Pour bien commencer la Semaine Sainte

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Afin de bien commencer la Semaine Sainte, je vous propose de quitter quelques instants notre monde déprimant pour nous concentrer sur, finalement, ce qui est l’essentiel : notre Créateur.

Pour cela, j’ai choisi ces merveilleuses paroles que sont celles du début de la Préface. Pour ceux qui l’ignorent, la Préface est le texte lu ou chanté par le prêtre en conclusion de l’offertoire, juste avant le Sanctus, en prélude au Canon de la messe.
Le texte de la Préface change régulièrement selon la période ou la fête, mais certaines parties du texte sont communes à toutes les préfaces, notamment la première phrase.

La voici :
« Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et notre salut, de vous rendre grâce toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant. »

Soupesez chaque mot, chaque morceau de phrase, tous développent des notions extraordinairement puissantes.
Est-ce que nous nous rendons bien compte de l’importance des paroles que nous prononçons ainsi ?
Est-ce que nous avons conscience des notions extrêmement fortes que nous exprimons en quelques mots ?
Est-ce que nous faisons l’effort de nous y arrêter quelques instants et d’y réfléchir ?
Réfléchir au sens des mots et des phrases, voilà un exercice que nous avons oublié. Et pourtant…

« Il est vraiment juste et nécessaire »
Dès le début, ces trois mots donnent le ton : vraiment, c’est-à-dire important, « il faut » en quelque sorte… il faut quoi ? Il faut considérer comme juste, c’est-à-dire exact, rigoureux, correct ; ce n’est pas un petit mot mais une notion forte.
Et nécessaire ; avons-vous conscience de ce que nous disons ? Quelque chose de nécessaire, c’est quelque chose d’indispensable, qui doit être fait pour notre bien, et au-delà pour la survie de l’espèce, ou du moins sa survie en harmonie avec son environnement, tant matériel que spirituel. Dans nécessaire, il y a la notion de devoir.

C’est justement ce que qu’expliquent les deux mots suivants ; ils viennent appuyer, renchérir et expliquer les deux précédents : pourquoi est-ce juste et nécessaire ? Parce que « c’est notre devoir et notre salut ».
Notre devoir : nous devons donc le faire, et cela renvoie à nécessaire (pour notre survie de façon harmonieuse), et ce devoir juste et nécessaire, quel est son but ?
Notre salut, c’est-à-dire, pour les catholiques, l’assurance de faire partie des justes qui seront au Ciel auprès de Dieu après leur mort. La notion de salut est intimement liée à la rectitude de notre vie sur terre : ce salut, il faut le gagner par notre comportement pendant la vie humaine, car l’Eglise nous enseigne qu’après la mort, il y a deux possibilités, et seulement deux : la damnation éternelle, en enfer, ou rejoindre Jésus au Paradis, souvent via une période probatoire d’expiation et de réparation au Purgatoire. L’enjeu est donc de taille, notre devoir est de gagner le salut éternel. N’oublions pas qu’il n’y a pas de période de « rattrapage » : on n’a qu’une vie. Et celle-ci peut être courte, car Jésus nous l’a bien dit « Tenez-vous prêts car vous ne saurez ni le jour ni l’heure » (de notre mort). L’Eglise nous rappelle donc ici que gagner son salut est un travail constant, permanent et important, pour ne pas dire primordial.

