Le processus du péché

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Le Royaume de Dieu se mérite : il ne suffit pas crier « Seigneur, Seigneur ! » pour être sauvé, encore faut-il respecter et appliquer ses lois et son enseignement. « Beaucoup sont appelés mais peu sont élus » nous rappelait Notre-Seigneur dans l’évangile de dimanche dernier, à la Septuagésime.

La Septuagésime au fait, c’est 70 jours avant Quasimodo, le dimanche dans l’octave de Pâques, rebaptisé par Jean-Paul II en dimanche de la Miséricorde, et qui tombe le… 27 avril. Eh oui, le 16 février dernier, nous entamions la dernière ligne droite, les 70 jours avant la fin de la Miséricorde et le début de la Justice de Dieu.

Le 16 février, une date pas si anodine

Il paraît que la Sainte Vierge aurait indiqué 3 dates à un certain Martin Tourneur en janvier 1902, le 16 février, le 24 mai et le 8 septembre, sans préciser les années ni ce qui se passerait ces jours-là.

Je note que le 16 février 2014 commencent les 70 derniers jours, et que cette date coïncide également avec la réunion des cardinaux à Rome pour 15 jours (que vont-ils décider en réalité ?) ainsi qu’à une mystérieuse combustion d’une statue du Christ dans l’église Sainte-Marie du Boulou.
Code postal du Boulou : 66160, curieux n’est-ce pas ce 666 qui nous suit partout.

Le 24 mai n’est pas une date inconnue : elle est également cité par Marie-Julie Jahenny, comme celle à laquelle il faudra quitter Paris, en proie à la guerre civile. C’est aussi la fête de Marie Auxiliatrice, très liée à saint Jean Bosco, un saint qui se distingue justement par un certain nombre de prophéties et de visions liées à la fin des temps.

Enfin, le 8 septembre, nous fêterons la Nativité de la Vierge Marie.

Bon, donc sans y apporter plus d’importance qu’il ne le faut, car ces visions n’ont pas été reconnues par l’Eglise et certaines concernaient la première guerre mondiale, restons vigilants et surveillons ces dates.

Mais revenons au sujet qui nous intéresse.

Le péché, c’est une transgression de la loi de Dieu. Celle-ci est facile à connaître : pour faire simple, elle est résumée dans les 10 commandements, et les 7 péchés capitaux sont l’exact inverse de nos vertus chrétiennes. Enfin Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même nous a enseigné que « Le premier commandement est : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toutes tes forces, de toute ton âme et de tout ton esprit ; et le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Pour contrer l’attrait du mal en nous, Dieu nous a donné plusieurs remèdes dont les premiers sont la prière et les sacrements (principalement Pénitence et Eucharistie). Il nous a donné aussi comme modèles les vertus théologales (Foi, Espérance et Charité), ainsi que les vertus cardinales (justice, prudence, force et tempérance), et comme moyens les 7 dons du Saint-Esprit : sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte de Dieu.

Je vous invite à découvrir dans le Traité du Saint-Esprit de Mgr Gaume la puissance, la force et la justesse de ces vertus et de ces dons face au péché.

De nombreux conseils nous ont aussi été donnés par les apôtres, et notamment saint Paul dans ses épîtres ; l’une d’entre elles est parfaitement adaptée à notre temps : vivre selon la chair ou vivre selon l’esprit.

Ce n’est pas une explication du péché que je voudrais développer ici, mais plutôt vous faire prendre conscience de notre fragilité humaine face à la tentation et aux difficultés qu’il y a à se relever quand on commence à entrer dans le péché et à s’y habituer.
Car le danger est bien là : il ne s’agit pas de ne plus pécher, car c’est impossible, la nature humaine étant trop faible, mais de savoir quel est le processus de la tentation et comment elle s’insinue insidieusement pour prendre une place de plus en plus importante.

Je m’explique : le grand danger du péché, c’est de s’y habituer en en réduisant intellectuellement la porté et les conséquences ; or plus il prend d’importance, et plus il sera difficile de s’en défaire.
Ainsi, même des personnes bien intentionnées se damnent car elles finissent par rentrer dans cette spirale infernale de l’accoutumance au mal, que l’on finit d’ailleurs par justifier à cause de nos propres faiblesses.

Vous allez mieux comprendre avec ces extraits du livre de Don Jean de Monléon, Le prophète Daniel.
Le commentaire du fameux songe de la statue de Nabuchodonosor est remarquable de limpidité et de perspicacité.monleon-daniel

Rappel : le roi voit en rêve une statue dont la tête est d’un or très pur, sa poitrine et ses bras d’argent, son ventre et ses cuisses d’airain, ses jambes de fer, et ses pieds partie de fer, partie d’argile. Une petite pierre se détache de la montagne, vient heurter les pieds de la statue qui furent alors mis en miettes, et le colosse s’écroula lourdement.

