement celui qui accomplit une fonction sacrificielle. Il est celui qui s’offre lui-même en sacrifice par amour à la suite du Christ. »
« L’abaissement du Christ jusqu’à la croix n’est pas un simple comportement d’obéissance et d’humilité. C’est un acte de perte de soi par amour dans lequel le Fils se livre entièrement au Père et à l’humanité : tel est le fondement du sacerdoce du Christ.
Comment, dès lors, un prêtre pourrait-il garder, conserver, et revendiquer un droit au lien matrimonial ? Comment pourrait-il refuser de se faire esclave avec Jésus-prêtre ? Cette livraison totale de soi dans le Christ est la condition d’un don total de soi à tous les hommes. Celui qui n’est pas livré totalement à Dieu n’est pas donné parfaitement à ses frères. »

« Pour le prêtre, la célébration de l’Eucharistie ne revient pas seulement à accomplir des rites. La célébration de la messe suppose d’entrer de tout son être dans le grand don du Christ au Père, dans le grand « oui » de Jésus à son Père : « entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23, 46). Or le célibat est un « oui » définitif : c’est laisser Dieu nous prendre par la main, s’offrir entre les mains du Seigneur dans son « moi ».

« Nous les prêtres, disait saint Josemaria Escriva, que nous soyons pécheurs ou saints, nous ne sommes plus nous-mêmes lorsque nous célébrons la Sainte Messe. Nous sommes le Christ qui renouvelle sur l’autel le divin sacrifice du Calvaire. »
« La messe est la raison d’être du prêtre. Le renouvellement du sacrifice du calvaire n’est pas seulement l’action la plus importante et la plus élevée de sa journée, mais ce qui lui confère tout son sens. Le saint curé d’Ars répétait souvent « Combien est triste un prêtre qui célèbre la messe comme un fait ordinaire. Combien s’égare un prêtre qui n’a pas de vie intérieure. »

Et le cardinal d’avertir :
« Si nous réduisons le célibat sacerdotal à une question de discipline, d’adaptation aux coutumes et aux cultures, nous isolons le sacerdoce de son fondement. »

Cette dimension sacerdotale déconnectée du point de vue du monde n’est pas nouvelle parce qu’elle ne vient pas du monde mais de Dieu :
« Quand saint Paul exhorte les jeunes communautés chrétiennes d’Ephèse, de Philippes et de Colosses, il ne les met pas en face d’un idéal inaccessible mais leur enseigne toutes les exigences de l’évangile : « Le Christ, tel que vous l’avez reçu, Jésus le Seigneur, c’est en lui qu’il vous faut marcher, enracinés et édifiés en lui, appuyés sur la foi telle qu’on vous l’a enseignée, et débordant d’action de grâces. Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la philosophie, selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde et non selon le Christ » (Col 2, 6-8). Il n’y a dans cet enseignement ni rigidité ni intolérance. La Parole de Dieu exige une conversion immédiate. Elle ne supporte pas les compromissions et les ambiguïtés. »

Il est donc essentiel de rappeler ce qu’est vraiment le sacerdoce, et que son origine divine dépasse les organisations humaines :
« Le sacerdoce est un don qui se reçoit comme est reçue l’Incarnation du Verbe. Il n’est ni un droit, ni une obligation. »
« Il est une réponse à une vocation personnelle. Il est le fruit d’un appel intime de Dieu dont l’archétype est l’appel de Dieu à Samuel (1 S 3). On ne devient pas prêtre parce qu’il est nécessaire de combler un besoin de la communauté et qu’il faut bien que quelqu’un occupe le « poste ». (…) Le sacerdoce suppose de livrer toute sa vie, de se livrer à la suite du Christ. Il suppose un don absolu de soi à Dieu et un  don total de soi aux frères. »

La notion de noces du Christ avec son Eglise est étroitement liée au sacerdoce :
« Sans la présence du prêtre célibataire, l’Eglise ne peut plus prendre conscience qu’elle est l’Epouse du Christ. Le célibat sacerdotal, loin de se réduire à une discipline ascétique, est nécessaire à l’identité de l’Eglise. »
Ici le cardinal a effleuré un point fondamental, qu’hélas il n’approfondit pas, mais qui montre combien l’initiative est d’importance concernant l’avenir de l’Eglise : perdre son statut d’épouse du Christ, donc en réalité, être déconnectée du Christ. Cette notion n’est-elle déjà pas à l’œuvre, avec la conversion écologique ? Ne nous entraîne t’on pas doucement vers une idolâtrie remplaçant le culte envers le Christ par un néo-paganisme ?

