Rome bascule

Octobre 2020, Rome a basculé. Non pas dans l’hérésie, elle y était déjà grâce au concile Vatican II. Non pas dans l’apostasie, celle-ci est aussi un des fruits visibles et manifestes du concile. Non, Rome affiche presque officiellement une nouvelle doctrine, où elle honore de nouveaux dieux et se dote de nouvelles missions. En d’autres termes le Vatican professe et proclame une nouvelle religion.

Et quelle est cette religion ? La religion de l’homme, ou plus exactement la religion de l’humanité.
La fameuse religion universelle tant annoncée.
La pierre angulaire de cette religion n’est pas le Christ, c’est la dignité de la personne humaine.
Autrement dit, ce n’est plus l’Eglise du Christ, c’est l’Eglise de l’homme. Une substitution de divinité qui n’est pas sans conséquences.
J’ai pris conscience d’une notion fondamentale en lisant l’encyclique Fratelli tutti du pape François : non seulement il est évident en le lisant que depuis longtemps dans son esprit la centralité de la personne humaine remplace la centralité divine du Christ, mais on se rend compte surtout que le magistère de François -ses discours, encycliques et exhortations apostoliques- a pour objet d’écrire cette nouvelle théologie.
Car il s’agit bien d’une théologie et celle-ci désormais existe !

Dans cette théologie, le Christ n’est plus qu’une source d’inspiration parmi d’autres ; au même titre que le grand imam Ahmad Al-Tayyeb, lui aussi inspirateur, selon François, de sa dernière encyclique. Mais n’importe qui peut citer le Christ et s’approprier ses paroles, des non-chrétiens ou des athées le font. Sauf que pour eux, le Christ n’est pas Dieu fait homme, ses paroles ne constituent pas la Révélation, mais les conseils inspirés d’un homme illustre parmi d’autres.

Une telle attitude est évidemment inacceptable chez celui sensé être le Vicaire du Christ, et il faut en tirer les conclusions qui s’imposent car, si sa pierre angulaire n’est plus le Christ, alors pour qui travaille-t-il ? Aurait-il oublié les paroles du même Christ, prononcées en tant que DIEU : « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui ne rassemble pas avec moi disperse » (Matthieu 12:30) ?
Et qui est contre le Christ, si ce n’est celui qui est menteur et homicide depuis le commencement, à savoir Satan, le diviseur, l’affabulateur ?
Par conséquent si François « roule » manifestement pour le démon, on dépasse le stade du paradoxe, sa position devient rédhibitoire et pose un cas de conscience quasi insoluble, que l’on pourrait traduire par la concrétisation du mystère d’iniquité.

Fratelli Tutti, vitrine visible de la religion de l’humanité

Cette dernière encyclique ne laisse pas seulement le lecteur mal à l’aise, cherchant vainement une vision catholique des choses -au sens commun du terme, c’est à dire conforme à la doctrine encore, à priori, en vigueur- pour y trouver un manifeste maçon, où la dimension surnaturelle est totalement absente, et où s’étale son aplatissement déconcertant sur la pensée unique mondialiste selon Mgr Vigano -précisons : la pensée socialo-collectiviste mondialiste.
Elle n’est pas seulement inspirée par un vague déisme et un philanthropisme qui n’a rien de catholique, toujours selon Mgr Vigano.
Elle n’est pas seulement l’aboutissement catastrophique de l’œcuménisme, du dialogue interreligieux, de la liberté religieuse, et surtout de la négation de la royauté universelle du Christ et de ses droits intangibles, comme le remarque judicieusement l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité saint Pie X, qui rappelle que cette fraternité universelle [celle décrite dans l’encyclique] est une idée d’origine libérale, naturaliste et maçonnique, et c’est sur cette utopie apostate que s’est construite la société contemporaine.

Non, elle laisse le lecteur sidéré par la démonstration visible de la théologie de la religion de l’humanité.
Connaissez-vous beaucoup de dirigeants qui ignorent les fondamentaux de l’entité qu’ils dirigent ? Et pourtant, à la lecture du pape François, on découvre que :
Il ne connaît pas la Sainte Trinité. Il ne connaît pas le Christ Dieu fait homme. Il ne connaît pas le Christ pierre angulaire. Il ne connaît pas la vie de l’âme. Il ne connaît pas la vie surnaturelle. Il ne connaît pas la vie éternelle. Il ne connaît pas les fins dernières de l’homme. Il ne connaît pas la Révélation. Il ne connaît pas doctrine sociale de l’Eglise. Il ne connaît pas les sacrements, ni le sacré. Il ne connaît pas le péché. Il ne connaît pas l’Incarnation, ni la Rédemption, ni leur objet et leur finalité.