Le but ici n’est pas de disserter sur le sens mystique de ce songe, mais sur son sens spirituel. Voici ce qu’en dit Don Monléon :

« La déchéance progressive de la vie spirituelle est exprimée dans la statue par la valeur décroissante des métaux qui la composent : elle est d’or à son sommet, d’argent, puis d’airain en son milieu, de fer enfin et d’argile à sa base. Cette dégradation, comme aussi la décadence successive des empires qu’elle représente, est une figure de relâchement auquel se laissent aller les justes dans leur conduite et la pratique des bonnes œuvres. Mais voici qu’après le déclin répété des grandes monarchies, un royaume est suscité qui, lui, durera éternellement. Ainsi, il arrive souvent qu’après de nombreuses chutes, l’esprit de l’homme, aiguillonné soudain par une divine inspiration, revient au droit chemin. A la fois instruit et humilié par sa faute même, il se relève d’autant plus fort maintenant, qu’il aura appris à se connaître et à se mépriser. »

« Elle nous apprend, cette statue, par sa constitution même, elle dont la tête est d’or et dont les pieds sont de boue, à quelle fin misérable aboutissent trop souvent des existences qui ont commencé par de nobles aspirations et une authentique charité. Elle nous enseigne ainsi l’humilité et la prudence, elle nous apprend combien nous devons nous méfier de nous-mêmes.

Avec quelle facilité en effet chez nous l’or se change en argent, l’argent en bronze, le bronze en fer, et le fer se mélange à la boue !
Que de fois nous voyons des hommes qui, au début de leur conversion vivent tout à la joie de l’espérance, et dans la ferveur de l’esprit. Ils aiment la lecture, sont patients dans l’épreuve, zélés dans leur travail, empressés à l’oraison. Qu’est-ce que là, sinon travailler dans l’or, et débuter par la charité ?

Malheureusement beaucoup de ceux-là ne croient que pour un temps, et s’éloignent quand vient la tentation. Ils ne tombent pas tout de suite au plus bas ; ils déclinent peu à peu, ils descendent du bien vers le moins bien, du moins bien dans le mal, du mal dans le pire.
Ils n’abandonnent pas du premier coup ce qu’ils avaient entrepris, ils font encore le bien qu’ils peuvent. Leur charité s’étant refroidie, ils le font au moins de volonté délibérée.

A la tête d’or, à la pureté du dessein initial, ont succédé une poitrine et des bras, c’est à dire l’exécution matérielle des œuvres entreprises. Mais l’or, mais la charité a disparu. Cependant, elle a fait place à l’argent, qui est encore un métal précieux et qui, lorsqu’on le frappe, rend un son doux. Parce que les œuvres de notre homme ont encore du prix devant Dieu, bien qu’elles soient loin d’égaler la valeur de l’or antérieur ; et que lui-même demeure doux et patient, quand il se heurte à la difficulté.
Mais il glisse sur une pente dangereuse.
Et c’est à lui que s’adresse ce reproche de l’Apocalypse : « j’ai contre toi que tu as délaissé ta charité première ».

S’il ne fait pas pénitence, s’il ne cherche pas à retrouver ses dispositions au début, Dieu l’informe qu’il viendra à lui, et qu’il changera son candélabre de place, c’est à dire qu’il le laissera descendre encore plus bas. Le candélabre change de place quand l’intention qui illumine nos œuvres et leur donne leur éclat, change d’objet. Ce que l’homme faisait pas esprit de devoir et pour respecter la justice, il le fera peu à peu par vanité, pour provoquer autour de lui l’estime et l’admiration.
Il deviendra plus volontaire et plus dur : son éloquence gagnera peut-être en puissance, elle mugira avec fracas, mais elle aura perdu la sonorité douce de l’argent. Elle sortira, non plus du cœur, mais du ventre, enfantée par des préoccupations sensuelles ou vulgaires.

Et si l’homme continue à suivre la même pente, l’airain se transformera en fer. Il perdra toute musicalité, toute capacité de vibrer, il ne sera plus qu’un métal rigide et froid, apte seulement à faire des instruments qui tranchent et qui blessent. Le fer dompte toute chose, il brise et réduit tout en poudre : parce qu’il n’y a plus dans l’âme descendue à ce degré qu’un inflexible esprit de domination. Elle n’écoute désormais ni la voix de l’amitié, ni celle de la prudence, ni celle de la nature : il faut que tout cède devant son bon plaisir. Incapable de discuter, de composer, de chercher des arrangements et de faire de concessions, elle ne pense qu’à pulvériser tout ce qui lui résiste.

 Et cependant ce fer ne tardera pas à se mélanger à l’argile : parce que cette rigueur intransigeante ira de pair bientôt avec une impatience, une instabilité, une faiblesse de caractère, une impuissance à supporter la moindre contrariété, qui feront de cette âme une étonnante mixture, où voisineront la dureté et la mollesse, l’entêtement et l’irrésolution, l’arrogance et la pusillanimité.