« Aujourd’hui, nous avons la tentation de raisonner de façon purement fonctionnelle. En effet, le manque de prêtres dans certaines régions est réel. Faut-il pour autant y apporter une réponse dont le seul critère serait l’efficacité humaine ? Regardons-nous l’Eglise comme une institution sociologique ou comme le corps mystique du Christ vivifié par les charismes, les dons gratuits offerts par l’Esprit-Saint ? »
« Si nous séparons le célibat du sacerdoce, nous en viendrons à ne plus voir le caractère charismatique du sacerdoce. Nous ne verrons plus qu’une fonction que l’institution elle-même prévoit pour sa sûreté et ses besoins. (…) Mais alors l’Eglise n’est plus comprise que comme une simple ordonnance humaine. »
Il a raison : la mentalité actuelle considère presque l’Eglise comme une multinationale et non comme une création divine. Il précise d’ailleurs sa pensée :
« On mesure l’importance de toute modification de la loi sur le célibat. Elle est la pierre de touche d’une saine ecclésiologie. Le célibat est un rempart qui permet à l’Eglise d’éviter le piège qui reviendrait à la comprendre comme une institution humaine dont les lois seraient l’efficacité et la fonctionnalité. (…) Le célibat exprime et manifeste combien l’Eglise est l’œuvre du Bon Pasteur avant d’être la nôtre. »

Et d’expliquer quelques évidences ignorées par le grand public païen et aussi, hélas, par bien des catholiques :
« (le célibat des prêtres) est un scandale pour le monde et le restera toujours car il rend présent le scandale de la Croix. »
On ne peut donc juger du célibat des prêtres à partir de la mentalité païenne actuelle, car « une vie selon le monde ne peut produire dans une âme sacerdotale qu’un sentiment d’incohérence, d’incomplétude et d’écartèlement. « Nul ne peut servir deux maîtres » (Mt 6, 24) ».

 

Malheureusement, le livre ne résout pas les problèmes de fond

La partie écrite par Benoît XVI est d’une teneur plus spécifiquement théologique, alors que celle du cardinal Sarah se veut plus pratique, elle explore le mystère du sacerdoce dans le contexte actuel. Seulement, et c’est très dommageable, à lire le cardinal Sarah, l’Eglise n’existe que depuis le concile Vatican II ; la quasi totalité de ses références sont les textes du concile et des papes du concile. Il cite très régulièrement Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et même François, comme si, sur les 266 papes de l’Eglise, il ne connaissait que ces quatre-là. Plus grave, il donne du « saint » aux deux premiers, contribuant à entretenir un climat de confusion qu’il dénonce par ailleurs. Cette façon d’écrire ne peut que déstabiliser le lecteur, puisque le critère de sainteté est attribué, sans distinction, à des hommes qui ne peuvent s’en prévaloir parce qu’ayant été eux-mêmes de solides contributeurs à la destruction des fondamentaux de l’Eglise, dont Sarah déplore les conséquences, autant qu’à leurs respectables et illustres prédécesseurs, tels que saint Paul, sainte Catherine de Sienne ou saint Charles Borromée, tous trois cités dans le livre, et qui eux ont prouvé leur contribution à la sainteté de l’Eglise. Ainsi, mettre sur le même plan ceux qui ont aidé l’Eglise à grandir et ceux qui ont œuvré à l’empoisonner est le signe d’un manque de discernement flagrant, d’autant plus préjudiciable que le cardinal Sarah est réputé être un prélat conservateur. Conservateur de quoi ? D’une Eglise née il y a 50 ans et dans laquelle il va chercher la quasi-totalité de ses arguments et de ses sources. C’est tout de même très inquiétant.

Un dernier point, lui aussi hélas significatif et qui ne présage rien de bon : le cardinal Sarah présente le pape François comme étant lui aussi un défenseur du célibat des prêtres, il s’exprime comme si la tentative de déstabilisation de l’Eglise ne viendrait pas de François mais d’une frange progressiste de l’Eglise, et in fine il s’en remet à François pour nous « protéger définitivement d’une telle éventualité » écrit-il. Mais quel jeu joue-t-il ? Ne sait-il pas, lui qui a participé au synode et qui fait partie de la haute hiérarchie vaticane, que François est le chef de ces progressistes, qu’ils agissent sur son ordre et avec sa bénédiction, que ses paroles ne sont que mensonges, hypocrisie, dissimulation et subversion ? Que sa fonction l’oblige à une certaine retenue envers le pape régnant, on peut l’admettre, mais à ce moment-là ne vaudrait-il pas mieux rien dire, plutôt que de chercher à dédouaner un homme qu’accusent pourtant autant son comportement que ses paroles.

