Vaccins : marque de la bête ou pas ?

J’entends ou je lis depuis plusieurs mois de nombreuses voix s’élever comparant les vaccins anti-Covid à la marque de la bête. Mais sont-ils compétents pour s’avancer sur un sujet aussi délicat ? Seul un spécialiste de l’Apocalypse peut s’aventurer sur ce terrain. C’est donc en professionnel de l’eschatologie, et non pas de la santé, que je vais m’efforcer de répondre à cette question.

Il est d’abord essentiel de souligner qu’identifier la marque de la bête n’est pas anodin : en effet, s’il y a marque de la bête, cela veut dire que la bête existe et qu’elle règne. Autrement dit, que l’Antéchrist -que tous les exégètes associent ou assimilent à tout ou partie de la bête de la mer- est présent et au pouvoir en ce moment même, et non pas en devenir.
Cela veut dire aussi que nous sommes très proches de la fin du monde (ou de CE monde) parce que les bêtes ont une durée de vie déterminée, et parce que leur chute est concomitante de la chute de Babylone (ou fin de CE monde), elle-même suivie du jugement dernier puis du règne du Christ. Ce qui implique la proximité du retour du Christ : « Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin » (extrait du Credo).
Donc parler de la marque de la bête c’est considérer la présence de l’Antéchrist comme sûre, et c’est envisager à plus ou moins brève échéance la Parousie.
Je rappelle aussi qu’il n’y a pas de doute concernant le déroulé du scénario décrit par l’Apocalypse ; la difficulté réside plutôt dans l’identification correcte des événements correspondants aux descriptions imagées ou allégoriques de l’Apocalypse. Un exemple entre cent : un tremblement de terre en langage biblique peut tout à fait désigner un événement comme le concile Vatican II.

Avant de traiter du sujet principal, levons un doute immédiatement : oui nous vivons actuellement l’ère de l’Antéchrist. Je ne puis répéter ici ce qui ferait l’objet d’un livre entier, et que ceux qui me lisent connaissent, je vais le résumer en quelques mots :
L’Antéchrist n’est pas seulement un homme, c’est tout un système décrit dans l’Apocalypse sous l’image de deux bêtes (de la mer et de la terre), un système non seulement antichrétien mais aussi entièrement inversé dans ses principes par rapport à la chrétienté. Il repose sur un matérialisme absolu qui exclut toute nécessité et même toute présence de Dieu, en lui substituant une autre divinité : l’homme. L’homme qui s’est lui-même divinisé en niant les droits de Dieu sur ses créatures (à qui on oppose les droits de l’homme), en modifiant la loi de Dieu (la loi naturelle) selon ses propres désirs grâce à la science toute puissante, et en redéfinissant les vies familiales et sociales basées sur la morale divine (chrétienne), en les basant désormais sur une morale luciférienne (par l’exaltation et la normalisation des 7 péchés capitaux ; une des inversions les plus visibles étant les droits LGBT) qui nous font vivre dans un monde où l’on appelle le mal bien et le bien mal, selon la formule d’Isaïe.
L’ensemble forme l’Antéchrist (système) et l’un des derniers chefs sera l’Antéchrist-personne, que j’ai identifié en la personne du pape François.

Il s’agit donc d’une mutation de civilisation, dont même les intellectuels athées finissent par se rendre compte, qui a commencé en 1789 (point de départ d’une guerre contre Dieu qui s’avèrera mondiale à terme), mais qui est entrée dans sa phase active il y a 150 ans par la chute des Etats pontificaux (1870), car c’est à cette époque qu’entrent en jeu les trois grands outils qui permettront de déifier l’homme : l’essor de la science et de la technique (grâce à l’électricité), l’apparition de systèmes politiques supports du matérialisme (marxisme/communisme et capitalisme/libéralisme, deux têtes d’une même hydre), et l’élaboration d’une doctrine-religion planétaire : les droits de l’homme.
Pour clore ce chapitre, je rappelle que la durée de vie de 42 mois attribuée à la bête est une durée codée qui s’applique à toute la bête, c’est à dire à l’ensemble du système et non seulement à l’Antéchrist-personne, qui n’est que le dernier d’une longue liste.