 Tel est donc le terme où aboutissent trop souvent des existences qui avaient commencé dans un bel élan de noblesse et de générosité. Cependant, même quand l’âme est ainsi tombée au plus bas, il ne faut pas désespérer de la miséricorde de Dieu.
Il est toujours possible qu’une petite pierre, se détachant de la montagne, vienne abattre tout l’édifice antérieur ; que la grâce surabonde là où avait abondé l’iniquité ; et qu’une touche de la bonté divine, révélant soudain au pécheur sa misère, sa sottise, son néant, le provoque à un repentir sincère.

C’est là le symbolisme de la petite pierre qui se détache de la montagne, sans le secours d’aucune main d’homme, parce que c’est une grâce absolument gratuite, que l’homme est bien incapable de mériter. Elle anéantit les royaumes précédents et elle établit, à leur place, un règne nouveau qui, lui, durera éternellement, le règne de la charité ; car cette vertu, nous dit saint Paul, ne meurt jamais. »

Je ne sais pas pour vous mais moi, je me suis reconnu dans ce portrait. Combien de fois suis-je passé de l’or à l’argent, de l’argent au bronze et du bronze au fer ? Et quelquefois ça va très vite…

Ce texte fut pour moi une prise de conscience et souvent, je me pose la question : ne suis-je pas là en train de glisser vers l’argent, voire pire ? Alors, j’invite chacun à réagir pour conserver dans toutes ses actions la valeur de l’or et si vous vous sentez glisser, effectuez vite un prompt rétablissement avant de tomber trop bas.

Car ce que ne dit pas Don Monléon, c’est qu’une fois habitué au vice, quel qu’il soit, il est très difficile, mais vraiment très difficile de s’en défaire. Et la petite pierre, on peut aussi la rejeter d’un coup de pied. Combien de fois avons-nous refusé la grâce qui s’offrait à nous ?

Nous devons tous avoir le courage de faire notre propre examen de conscience, avec lucidité et honnêteté. Combien de gens se mentent à eux-mêmes et vivent dans le déni de réalité ?
Quand vous vous présenterez à Dieu, il sera inutile de pointer du doigt sur les autres et de les désigner à votre place : c’est vous qui serez jugé, selon vos pensées, vos paroles et vos œuvres.

Alors travaillez d’abord vos vertus avant de dénoncer les défauts des autres, et prenez ce schéma comme modèle : on passe vite de l’or à l’argent, de l’argent au bronze, du bronze au fer, du fer à l’argile, et posez-vous la question le plus souvent possible : à quel stade suis-je ?

Et puis, méfiez-vous ! Ne vous croyez pas trop fort. C’est le tentateur qui est fort, pas nous. L’orgueil, c’est ce qui nous aveugle le plus. Le meilleur chemin vers la grâce, c’est l’humilité.

C’est pourquoi l’image qui illustre cet article nous invite à réclamer de tout notre cœur Veni Sancte Spiritus (Viens Esprit-Saint), car nous en avons tous grand besoin.

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417 Commentaires

  1. F-L

    Bonsoir,
    @Karim
    Vous pouvez contacter à Bruxelles La fraternité St Pierre et St Pie X, vous trouverez leurs coordonnées sur le web.
    Les messes sont dites tous les dimanches et ils font aussi des cours de catéchisme.

    Bien à vous et Que vous bénisse

  2. Yato

    « La Russie a pris le risque d’une escalade dangereuse en Ukraine » déclare Hollande au CRIF. Qu’est-ce que Hollande fout dans cette institution communautariste, c’est une première question… Bien naïve, il faut en convenir. Qu’est-ce que le CRIF a à voir avec la politique internationale de la France ? Question encore plus naïve. Y’en a marre de cet esclavage… J’insiste…

  3. azder

    bientôt la terre nouvelle, rien ne restera sur terre qu’on puisse se souvenir , que la volonté de DIEU et son plan en soit ainsi chaque jour passe et on se rapproche de l’avertissement ,il est temps de changer et de prendre ses avertissements aux sérieux nous devons tous avoir le courage de faire notre propre examen de conscience, avec lucidité et honnêteté. Combien de gens se mentent à eux-mêmes et vivent dans le déni de réalité ? le péché
    Quand vous vous présenterez à la face de Dieu, il sera trop tard inutile de pointer du doigt la société ou les autres et de les désigner comme responsable: c’est vous qui serez jugé, selon vos pensées, vos paroles et vos œuvres et aucun avocat ne viendra vous défendre ,vous serez devant vos péchés et les témoins seront vos anges,il reste peu de temps alors il est temps de changer et de prendre de bonnes résolutions pour un avenir éternel ,que DIEU VOUS GUIDE.

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