 

Conclusion

L’initiative du pape émérite et du cardinal Sarah est à saluer, car elle remet en lumière des fondamentaux doctrinaux essentiels qui démontrent et prouvent que les dispositions introduites dans le synode sur l’Amazonie, et probablement reprises dans l’exhortation post-synodale qui doit sortir, ne touchent pas seulement quelques points organisationnels, mais remettent en cause l’identité même de l’Eglise, sa dimension mystique d’épouse du Christ.
C’est désormais quitte ou double. Si la plus haute autorité de l’Eglise publie quand même son exhortation post-synodale en l’état, elle est d’avance démasquée et ses manigances seront visibles au grand jour, démonstration théologique et ecclésiologique à l’appui, avec l’autorité de la seconde plus haute autorité de l’Eglise après le pape régnant.
L’enjeu est donc de taille et il va falloir suivre de près les événements -probablement décisifs- qui se succèderont dans les prochaines semaines.
Mais, malheureusement, quelle que soit sa bonne volonté, le cardinal Sarah reste un enfant du concile véhiculant toutes les erreurs que cela sous-entend, et nous prouve que le salut ne peut venir de la Rome conciliaire. Seule la Tradition, parce qu’elle a conservé la doctrine juste et vraie et la sainte liturgie, sera capable de nous conduire à la re-naissance de l’Eglise.

 

Pour télécharger le fichier pdf de l’article, cliquez sur ce lien : Le coup de maître de Benoît XVI

La preuve par Quasimodo

Quasi modo… durant des siècles et des siècles, ces deux mots ont rythmé les fêtes de Pâques de millions de catholiques, parce que le dimanche de Quasimodo est celui qui clôture la semaine pascale : c’est le premier dimanche après Pâques, appelé aussi in Albis parce qu’il clôture une semaine où les catéchumènes ayant été baptisés la nuit de Pâques sont restés habillés de blanc, à l’image de leur nouvelle vie qu’ils doivent s’efforcer de garder immaculée.
Quasimodo parce que les deux premiers mots des textes de la messe sont Quasi modo

Traditionnellement, là aussi depuis des siècles et des siècles, l’évangile de ce jour relate l’épisode de saint Thomas parce que celui-ci se situe 8 jours après la Résurrection.
Même l’Eglise issue du concile Vatican II, qui s’est permis de remanier en profondeur le calendrier liturgique -nous en reparlerons un peu plus loin-, n’a pas osé en modifier le contenu : seul le nom de ce dimanche a été rebaptisé en dimanche de la Miséricorde.

C’est ici qu’entre en jeu l’eschatologie qui est, rappelons-le, la science de la fin du monde, car la signification de cet évangile si célèbre est d’une importance primordiale.
En effet, Jésus-Christ ce jour-là, va apporter les preuves de sa résurrection. Rappelons en quelques mots le contexte : le soir même de sa Résurrection, Jésus apparaît à ses disciples réunis au Cénacle, en l’absence de Thomas, l’un des 12 apôtres. Ses camarades relatent ensuite à Thomas l’extraordinaire nouvelle, à laquelle il refuse obstinément de croire tant qu’il n’en aura pas eu la preuve tangible : « si je ne vois pas dans ses mains la trace des clous, et si je ne mets pas le doigt sur les cicatrices des clous et la main dans la plaie de son côté, je ne croirai pas » dit-il aux autres.
Huit jours après (donc dans notre calendrier le dimanche de Quasimodo), Jésus leur apparaît de nouveau et adresse à Thomas ces paroles connues de tous :  » Mets ici ton doigt et regarde mes mains. Approche ta main et mets-la dans la plaie de mon côté. Et désormais ne sois plus incrédule, aie la foi ! « , ajoutant la phrase la plus célèbre de cet évangile :  » Parce que tu m’as vu, Thomas, tu as cru. Mais bienheureux ceux qui croient sans avoir vu.  » (Jean 20, 19-31)
Que signifie donc Quasimodo ? Que Jésus ce jour-là apporte une preuve, une preuve tangible, concrète, visible, vérifiable. Aux incrédules que figure Thomas, il a la bonté de leur fournir la preuve qu’ils demandent.
Que l’on soit bien clair : ce n’est pas un signe, une allégorie, un symbole, une représentation mystique qui nécessiterait préalablement la foi, mais UNE PREUVE TANGIBLE indéniable et incontestable, même pour un non-croyant.