Cependant, ce n’est pas parce que nous savons que nous vivons actuellement sous le règne de l’Antéchrist qu’il faut en déduire que les vaccins anti-Covid sont la marque de la bête.
Étudions le sujet de plus près.

Marque de la bête : de quoi s’agit-il ?

Voici le texte qui la décrit, ce sont les versets 16 et 17 du chapitre 13 de l’Apocalypse :
« Elle fit qu’à tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, on mit une marque sur la main droite ou sur le front,
et que nul ne pût acheter ou vendre, s’il n’avait pas la marque du nom de la bête ou le nombre de son nom. »

Une version plus ancienne, probablement tirée de la Vulgate, donne un verset 17 légèrement différent :
« et que personne ne puisse acheter ni vendre, que celui qui aura le caractère, ou le nom de la bête ou le nombre de son nom. »
Ce n’est pas très important ; je cite ce second texte pour que l’on sache qu’on peut aussi traduire marque par caractère (dans le texte latin, le mot utilisé est characterem), et pour que l’on note aussi qu’il y a deux ou trois façons d’être marqué par la bête : par la marque en elle-même, mais aussi par son nom ou par son chiffre.

La marque de la bête, pour être convenablement comprise, doit être explicitée par les versets 9, 10 et 11 du chapitre 14 :
« Et un troisième ange les suivit, en disant d’une voix forte:  » Si quelqu’un adore la bête et son image, et en prend la marque sur son front ou sur sa main,
il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, du vin pur versé dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et dans le soufre, sous les yeux des saints anges et de l’Agneau.
Et la fumée de leur supplice s’élèvera aux siècles des siècles, et il n’y aura de repos, ni jour ni nuit, pour ceux qui auront adoré la bête et son image, ni pour quiconque aura reçu la marque de son nom. »

Ainsi donc, on peut en déduire que :
1) La marque de la bête est universelle : tous les hommes, indistinctement, reçoivent cette marque. Or, et c’est important à souligner, l’Apocalypse ne précise pas si les justes (les fameux 144000) ont évité cette marque, ce qui est peut-être sous-entendu, mais pas certain.
2) Il y a deux niveaux d’application de cette marque :
– d’une part elle est située sur la main droite ou sur le front, pour tous les hommes répétons-le ;
– mais d’autre part, le fait de ne pouvoir acheter ni vendre n’est pas uniquement lié à la marque : soit on a la marque, soit on a son nombre. Cela veut dire que ne pouvoir acheter ni vendre (qui peut s’entendre aussi dans un sens mystique) s’applique autant à des gens qui ont la marque, qu’à d’autre qui ne l’ont pas, mais ont seulement le nombre de son nom. Nombre qui est précisé au verset suivant, c’est 666.
3) Le sort de ceux qui suivent la bête, c’est la damnation : la description au chapitre 14 ne laisse aucun doute à ce sujet. Par contre il en ressort un détail essentiel : ne sont damnés que ceux qui adorent la bête tout en ayant sa marque ou son nombre. Il y a une double condition : être marqué ET adorer la bête de son plein gré.