Par contre, il connaît la nouvelle théologie issue du concile et de l’esprit du concile, patiemment développée et mise en scène par ses prédécesseurs, et qu’il est chargée, lui, de rédiger dans l’optique du basculement prévisible vers cette nouvelle religion sous sa forme pleine et entière.
Ainsi, la clé de son système réside dans les sentiments d’appartenance à la même humanité (point 30) à laquelle il faut un cap commun (point 31) et celui-ci, afin que la société ait un avenir, consiste à cultiver le sens du respect en ce qui concerne la vérité de la dignité humaine, à laquelle nous nous soumettons (point 207). Par conséquent, cette vérité intégrale (point 205) qu’il recherche ne vient plus de Dieu (la fameuse Parole de Dieu, c’est à dire le Verbe, le Christ) mais de l’homme, puisqu’il explique clairement aux points 208, 213 et 214 que cette vérité provient de la nature humaine.
Doit-on lui rappeler la Parole de Dieu en Matthieu 12:30 citée tout à l’heure, où le Christ explique sans ambiguïté que qui ne rassemble pas avec lui disperse ? Or on cherche vainement dans les 287 points de l’encyclique à quel moment l’appartenance à la même humanité dont il parle se fait dans le Christ. Non, dans cette théologie l’humanité se suffit à elle-même.
Et pourtant, l’Eglise dont il est le chef a toujours enseigné que l’humanité devait se rassembler dans le Christ, qu’il était là son but et son salut. Citons par exemple, sur un sujet similaire, son prédécesseur le pape Pie XI dans l’encyclique Quadragesimo anno (1931) :
« Toutes les institutions destinées à favoriser la paix et l’entraide parmi les hommes, si bien conçues qu’elles paraissent, reçoivent leur solidité surtout du lien spirituel qui unit les membres entre eux. Quant ce lien fait défaut, une fréquente expérience montre que les meilleures formules restent sans résultat. Une vraie collaboration de tous au bien commun ne s’établira donc que lorsque tous auront l’intime conviction d’être les membres d’une grande famille et les enfants d’un même Père céleste, de ne former dans le Christ qu’un seul corps dont ils sont réciproquement les membres. »
Et pan ! sur François, qui rêve d’un développement humain intégral, là où ses prédécesseurs d’avant le concile prônaient un développement spirituel intégral dans le Christ.

Dans cette nouvelle théologie, Dieu n’est plus qu’un simple faire-valoir de l’homme.
La religion de l’homme fait Dieu est subtilement suggérée au point 273 où il est expliqué que la dignité transcendante de la personne humaine est l’image visible du Dieu invisible ; en d’autres termes la déification de l’homme s’effectue au niveau de la dignité de la personne humaine, sur laquelle ils fondent leurs nouveaux dogmes. Elle est là la nouvelle vérité fondamentale dont il parle de façon récurrente.

Et si on a encore des doutes, François les lève au point 276 : « L’Eglise a un rôle public qui ne se borne pas à ses activités d’assistance ou d’éducation, mais qui favorise la promotion de l’homme et de la fraternité universelle. »
C’est incroyable de lire ça : la mission première de l’Eglise n’est-elle pas de conduire les hommes à la vie éternelle ? Mais alors, l’Eglise est au service de l’homme ou de Dieu ?
C’était le cas de l’Eglise d’avant ; ça n’est plus celui de l’Eglise d’aujourd’hui : ce qui était patent et latent depuis le concile se révèle désormais au grand jour sans ambiguïté possible.

Pour comprendre le grand écart entre les deux religions -car il va falloir bien admettre un jour cette évolution sur le fond, évolution désormais parvenue à l’âge adulte- il suffit de se référer à l’enseignement récurrent de l’Eglise jusqu’au concile.
Par exemple, Pie XI écrivait, toujours dans l’encyclique précitée :
« L’ordre parfait que ne se lasse pas de prêcher l’Eglise (…) place en Dieu le terme premier et suprême de toute activité créée, et n’apprécie les biens de ce monde que comme de simples moyens dont il faut user dans la mesure où ils conduisent à cette fin. »