Mais ce qui est génial, et extraordinaire, c’est que la fin de la phrase nous dit comment faire pour gagner ce salut : « en vous rendant grâce toujours et partout ».
Rendre grâce, c’est placer Dieu, et donc la religion et ses enseignements, au centre de sa vie, comme principal point d’intérêt, comme unique point d’achoppement. Je réfléchis, je parle et j’agis en chrétien respectueux des commandements de Dieu et de l’enseignement de l’Eglise. En permanence (toujours) et dans tout ce que je fais (partout). Si je me comporte ainsi, j’aurai le salut.
Rendre grâce, c’est privilégier Dieu, c’est accomplir le premier des commandements : « Dieu premier servi ». C’est pourquoi d’ailleurs l’homme pèche exactement de la même manière. Dans le « je confesse à Dieu » du début de la messe, on regrette bien d’avoir péché « en pensées, en paroles et en actions », rappelant que l’homme peut aussi penser, parler et agir contre la loi de Dieu, l’ordre n’étant par fortuit : il va du moins grave au plus grave. Je peux penser une mauvaise chose mais ne pas la propager par la parole et encore moins la réaliser par une action.
Rendre grâce à Dieu, c’est évidemment, du coup, penser, vivre et se comporter en chrétien. Sous-entendu, en cherchant à ne pas nuire à mes semblables, à mon environnement, à moi-même, et à faire bénéficier les autres du meilleur de moi-même. Cela équivaut à une hygiène de vie et de pensée qui échappe totalement au monde qui nous environne aujourd’hui.

Enfin, la dernière partie de la phrase nous rappelle à qui, ou vers qui, nous devons rendre grâce. Elle nous rappelle ce qu’est Dieu : un père, saint, éternel et tout puissant. Là encore, il y a quatre notions fortes qui méritent d’être développées.
Le « père » regroupe les notions de géniteur (il nous a créé, nous sommes ses enfants), de tendresse (l’amour du père pour ses enfants), de force (la force physique masculine, mais aussi, et souvent, intellectuelle) et d’autorité (le père dirige la famille), je dirai même d’autorité bienveillante (il dirige et prend des décisions dans notre bien ; le monde financier a même conservé une expression qui parle d’elle-même et qui a encore cours : « la gestion en bon père de famille »).
Il est évidemment Saint, sans péché, sans fautes, c’est un être parfait, et donc digne de notre adoration.
Enfin, les deux dernières notions, qui sont d’ailleurs très souvent rappelées dans les formulations liées à Dieu, à toutes fins utiles, pour que nous ne nous égarions pas : il est éternel et tout puissant. Ces deux caractéristiques nous ramènent à notre misérable condition humaine et nous aident à ravaler notre orgueil : contrairement à l’homme, Dieu n’a ni début ni fin, et surtout il est le maître absolu de toutes choses, visibles et invisibles. Il est tout puissant ! Et s’il est tout puissant, on a plutôt intérêt à lui obéir. Nous rejoignons ainsi la plupart des croyances humaines en ce qui concerna la divinité –ou les divinités- : pas de Dieu sans crainte de Dieu, pas de Dieu sans toute puissance de celui-ci, redoutable et redoutée.

Que ceux qui fréquentent aujourd’hui les églises sans aucun signe de déférence ni d’adoration, que sont la génuflexion et une attitude de respect par le comportement (s’agenouiller, s’incliner, se recueillir, s’abstenir de parler, etc…), méditent ces paroles.

Ayez toujours à l’esprit que celui-ci est notre Père, certes, mais aussi Saint, éternel et Tout-puissant. On ne s’adresse pas à quelqu’un de tout puissant comme à un pote. Imaginez-vous, simple citoyen, présenté au Président de la République : vous n’allez pas lui taper dans le dos ou lui donner l’accolade. Vous serez fier de cet honneur et vous le saluerez respectueusement comme il sied à un personnage de ce rang (sauf, peut-être, Flamby). Eh bien dites-vous que rencontrer Dieu, ou s’adresser à Dieu, c’est le président de la République puissance 100 000.

Bonne Semaine Sainte à tous et profitez-en pour faire « vos pâques » (vous confesser et aller à la messe de la Résurrection).