On doit donc dissocier marque de la bête et adoration de la bête. La nuance est de taille. Et pour mieux savoir qui est concerné, il faut se rapprocher d’un autre verset, toujours au chapitre 13 :
« Tous les habitants de la terre l’adorèrent [la bête de la mer], tous ceux dont les noms ne sont pas écrits dans le livre de vie de l’Agneau immolé depuis la création du monde. »

À ce stade, il est nécessaire d’apporter une précision : qui sont les gens inscrits dans le livre de vie de l’Agneau ? Ce sont les chrétiens, plus exactement les adorateurs du Christ, Dieu fait homme.
Il est essentiel de rappeler au lecteur QUI est exactement Dieu.
Dieu n’est pas un concept abstrait auquel on peut donner la signification qu’on veut.
Jésus-Christ a prononcé pour la première fois le nom complet de Dieu le jour de l’Ascension : Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit. Et puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu (premier commandement), l’Eglise a ensuite explicité ce mystère : le Dieu unique est Trinitaire, il s’agit d’un seul Dieu en trois Personnes.
Et Jésus-Christ a été extrêmement clair sur le sujet : « Nul ne va au Père que par moi » (Jean 14:6) et « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui refusera de croire sera condamné » (Marc 16:16). Notions que l’Eglise avait résumées par une expression simple : « hors de l’Eglise point de salut » ce qui voulait dire « hors du Christ point de salut » (mais il faut passer par l’Eglise pour lui rendre le culte qui lui est dû).
Il est donc impossible de se sauver en dehors de Jésus-Christ et impossible de donner le nom de Dieu à quelqu’un d’autre que la Sainte Trinité. Par exemple, les musulmans ou les juifs n’adorent pas Dieu, même s’ils prétendent le contraire, parce que le Yahvé de l’Ancien Testament était tout simplement le Père, Première personne de la Sainte Trinité. Or comme on ne peut diviser un Dieu unique, sinon ils n’en adoreraient qu’un tiers, ce qui est ridicule, ils se trompent sur l’identité de Dieu car ils refusent la Révélation de l’identité exacte de Dieu par le Messie, lui-même Dieu le Fils et Seconde Personne de la Sainte Trinité. Dieu est un tout qu’on ne peut « découper » à sa guise. Autrement dit, on ne peut pas adorer le Père sans adorer le Fils et sans adorer le Saint-Esprit. Même en se référant à l’Ancien Testament.
Saint Jean dans l’Apocalypse est donc fidèle à la Révélation : ceux dont les noms sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau, ce sont les chrétiens baptisés, c’est à dire tous ceux qui reconnaissent en Jésus-Christ leur Dieu et Sauveur, pourvu qu’ils mettent en pratique les vertus que leur foi leur inspire.

Explication de la marque de la bête

La marque de la bête revêt une signification avant tout spirituelle : on a bien compris qu’au delà d’un signe distinctif à la façon d’un tatouage, c’est d’abord l’adhésion au système, à ses idées et à son mode de vie, qui est désigné.
Le front, c’est l’homme qui pense : la marque au front, c’est l’adhésion par la pensée, aux idées, à la mentalité et aux raisonnements de la société de la bête, c’est à dire de notre société moderne.
Et la main droite, c’est l’adhésion par nos actes.
Même si le texte les dissocie (c’est l’un ou l’autre), il est vraisemblable qu’en pratique ce soit l’un ET l’autre, car il est rare de ne pas traduire en actes nos pensées.

Et ceci explique deux choses :

1) D’une part l’association qui est faite avec l’adoration de la bête.
Tout naturellement, celui qui est d’accord avec le système va en préférer les principes, comme autant d’idoles.
Vous avez fait de votre ventre un dieu leur reproche saint Paul, c’est à dire vous avez donné à vos passions terrestres et à vos besoins matériels une prépondérance qui déséquilibre votre rapport avec Dieu, et surtout qui l’inverse. Quand Dieu et ses lois sont relégués au dernier rang, ou bafouées, ou même pire détournées ou déformées pour accréditer des lois humaines immorales, alors on idolâtre sa vie matérielle et tout ce qui va avec : l’argent, la vie sociale (le fameux liberté, égalité, fraternité), le sexe, les loisirs, la santé, que sais-je encore… qui deviennent des fins en soi, des buts aussi louables que la vie éternelle, et même supérieurs. Le tout couronné par l’orgueil, l’immense orgueil de l’homme qui se croit l’égal de Dieu (« vous serez comme des dieux« ), redéfinissant les lois morales, assujettissant la loi naturelle, donnant des ordres au climat, et modifiant la création divine par les manipulations génétiques.
L’homme adore la bête, c’est à dire s’adore lui-même, se croyant divinisé.