Or Quasimodo est indéfectiblement lié à saint Thomas ; personne ou presque n’est capable de retracer sa vie ou de citer les autres passages de l’évangile le concernant, par contre l’épisode de son incrédulité en fait un des apôtres les plus connus, il fait partie intégrante de la culture chrétienne et même de la culture générale, et ce dans le monde entier.

Voici donc le sens eschatologique de Quasimodo et/ou de saint Thomas : apporter une PREUVE tangible, concrète et vérifiable.

 

21 décembre = saint Thomas = Quasimodo

C’est pourquoi, quand l’élite occulte mondiale choisit le 21 décembre 2012 pour annoncer la fin du monde, il y a derrière cela un message précis.
Parce que le 21 décembre est la fête de saint Thomas. En d’autres termes, le choix du 21 décembre revient à dire : nous allons vous apporter une preuve de ce que nous avançons.

Précisons à ce stade trois choses :
– Il y a dans le choix du 21 décembre, vu l’énormité du message et l’ampleur mondiale qu’il a connu, une volonté surnaturelle. Qu’est-ce que le surnaturel ? L’univers des esprits, partagé en deux camps : le Ciel, avec le Dieu Trinitaire, les bons anges et ses saints, et l’enfer, avec Lucifer/Satan, les anges déchus et les âmes damnées.
Satan et les anges déchus sont soumis à Dieu, ils ont des limites (par ex ils ne peuvent tenter les hommes au-delà de leur capacité de résistance) et parfois ils ont un rôle, notamment pour punir les hommes de leur infidélité envers Dieu. Peu importe à la limite de savoir qui, de Dieu ou de Satan, est à l’origine du message de la fin du monde : il s’agit de toute façon d’un avertissement grandeur nature que le Ciel comme l’enfer veulent et doivent donner à l’humanité.
– Ce message doit donc être pris très au sérieux car, d’autre part, même si c’est Satan qui en est probablement à l’origine, via le pouvoir occulte qui dirige le monde (la synagogue de Satan), on peut penser que la date lui a été imposée par Dieu (à cause de la signification liée à saint Thomas), ou bien qu’il l’ait choisie par bravade, par arrogance, ce qui cadre avec son orgueil démesuré.
Et de toute façon Satan agit, parfois sans le savoir -ou du moins sans connaître les raisons véritables-, dans le cadre du plan divin pour le monde, plan que décrit le livre de l’Apocalypse.
– Enfin, un dernier point : le 21 décembre n’est plus la fête de saint Thomas dans le calendrier liturgique actuel ; mais quelle est la valeur des réformes entreprises par l’Eglise issue du concile Vatican II ? L’élite kabbalistique qui l’a portée sur les fonds baptismaux est bien placée pour savoir que la légitimité se fonde sur la Tradition, car elle aussi repose sur la tradition (la kabbale judaïque). Ils savent donc mieux que personne que ces réformes sont sans valeur, illégitimes, et n’ont pour but que d’empêcher la découverte des mobiles véritables de leurs noirs projets.

Alors, où se situe la preuve tangible que devait nous apporter le 21 décembre 2012 ?
Tout simplement à Quasimodo.

 

27 avril 2014 : LA PREUVE du 666

Tous ceux qui ont suivi le Grand Réveil à cette époque savent que j’ai accordé au 27 avril 2014 une importance capitale.
Qu’était cette date ?
1) Le dimanche de QUASIMODO
2) Les canonisations sacrilèges de Jean-Paul II et de Jean XXIII.

Eh oui, tout arrive à point à ceux qui savent attendre. La preuve tangible de la fin du monde que devait nous fournir la saint Thomas 2012 (21 décembre) nous a été donnée le dimanche de Quasimodo 2014 (27 avril).