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9 Commentaires

  1. michel

    Bonsoir,
    Assurément Notre Père nous veut auprès de Lui pour partager son Amour.
    Dans l’Encyclique  » Deus Caritas Est » de notre Pape Benoît XVI, un très bel extrait nous en donne l’image:

     » Amour de Dieu et amour du prochain

    16. Après avoir réfléchi sur l’essence de l’amour et sur sa signification dans la foi biblique, une double question concernant notre comportement subsiste : Est-il vraiment possible d’aimer Dieu alors qu’on ne le voit pas ? Et puis: l’amour peut-il se commander ? Au double commandement de l’amour, on peut répliquer par une double objection, qui résonne dans ces questions. Dieu, nul ne l’a jamais vu – comment pourrions-nous l’aimer ? Et, d’autre part : l’amour ne peut pas se commander; c’est en définitive un sentiment qui peut être ou ne pas être, mais qui ne peut pas être créé par la volonté. L’Écriture semble confirmer la première objection quand elle dit: « Si quelqu’un dit: « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas» (1 Jn 4, 20). Mais ce texte n’exclut absolument pas l’amour de Dieu comme quelque chose d’impossible; au contraire, dans le contexte global de la Première Lettre de Jean, qui vient d’être citée, cet amour est explicitement requis. C’est le lien inséparable entre amour de Dieu et amour du prochain qui est souligné. Tous les deux s’appellent si étroitement que l’affirmation de l’amour de Dieu devient un mensonge si l’homme se ferme à son prochain ou plus encore s’il le hait. On doit plutôt interpréter le verset johannique dans le sens où aimer son prochain est aussi une route pour rencontrer Dieu, et où fermer les yeux sur son prochain rend aveugle aussi devant Dieu. »

  2. Monique Duperrier

    Je crois en Dieu ,malgré que j’ai té une rebelle a son égard ,Je ne peux pas accepter l’injustice de notre Monde ,ma grand-mère guérissait les maladie de la peau avec ses prières ,j’avais été imprégné de sa foi ,arrivé à l’âge adulte ,voyant ces injustices ,j ne comprenais pas ,et puis avec des évènements qui me sont arrivés ,Je sais que Dieu existe ,tous les tourments ,les humiliations ,les échecs que je subis ,je me dis qu’il me fais passer toutes ces épreuves ,pour connaître mes réactions ,,en 2003 bouclier humain j’ai vu des horreurs ,je me pose très souvent ces questions ,pourquoi ces injustices des génocides de peuples que nous validons ,des famines alors que nous jetons des tonnes de nourritures ,ce sont des Sacrilèges
    Je ne peux plus regarder un reportage sur l’Irak ,la Palestine ,ext nous ne voulons pas voir la réalité ,Dieu nous montre ,nous avons perdu la foi en Dieu ,pourtant il est le seul qui pourra remettre la pendule à l’heure ,notre Planète est polluée ,des tonnes de poissons morts ,des oiseaux ,des forêts qui nous donnaient l’oxygène qui chassaient la pollution ,nous laissons fabriquer des Armes terrifiantes laissons mourir les enfants dans des douleurs atroce ,Je crois à notre Père Céleste ,plus aux Hommes d’église ,même au Pape ,si ils étaient sincère avec leur foi ,ils auraient refusés de voyager en cage blindée
    Je prie beaucoup pour que Jésus revienne juger les Vivants et les Morts ,car notre âme vit après notre Mort ,les Francs-Maçons s’en servent pour le MAL

  3. el vago

    Vous parlez de « point d’achoppement », quand il s’agit de rendre grâce à Dieu, je ne suis pas d’accord avec l’utilisation que vous faites de ce terme. Je pense comprendre d’ou vient l’erreur que vous faites, en effet si la pierre angulaire est aussi la pierre d’achoppement, ces deux termes sont en réalité contradictoires, l’un a une connotation plutôt positive, connotation positive pour ceux qui ont accepté le christ, l’autre a une connotation négative et concerne justement le peuple pour lequel le christ est un scandale, peuple qui vient justement achopper sur ce dernier sans jamais n’y rien comprendre.

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