2) Et d’autre part le fait que les chrétiens qui rejettent la bête sont aussi ceux qui s’opposent à cette nouvelle civilisation.
Le cœur de cette chrétienté résistante, ce sont les catholiques traditionalistes.
Jean Madiran avait noté, dans un de ses ouvrages, qu’après le concile la bataille, très vite, ne s’était pas située en réalité sur le maintien du latin, mais sur un problème de choix de civilisation : au-delà de la messe, ce que l’on conteste c’est la rupture, et elle devient le symbole de l’opposition au concile.
« Réduit quasiment à néant par Vatican II et par le règne de Paul VI qui l’ont rendu marginal et très minoritaire, ce courant est tout de même qualitativement présent et influent parce qu’il a pour lui la tradition deux fois millénaire de l’enseignement doctrinal, liturgique et social de l’Eglise.
C’est l’Eglise elle-même et en tant que telle qui s’était trouvée spontanément réfractaire au nouvel univers mental et social issu de Kant et de la Révolution française ; à plus forte raison, elle s’est sentie étrangère au monde politique et moral contre-nature institué par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale. Dans les domaines religieux, politique, politico-religieux, l’école intellectuelle se déclarant contre-révolutionnaire était étroitement homogène au Magistère de l’Eglise. Le problème spécifique de la messe traditionnelle se situe inévitablement dans la perspective générale de cette homogénéité estompée à partir de 1958. »
(Jean Madiran, La messe interdite)
Ainsi donc, les catholiques qui ont conservé la foi ne sont pas seulement des intégristes sur le plan religieux, ils sont aussi anticonformistes, contre-révolutionnaires et aujourd’hui antivax.
Voilà pourquoi je vois dans ce groupe les fameux « témoins de l’Apocalypse » qui s’opposent à la bête parce qu’ils refusent d’adhérer autant aux idées de la bête qu’à ses péchés.

Revenons à la marque de la bête.
L’autre façon de l’expliquer est de relier tout simplement les deux notions (main droite ou front) aux deux principales causes de damnation : par le péché ou par la non-reconnaissance de Dieu.
D’où le « ou » : la main droite, on l’a vu, symbolise nos actes, or la vie dans le monde de la bête est une vie entièrement consacrée au péché, on baigne dans le péché et dans les péchés les plus graves, qui deviennent la norme (exemples types : les droits LGBT ou les lois sur l’avortement) ; mais le péché par l’esprit n’est pas en reste (le front) car Jésus nous l’a dit, le péché du monde c’est de ne pas croire en Lui, de ne pas le reconnaître comme Dieu et Sauveur.

Voilà pourquoi il n’y a pas besoin d’une marque matérielle pour signaler l’appartenance à la bête : parce que la vie en accord avec la bête mène à la damnation, d’où le fait que ceux qui adorent la bête n’aient pas leur nom dans le livre de vie, et que ce soient tous des gens ayant sa marque. Mais hélas, on peut être chrétien et aussi se damner par ses péchés et rejoindre ce groupe.