Nous avons même eu une TRIPLE preuve :

1) la preuve de l’illégitimité de l’Eglise conciliaire
Initiée par Jean XXIII, accomplie par Paul VI, transformée par Jean-Paul II et maintenue sous Benoît XVI, la nouvelle Eglise issue du concile Vatican II est une Eglise vidée de sa substance, désacralisée, liturgiquement décimée, doctrinalement apostate et même hérétique. Sa principale révolution aura consisté à substituer le culte de l’homme à celui de Dieu, à renier la prééminence du Christ sur les nations et sur les âmes par un œcuménisme dévastateur et sacrilège et une liberté religieuse déformée, et à détourner les catholiques de leur mission principale : assurer le salut des âmes par la propagation de la foi en l’unique sauveur et roi du monde : Jésus-Christ.
Tout au long de ses cinquante années d’existence, cette nouvelle Eglise a multiplié les preuves de sa trahison par ses renonciations, ses manquements, ses silences complices et ses rapprochements avec le monde. Mais il fallait qu’elle donne une preuve véritable, visible, indiscutable de son infamie, une preuve que tout le monde peut voir et comprendre, même les incrédules : la canonisation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II.
Il est impossible de canoniser, c’est à dire de déclarer dignes d’un culte, d’affirmer de jure qu’ils sont au Ciel en compagnie du Christ, et modèles pour les hommes, deux personnages s’étant attaqués délibérément et visiblement à la foi catholique et ayant tout mis en œuvre pour la décomposer, l’adapter aux vues de la bête de l’Apocalypse.
On ne peut pas déclarer saint le pape qui a initié l’œcuménisme trompeur et renié ouvertement la prééminence de Jésus-Christ et de son œuvre, le pape qui a décidé, préparé et ouvert le concile Vatican II, et enfin un homme soupçonné d’avoir été rosicrucien, c’est à dire franc-maçon de haut niveau, ce qui de facto entraîne son excommunication.
On ne peut pas déclarer saint le pape qui a embrassé le Coran, fait allégeance au judaïsme, recherché l’unité avec les protestants, organisé la réunion sacrilège d’Assise, introduit le paganisme dans le culte divin et surtout transformé l’Eglise en religion adoratrice de l’homme en lieu et place de Dieu.
Ces deux canonisation font honte à l’Eglise, à son histoire et aux millions de martyrs morts pour leur foi, elles sont la marque indéniable et visible de la présence de la bête dans l’Eglise elle-même.
On voulait des preuves de l’Apocalypse, de cette fameuse fin du monde ? Le 27 avril en était une à cause du franchissement de la dernière ligne rouge, parce que derrière ces deux hommes, on canonisait l’œuvre de la bête et qu’ainsi celle-ci se glorifiait dans le temple même de Dieu, accomplissant sous nos yeux les Ecritures.

 2) La preuve du mystère du 666 enfin révélé !
Ce jour-là, le cœur du secret sera enfin révélé. N’oublions pas que le mot Apocalypse signifie révélation. Les Pères de l’Eglise et les exégètes expliquent que le langage codé et mystérieux de l’Apocalypse de saint Jean ne sera révélé qu’au moment où le Seigneur le jugera opportun, quand ce sera nécessaire. Les mystères du texte ne se dévoilent donc que petit à petit, et par tranches. En ce 27 avril 2014 nous fut dévoilé enfin l’explication de la partie qui a fait couler le plus d’encre depuis que le texte est connu : celle des bêtes et donc de l’Antéchrist.
On l’a dit, l’histoire le prouve, les événements le démontrent, tout commence avec l’élection de Jean XXIII au souverain pontificat le 28 octobre 1958.
C’est ce pape qui fait basculer l’Eglise et pas un autre. Après, on peut être en désaccord sur la nature des bouleversements constatés dans l’Eglise catholique à partir et PAR le concile, mais personne ne peut nier, quel que soit le camp dans lequel il se place, qu’il y a un avant et un après concile, et que la rupture est d’importance.
On peut constater également, même si on n’est pas d’accord, qu’un certain nombre d’analystes, en comparant l’Eglise d’avant et celle d’après, ont relevé une défaillance inouïe de la foi qui s’est traduite par des changements majeurs non seulement dans l’Eglise mais dans toute la chrétienté, c’est à dire dans le monde entier. Les changements sociaux, moraux, politiques, économiques, techniques, culturels et religieux qui affectent le monde à partir du début des années 60 sont des constats. Des faits. Pas des phantasmes issus d’une imagination fertile. Et ils sont parallèles. Comme si le concile avait consacré et autorisé le début de la déchristianisation de la société, ce qui n’est plus à prouver aujourd’hui.
Or tous ces bouleversements autant dans la société civile que dans l’Eglise, ont été pour beaucoup la marque et le signe de la bête de l’Apocalypse, celle du fameux Antéchrist. Dans sa composante système, c’est indéniable. Reste à attendre l’apparition de l’Antéchrist-personne qui termine et coiffe cette période si particulière.
C’est là que notre dimanche de Quasimodo 2014 intervient ; car, personne ne l’ignore, c’est même un des chiffres les plus connus au monde, le chiffre de la bête, donc de l’Antéchrist, est le 666.
Ô étonnement ! Ô révélation ! Ô stupeur ! Il y a exactement 666 mois, pas un jour de plus, pas un jour de moins, entre l’élection de Jean XXIII, celui par qui tout commence, le 28 octobre 1958, et sa canonisation, c’est à dire le couronnement de son œuvre, le 27 avril 2014.
C’est comme si on lisait l’Apocalypse à livre ouvert, clés de décodage incluses.
Ceci s’appelle une preuve. Visible. Sensible. Compréhensible. Tangible. Concrète. La preuve que nous ne rêvons pas, que la bête, et donc l’Antéchrist, c’est bien la prise de contrôle de l’Eglise du Christ par le démon et par ricochet de la chrétienté et donc du monde entier, et la meilleure preuve en est cette déchristianisation des grandes nations chrétiennes accomplie durant ces 55,5 ans, cette substitution de la civilisation chrétienne par une nouvelle civilisation païenne ; accomplie ; visible ; palpable dans les faits, dans les lois, dans les mentalités, dans la façon de vivre et de raisonner.
Ce jour-là, la bête signe son forfait, se découvre. Désormais elle agira à visage découvert, sans plus se cacher, elle n’en a plus besoin.