Le même Pie XI, toujours dans Quadragesimo anno, rappelle les fondements de l’attitude de l’Eglise face aux difficultés inhérentes à la vie sur terre :
« La plupart des hommes sont presque exclusivement frappés par les bouleversements temporels , les désastres et les calamités terrestres. Mais, à regarder ces choses comme il convient, du point de vue chrétien, qu’est-ce que tout cela comparé à la ruine des âmes ? Car il est exact de dire que telles sont, actuellement, les conditions de la vie économique et sociale, qu’un nombre très considérable d’hommes y trouvent les plus grandes difficultés pour opérer l’œuvre, seule nécessaire, de leur salut éternel. »
Cette notion fondamentale de salut éternel, œuvre pourtant seule nécessaire, est totalement absente de l’encyclique du pape François.
Pie XI paraphrase les paroles du Maître en Matthieu 16:26, les adaptant à notre temps : « A quoi servira d’ailleurs aux hommes de gagner tout l’univers par une plus rationnelle exploitation de ses ressources, s’ils viennent à perdre leur âme ?« 
Or la doctrine défendue par le pape François depuis sept ans consiste exactement à proposer l’inverse : il cherche à améliorer l’humanité (le développement intégral) -avec des thèses ultra-gauchistes d’ailleurs très contestables- sans jamais se préoccuper du salut des âmes.

Une nouvelle religion déicide

Il y a encore plus grave, l’attitude œcuménique qui mène les catholiques depuis le concile à partager Dieu avec les autres religions, comme si le Seigneur était une donnée à géométrie variable.
Elle est très grave car elle mène à la négation explicite de la divinité de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Tout pape digne de ce nom doit rappeler que Dieu est Trinitaire, Père Fils et Saint-Esprit, et que selon le Premier commandement il n’y a qu’un seul Dieu. Par conséquent il ne peut y avoir d’autre Dieu en dehors de la Sainte Trinité qui est, rappelons-le, indivisible : 1 seul Dieu en 3 Personnes ; doctrine admirablement résumée par saint Paul : « Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu » (Ephésiens 4:5).

Ainsi, quand dans Fratelli tutti le pape François titre un chapitre Les religions au service de la fraternité dans le monde et qu’il commence par la locution Nous, croyants (point 272), il commet volontairement à la fois :
un mensonge par omission -car il doit rappeler que la foi en Dieu ne peut se situer qu’envers la Sainte Trinité, afin d’éviter toute confusion,
un acte délibéré de négation de la divinité de Jésus-Christ, car on ne peut pas inclure dans les croyants ceux qui ouvertement ne reconnaissent pas la divinité du Christ,
– et donc un acte explicite de déicide, qui correspond exactement à l’avertissement de saint Jean :
« Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils, n’a pas non plus le Père; celui qui confesse le Fils, a aussi le Père. » (1 Jean 2:22)

Cet acte de déicide est explicite puisqu’au point 274, François précise que : « nous savons, nous croyants des religions, que rendre Dieu présent est un bien pour nos sociétés« . Ceci est bien une négation de la divinité du Christ, puisqu’il inclut les religions non chrétiennes dans son éventail de religions, et déclare, sans sous-entendu, que celles-ci peuvent aussi rendre Dieu présent, ce qui est impossible puisqu’elles ne s’adressent pas à Dieu : si elles nient le Fils, elles nient le Père nous a rappelé saint Jean.

Si François renie le Dieu Trinitaire, c’est parce que il en vénère un autre, révélant ainsi sa qualité d’Antéchrist tel que décrit par saint Jean ci-dessus, ainsi que dans le chapitre 13 de l’Apocalypse du même auteur.
Et ce « dieu » il est facile à reconnaître, c’est celui commun à tous ceux qui nient le Christ, et qui utilise la divinisation de l’homme pour masquer sa présence. Dans la théologie de l’humanité qu’écrit François, cette doctrine s’explique pleinement, il commence d’ailleurs son chapitre par ça : Les différentes religions, par leur valorisation de chaque personne humaine comme créature appelée à être fils et fille de Dieu, offrent une contribution précieuse à la construction de la fraternité et pour la défense de la justice dans la société (point 271). Ici leur théologie est limpide : dans un système où la pierre angulaire est la dignité de la personne humaine, alors chaque religion a sa place, parce qu’elles tendent toutes vers le même but : faire de chaque être humain un fils ou une fille de Satan, car il est le seul « dieu » universel en dehors du Christ.
Quant à la deuxième partie de sa phrase, nous citerons à nouveau Pie XI, toujours dans la même encyclique (parce que les papes répétaient toujours la même doctrine immuable enseignée par le Christ en personne) : « Seule la charité du Christ peut soumettre, avec force et suavité, les volontés et les cœurs aux lois de la justice et de l’équité. » Et pan ! à nouveau sur François car l’incompatibilité des doctrines saute immédiatement aux yeux.