Et à l’inverse, on peut avoir la marque de la bête et ne pas être damné, c’est à dire même si on est séduit par certains aspects pratiques du monde de la bête (ce qui reviendrait à expliquer l’universalité de cette marque), on ne l’adore pas pour autant.
Deux éléments appuieront cette réflexion :
– N’oublions pas que pour acheter ou vendre, il faut avoir la marque de la bête ou le nombre de son nom. Or l’accès à internet se fait par le world wide web, initiales www, sachant qu’en hébreu la lettre vav ou waw, qui est l’équivalent du w de l’alphabet latin, a pour valeur numérique 6. Donc à chaque fois que nous utilisons internet, nous y entrons par le code 666, le nombre de son nom.
Or, sans internet aujourd’hui, plus exactement sans le numérique, quasiment nul ne peut acheter ou vendre. Dans le monde entier, le web est devenu une des conditions indispensables pour une vie sociale normale. Nous noterons d’ailleurs que le numérique est l’aspect le plus saillant de l’exploitation politique de cette pandémie ; normal, on est en famille.
Mais ceci prouve aussi que la marque de la bête dépasse largement le cadre d’un simple vaccin.
– À la 7è trompette il est dit « qu’il est temps de donner la récompense aux prophètes vos serviteurs, et aux saints, et à ceux qui craignent votre nom, petits et grands, et d’exterminer ceux qui ont corrompu la terre » (Apoc. 11:18) ; or les saints, ce sont les 144000 ; il y a donc une autre catégorie, petits et grands (comme ceux marqués de la bête) qui n’idolâtrent pas cette dernière. Ne sont exterminés que ceux qui auront corrompu la terre, à savoir les damnés.

Les vaccins ne sont pas la marque de la bête mais le signe de son existence

Une fois que l’on a étudié la bête et les conditions liées à sa marque, on peut en conclure que les vaccins anti-Covid sont bien trop restrictifs pour constituer cette fameuse marque.
Par contre, ils ont un avantage énorme : ils sont le signe flagrant et visible de notre présence dans le royaume de la bête et donc de l’existence de celle-ci et donc de la réalité du règne de l’Antéchrist.
Pour aider à reconnaître la bête et à comprendre ce qu’elle est vraiment.

Un peu comme si le Bon Dieu nous avait fait un cadeau énorme : comme beaucoup de gens ne sont pas capables d’interpréter correctement des textes aussi mystiques et imagés que l’Apocalypse, parce que les esprits sont obscurcis par la mentalité matérialiste, il a autorisé la bête à nous donner des signes dans le sens littéral des textes.
Car il n’était pas nécessaire que les enfants de la bête aient une marque matérielle ; après tout, les justes (les 144 000) ont « le nom de l’Agneau et le nom de son Père écrit sur le front. » Or personne ne s’attend à ce que les catholiques restés fidèles se baladent avec une croix gravée sur le front. Il en va de même pour les « méchants ». Ces marques sont symboliques.
Mais puisque les hommes sont des incrédules auxquels il faut des preuves tangibles pour croire, alors le Seigneur a autorisé la bête à donner un signe concret de sa présence, pour que tous puissent faire le lien entre notre époque et les bêtes de l’Apocalypse, à charge que des spécialistes comme moi donnent les explications et précisions nécessaires.

Prenons par exemple les commentaires du vénérable Holzhauser (mort en 1658), auteur d’une célèbre Interprétation de l’Apocalypse.
Sur les persécutions de la bête, il les prend trop au sens littéral. Cependant « tous ceux qui adhèreront à la doctrine de l’Antéchrist devront porter son caractère » ; il voit comme un « tatouage » imposé de gré ou de force à « ceux qui offriront de l’encens à l’idole de la bête« , et alors « il suffira de la faire voir pour jouir de toute liberté de vendre, d’acheter, de voyager, de vaquer à ses affaires, etc, tandis que ceux qui ne porteront pas ce signe n’oseront pas se produire en public, ni même s’occuper des choses les plus nécessaires à la vie. »
La description ressemble fortement au pass sanitaire en gestation.
Notons qu’Holzauser associe lui aussi la marque de la bête avec son adoration : offrir le grain d’encens. La précision est fondamentale, car lui-même dit « de gré ou de force », donc la marque n’est pas forcément synonyme d’adoration voulue et consentie librement.