3) La preuve du mystère d’iniquité enfin découvert
Et c’est ainsi que les derniers pans secrets du mystère d’iniquité tombent à leur tour. Après avoir la preuve de l’existence de l’Antéchrist-système, que nous venons de décrire, il restait à identifier l’Antéchrist-personne. C’était désormais chose facile et nous l’avions d’ailleurs déjà fait, ou presque. Car entre le 21 décembre 2012 et le 27 avril 2014, que s’est-il passé ?
L’accomplissement sous nos yeux de la prophétie de saint Paul en 2Thessaloniciens2 :  » il suffit que soit écarté celui qui le retient à présent. Et alors se découvrira l’impie.  »
Et qu’avons-nous vu ? Benoît XVI, pape apostat mais légitime, démissionner pour laisser la place à l’Antéchrist-personne, le fameux impie qui se découvre alors -et définitivement le 27 avril- parce qu’il nous permet d’identifier à la fois l’Antéchrist-système et l’Antéchrist-personne.
Et qu’avons-nous constaté ? Que le 111è et dernier pape de la prophétie de saint Malachie avait laissé la place au dernier de tous, Pierre le Romain.
Et que se passe-t-il après ? Que nous décrivent à la fois l’évangile de la fin du monde en Matthieu 24, 2Thessaloniciens2, l’Apocalypse ou la prophétie des papes ?
Tous ces textes nous décrivent la même chose :  » que le Seigneur Jésus exterminera [l’impie] par le souffle de sa bouche, et l’anéantira par l’éclat de son avènement « .
Parce qu’après l’Antéchrist, tout le monde sait que nous vivrons le second avènement du Seigneur, et qu’il revient pour juger les vivants et les morts. Bref le jugement dernier. Et donc la fin du monde.
Tout est cohérent, il n’y a pas de place pour l’imprécision ni pour l’approximation.
Merci saint Thomas via le 21 décembre et Quasimodo.

Et ces signes sont destinés aux incrédules car il s’agit bien de preuves, d’éléments concrets basés sur des faits et non sur des approximations et des interprétations sujettes à caution.
Les 666 mois de Jean XXIII ce n’est pas moi qui suis allé les chercher ; ce n’est pas moi qui les ai placés à Quasimodo, ce n’est pas moi qui ai ruiné l’Eglise et la chrétienté durant ce même laps de temps.