On reconnaît bien ici l’imitation du démon, qui veut lui aussi rassembler les hommes de façon universelle. Pour le démon, toutes les religions sont compatibles à partir du moment où elles ne se tournent plus vers Dieu (le seul, l’unique, le Dieu Trinitaire). Pour les chrétiens c’est l’inverse, seule la religion du Christ a droit d’existence, car seul ce dernier conduit à la vie éternelle.

Religion de l’humanité = religion universelle

Allons maintenant plus loin dans l’analyse. Cette théologie qu’écrit le pape François est le fruit d’un long processus de transformation qui prend sa source, on l’a vu, dans l’humanisme, la religion des droits de l’homme.
Celle-ci remonte à 1948 lorsque l’ONU, donc le monde, l’adopte et l’impose à l’humanité.
Dans sa version politique, civile pourrait-on dire, cette religion n’est donc pas nouvelle, et elle est bien universelle.
Et dans sa version religieuse, elle remonte… au concile Vatican II :

« Cette Déclaration [des droits de l’homme] reconnaît solennellement à tous les hommes, sans exception, leur dignité de personne. (…) Puisse-t-il arriver bientôt le moment où cette Organisation [l’ONU] garantira efficacement les droits qui dérivent directement de notre dignité naturelle et qui, pour cette raison, sont universels, inviolables et inaliénables. » Jean XXIII, encyclique Pacem in terris, 11 avril 1963.
Donc dès Jean XXIII et le concile la nouvelle ligne est tracée : le fondement de l’Eglise ne se situe plus dans l’Evangile mais dans les droits de l’homme, et la nouvelle mission de l’Eglise est d’agir afin que ces droits soient appliqués dans le monde entier, car ils sont les garants du nouveau statut de l’être humain dans ce contexte : la dignité de la personne humaine. De la dignité de la personne humaine découle le nouvel évangile, le nouveau Credo et les nouveaux engagements.
Dès le début le ver est dans le fruit et dès Jean XXIII la nouvelle ligne de conduite est donnée.
Jusque là, se basant sur la Révélation divine dont elle est à la fois le garant et le porte-parole, l’Eglise enseignait -et agissait- pour que le but de l’homme sur terre soit de (re)connaître et rendre grâce à la Sainte Trinité (son Dieu unique, Créateur et Sauveur), et parvienne à la vie éternelle via cette reconnaissance et les grâces qui y sont liées, prodiguées par la prière et les sacrements. A un être constitué d’un corps et d’une âme, l’Eglise privilégiait la vie de l’âme et même la vie de l’âme unie à Dieu, ou vie surnaturelle.
A partir du concile et jusqu’à maintenant, l’Eglise se base sur la Déclaration des droits de l’homme et enseigne -et agit- pour que le but de l’homme sur terre soit la reconnaissance de sa dignité et des droits qui en découlent. Entre le corps (la vie humaine) et l’âme (la vie éternelle) elle privilégie la vie humaine, celle de l’âme devient secondaire, voir sans intérêt. Et la référence à Dieu glisse vers la référence à l’homme.
S’ensuit une nouvelle doctrine et une nouvelle théologie, celle de l’homme divinisé, de l’homme-dieu, nouvelle religion universelle, pouvant être appelée aussi religion de l’humanité. L’humanisme absolu, dont Fratelli tutti, on vient de le voir, est une démonstration frappante.

La voilà la religion universelle prophétisée par les ennemis du Christ, souhaitée par la judéo-maçonnerie, crainte et annoncée par les résistants au Nouvel Ordre Mondial. Elle existe à l’échelle mondiale depuis 1948, elle n’est pas à mettre au futur mais au présent, depuis bien longtemps ! Ceci explique l’acharnement des francs-maçons et assimilés à la placer au-dessus des religions ; la laïcité, les Républiques laïques ne sont que des moyens de mise en application de la religion universelle des droits de l’homme et c’est pourquoi elle prétend se placer au-dessus des religions, et leur demande de s’incliner devant elle. A ce propos, la laïcité à la française est un chef d’œuvre d’application concrète de la religion universelle puisqu’elle relègue dans la sphère privée les autres religions afin d’occuper seule le terrain dans le domaine public, universel et institutionnel, et elle demande à ces autres religions de reconnaître sa supériorité sur elles.
D’où aujourd’hui la surenchère pratiquée par les tenants de la laïcité ; par exemple, elle revendique le droit au blasphème, c’est à dire d’insulter les autres religions. C’est de l’intimidation vis à vis de celles-ci : j’ai le droit de vous insulter, sachant que la réciproque n’est pas vraie, et -complexe de supériorité oblige- vous ne pouvez vous y opposer.
En d’autres termes, la laïcité à la française ne concède aux autres religions le droit d’exister que si elles reconnaissent son statut de religion publique et universelle, admettent son droit de préséance sur elles, et acceptent, elles, de se limiter à la sphère privée. Alors que, on l’aura remarqué, la religion laïque des droits de l’homme est la seule à régner dans les deux sphères, publique et privée.
Par conséquent la religion des droits de l’homme, ou de l’humanité, ou de l’humanisme, ou de l’homme déifié, est bien la seule qui se revendique aujourd’hui entièrement universelle, commune à tous les hommes, toutes les nations, toutes les religions qui doivent la reconnaître comme supérieure à elles-mêmes, car c’est elle qui désormais transcende l’humanité. La franc-maçonnerie en a écrit les lois civiles et sociales, la laïcité l’a mise en œuvre, le Vatican à partir du concile en a écrit la théologie. La théologie de l’homme fait dieu.
C’est remarquable.
Et le plus remarquable est que beaucoup en parlent encore au futur : la religion universelle arrive, lit-on régulièrement même en 2020, alors qu’elle existe depuis 70 ans !

Le péché change de camp et de statut

Un dernier mot sur cette religion universelle de l’humanisme et sa théologie écrite par François, dont nous n’avons étudié ici que quelques aspects.
C’est la transformation de la notion de péché. Ce dernier n’est plus une transgression de la loi divine et de la loi naturelle (elle aussi intrinsèquement d’origine divine), il devient la transgression des lois humaines et donc il prend une valeur à géométrie variable selon ces mêmes lois. En filigrane, il suit une nouvelle définition de la morale tirée elle aussi, non plus des lois de Dieu mais des lois des hommes.
Ce qui pose un problème majeur car le péché mène en enfer, en privant l’homme, même baptisé et croyant (dans le Dieu Trinitaire), de la grâce.
Or tout le monde aura remarqué la discrétion grandissante de la Rome conciliaire sur le péché, et sa tendance, non pas à le nier formellement, mais à le minimiser, le négliger, voire l’occulter.

François a inauguré une nouvelle démarche : inciter au péché ! Et même au péché grave. Il fallait le faire. Prenons un exemple récent.
Dans un documentaire présenté le 21 octobre 2020 à Rome, le pape a défendu l’union civile pour les homosexuels. Il a dit exactement, et depuis, le Vatican a confirmé ses propos :
« Les personnes homosexuelles ont le droit à une famille (…) ce que nous devons faire est une loi de cohabitation civile. »

Sur ce sujet, j’ai extrait du catéchisme publié sur le site officiel du Vatican (!), les passages suivants :
« La Tradition a toujours déclaré que  » les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés  » (CDF, décl.  » Persona humana  ». Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas. »

Par conséquent, le « pape » François :
1) ne dénonce plus un péché grave qui conduit en enfer, alors que le rôle du chef des catholiques est de mener les hommes au paradis,
2) présente une situation de péché flagrante comme normale, puisqu’il appelle à la légaliser sans dénoncer le désordre qui en résulte, pourtant clairement exprimé par son propre catéchisme (voir la citation précédente, plus le point 1865 : « Le péché crée un entraînement au péché ; il engendre le vice par la répétition des mêmes actes. Il en résulte des inclinations perverses qui obscurcissent la conscience et corrompent l’appréciation concrète du bien et du mal. »)
3) encourage les gens à vivre dans le péché, ou à adopter une vie basée sur un péché grave, puisque l’appel à sa légalisation implique un accord tacite sur cette façon de vivre.

Donc, le « pape » François :
– relativise le péché et même le nie, ou plus exactement l’ignore
– légalise le péché
– incite au péché
Pourtant le Christ est venu sur terre « pour sauver son peuple de ses péchés » (Matthieu 1:21) ; n’est-ce pas là la mission première de son Eglise et de son chef, appelé Vicaire du Christ pour cette raison ?

Mais si le chef de l’Eglise catholique prend position publiquement pour le péché, accomplissant la prophétie d’Isaïe « malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal » au lieu de remplir sa mission de salut des âmes, sachant que cette prise de position entraîne et conduit les âmes en enfer puisque le péché grave commis est ignoré et même encouragé, n’accomplit-il pas ici précisément la mission de la bête, de l’Antéchrist ?