 

L’incendie de Notre-Dame : encore Quasimodo

Et si cela ne nous suffisait pas, le Seigneur lui-même nous envoie une preuve supplémentaire : l’incendie de Notre-Dame le 15 avril dernier.
Je faisais déjà un parallèle avec Quasimodo et Jean XXIII dans mon article sur le sujet du 19 avril :

1) Je relevais que « Quasimodo c’est aussi le nom du personnage emblématique de Victor Hugo dans son roman le bien nommé « Notre-Dame de Paris ». Ceci pourrait n’être qu’anecdotique sauf que Victor Hugo joua un rôle déterminant dans la sauvegarde et la rénovation de la cathédrale au XIXè siècle et la sauva de la ruine via, notamment, ce roman.  »

2) Je notais que cet incendie s’était situé exactement à 107 ans du naufrage emblématique du Titanic (nuit du 14 au 15 avril 1912) et que Jean XXIII portait le numéro 107 dans la prophétie des papes, d’où cette conclusion :
 » Cet incendie est un signe apocalyptique envoyé par Notre-Dame en personne à l’Antéchrist, c’est à dire à l’Eglise du concile (Jean XXIII) et à Babylone (le Titanic) pour leur signifier que leur œuvre étant désormais achevée, ou presque, à savoir la chute de la chrétienté dans ses entités religieuse (l’Eglise) et politique (les nations), le temps des nations est terminé et la fin du monde est proche.
Car la fin du monde correspond à la fin du temps des nations.  »

On pourrait aussi faire un parallèle avec les prophéties d’Anne-Catherine Emmerich qui décrit de façon imagée mais relativement précise ce travail de destruction de l’intérieur par les ennemis de l’Eglise.
Difficile de ne pas faire un parallèle avec l’incendie de Notre-Dame, qui prend feu de l’intérieur elle-aussi, comme une image visible de cette autodestruction entamée avec Jean XXIII :

 « J’ai vu des gens de la secte secrète saper sans relâche la grande Église… »
«Je vis l’Église de saint Pierre et une énorme quantité d’hommes qui travaillaient à la renverser, mais j’en vis aussi d’autres qui y faisaient des réparations»

Et ce passage, vécu lors de l’incendie !! :
«J’ai vu l’église de saint Pierre : elle était démolie, à l’exception du chœur et du maître-autel».
Faut-il rappeler que l’autel de la nouvelle messe fut détruit et le maître-autel épargné ?
Combien de signes visibles comme celui-là faudra-t-il encore aux incrédules ?

Et puis ces quelques morceaux choisis, qui vont comme un gant à l’Eglise conciliaire :

 » Quelques-uns d’entre eux rebâtissaient ; ils détruisaient ce qui est saint et grand et ce qu’ils édifiaient n’était que du vide, du creux, du superflu. Ils emportaient les pierres de l’autel et en faisaient un perron à l’entrée. « 

« Je vis les manquements et la décadence du sacerdoce, ainsi que leurs causes. Je vis les châtiments qui se préparent. Les serviteurs de l’Église sont si lâches ! Ils ne font plus usage de la force qu’ils possèdent dans le sacerdoce. »

 » Je vis croître la tiédeur du clergé local, je vis un grand obscurcissement se faire. « 

 «Je vis l’Église des apostats prendre de grands accroissements. Je vis les ténèbres qui en partaient se répandre alentour et je vis beaucoup de gens délaisser l’Église légitime et se diriger vers l’autre, disant : «Là tout est plus beau plus naturel et mieux ordonné».

 

Conclusion

 » Quasimodo tient une place essentielle dans la mystique chrétienne et désormais nous le savons, dans la mystique apocalyptique «  concluais-je en avril 2019 dans mon article consécutif à l’incendie de Notre-Dame.
Nous accumulons les preuves et personne ne veut les voir ; chacun s’accroche à ses chimères parce que personne ne veut admettre que c’est fini.
Alors, pour paraphraser sainte Bernadette, je ne peux que me contenter de le dire, mais pas forcer les gens à le croire.
Pourtant ce n’est pas faute d’avoir déroulé, listé, argumenté, démontré, répété inlassablement ce qui est autant de preuves, de faits, de signes vérifiables et constatables, et de les avoir reliés entre eux.
Cet article était la dernière tentative.
Après, je ne pourrai plus rien faire pour les incrédules car à partir de demain, 1er janvier 2020, nous entrerons dans l’année qui sera la conclusion de tout.

 

Pour télécharger le fichier pdf de l’article, cliquez sur ce lien : La preuve par Quasimodo

Illustration : l’épisode de saint Thomas reconnaissant en Jésus-Christ « mon Seigneur et mon Dieu« .