Conclusion

On le sent de plus en plus : Rome prend une direction qui s’écarte trop du catholicisme classique -en vigueur jusqu’à aujourd’hui- pour qu’on ne puisse la voir. Même le catholique moyen, balloté entre sa piété envers le Christ et l’humanisme bon teint qu’a adopté l’Eglise depuis le concile, devrait se rendre compte, s’il faisait l’effort de lire les encycliques du pape et d’écouter ses discours, du décalage entre sa nouvelle théologie -et donc cette nouvelle Eglise- et celle qui existait depuis toujours.
Bien sûr que les réformes voulues par le concile et qui lui furent consécutives, qu’elles soient doctrinaires, liturgiques ou pastorales, ont largement émoussé la défense naturelle que constituait jusqu’à maintenant la dévotion envers Jésus-Christ et la fidélité à cette fameuse morale dont ont voulu se libérer les dernières générations.
Mais enfin, même eux devraient se rendre compte que Jésus-Christ est totalement absent de la théologie actuelle de la Rome conciliaire et de son pape, qu’il n’est plus qu’un aimable inspirateur auquel on fait de temps en temps référence, au même titre que beaucoup d’autres, même païens !
Si l’Eglise en est là, cela veut dire que les promoteurs de ce projet, de cette religion universelle et de son support théologique, assuré par François, sont parvenus à leurs fins car le but final de l’entreprise, était bien de prendre dans leurs filets les seuls adeptes de la religion qui n’y étaient pas encore : les catholiques romains, à transformer en libres-penseurs déistes selon les propres termes d’Albert Pike. C’est chose faite, du moins pour une bonne partie de la plus haute hiérarchie.

Dans ce décor subsiste un élément qui fait tâche d’encre, qui ne colle pas avec le discours ni son esprit: la messe. Car la messe, même sous sa forme ordinaire, même dénaturée, est peut-être le dernier lieu, le dernier office, à vénérer ostensiblement Jésus-Christ comme Dieu, malgré leurs efforts pour le diluer dans l’humanisme ambiant. En tous cas, la messe telle qu’elle existe encore -et je rappelle qu’elle constitue l’office principal des catholiques- n’est pas compatible avec cette nouvelle théologie, qui voit Dieu partout, dans toutes les religions, justement parce qu’elle ne lui donne pas son vrai nom : Jésus-Christ. Sauf à la messe.
C’est une incongruité. Une incompatibilité avec la nouvelle théologie du Vatican. En toute logique, elle aurait déjà dû être réformée, adaptée au goût du jour, assaisonnée d’œcuménisme comme tout le reste, pour qu’elle soit compatible avec leur nouveau Dieu, universel et non Trinitaire.
Alors, la nouvelle religion aura terminé la mutation de l’Eglise, on pourrait même dire sa mue ; il ne s’agit pas d’une disparition en tant que telle, mais d’une transformation. Elle n’a même pas besoin de changer de nom, parce que sa requalification en religion de l’humanité constituera de facto la disparition de l’original, et pour cela il reste une dernière phase, un dernier morceau -le plus gros, le plus décisif- : la transformation de la messe avec la suppression de la Présence Réelle.
L’annonce de cette intention, de cette volonté, constituera pour moi le basculement définitif, puisque tout le dispositif est déjà prêt, et mis à part la présence de Benoît XVI, je ne vois pas d’autre obstacle à ce qu’ils l’enclenchent.

Les catholiques sincères et fidèles au Christ et à sa sainte Mère seront alors confrontés à un dilemme épouvantable et en apparence insoluble. Mais c’est alors que la puissance divine se manifestera et détruira la bête et ses séides.

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1 508 Commentaires

  1. Astrojournal

    Selon Alliance 2020, message de la Maison Blanche officiel : TRUMP n’est plus président des EU.
    Donald TRUMP s’adressera au pays ce soir à 21h15.
    L’on se sait, à cet instant, s’il a démissionné, auquel cas PENCE deviendra de facto président, où s’il passe le relai à l’armée.

  2. Louvet

    Excellent article ! Oui cela m’aide à ouvrir les yeux sur ce qui se trame depuis si longtemps.
    Que le règne de Jésus arrive !
    Jésus a dit à ste Faustine :  » après le temps de ma Miséricorde , arrivera le temps de ma Justice. »

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