Les vaccins anti-Covid ont, comme points de similitude avec la marque de la bête, si on prend les textes dans leur sens littéral :
– l’aspect universel : les dirigeants cherchent à faire vacciner toute la terre ;
– c’est une marque distinctive d’ordre corporel qui facilite ou conditionne la vie sociale ;
– elle est imposée par de véritables satanistes, tous clairement au service de la bête et à la tête du système (l’Antéchrist-système) ;
– Mais, rappelons-le, ne sont damnés que ceux qui adhèrent à la société actuelle, y compris dans ses aspects les plus pervers et les plus immoraux, et la préfèrent à celle du Christ.

Mais pourquoi les vaccinés seraient-ils damnés ? Quel est le rapport avec la vie éternelle, la foi en Jésus-Christ ou même la notion de péché ?
Nous demande-t-on avec le vaccin d’adhérer à la société antichristique ?
Non, puisque le prétexte est uniquement d’ordre sanitaire et même si c’est un mensonge, tout ceci n’affecte ni la doctrine catholique, ni la foi en Dieu, ni la pratique des sacrements (quoique… mais ici, on entre dans le cadre des persécutions classiques, qui ne sont pas liées directement à la vaccination. Du moins pas encore). On est plutôt dans le combat d’ordre civilisationnel dont on parlait tout à l’heure, qui explique la présence de nombreux catholiques anticonformistes, ou réactionnaires, dans le groupe des antivax.

Seulement, on peut être antivax et faire partie du groupe antichristique, de ceux dont le nom n’est pas inscrit dans le livre de vie ; on peut être antivax et se comporter en parfait pervers et vicieux, anticlérical et sans Dieu. Donc le vaccin ne peut pas être la marque de la bête puisque des enfants de la bête peuvent s’opposer au vaccin et le refuser, ce qui est impossible selon l’Apocalypse : tous ceux qui ne sont pas inscrits dans le livre de vie de l’Agneau adorent la bête, et tous ceux qui adorent la bête sont marqués.

Et enfin, deux autres arguments peuvent être avancés : c’est trop restrictif et non conforme à la description.

Trop restrictif : que reproche-t-on aux vaccins anti-Covid ?
– d’avoir été mis au point trop vite ; certes, mais ça n’a rien à voir avec la marque de la bête.
– d’avoir des effets secondaires indésirables, voire nocifs : mais ceci est valable pour tous les vaccins, depuis bien longtemps.
– de générer des décès ; là encore ce reproche a déjà été fait à plusieurs autres vaccins antérieurs.
– d’avoir été conçus, pour certains, avec des cellules prélevées sur des fœtus avortés ; là aussi c’est malheureusement le cas de bien d’autres vaccins.
– de contenir des éléments dangereux à court-moyen terme ; mais enfin, c’est aussi un reproche fait à de nombreux autres vaccins ; se souvient-on des controverses sur l’aluminium par exemple ?
– d’affaiblir le système immunitaire : c’est aussi une constatation faite depuis longtemps : la vaccination est basée sur un concept d’immunité artificielle qui perturbe le système immunitaire plutôt qu’il ne le renforce. En d’autres termes, il se débrouille très bien tout seul sans les vaccins.
Donc le problème ne se situe-il pas plutôt au niveau du principe de la vaccination en général ? Qui a un bon siècle d’existence ; n’est-on pas en train de découvrir des problèmes qui existaient depuis déjà bien longtemps ?
Il reste un point : ces vaccins, du moins ceux à ARN messager, sont des thérapies géniques inédites sur l’homme sur lesquelles de grosses questions peuvent se poser en l’absence de tout recul. Nous en traiterons au paragraphe suivant.

Non conforme à la description
J’aborde ici l’hypothèse selon laquelle les vaccins anti-Covid seraient des espèces de bombes à retardement à court-moyen terme pour décimer la population par centaines de millions : elle n’est pas valable, du moins dans le cadre de l’Apocalypse. Car la bête ne s’attaque pas à ses enfants ! Bien au contraire, elle fait la guerre aux justes, et cherche à les tuer. Les enfants de la bête, marqués de son signe, et qui l’adorent, sont tués par le feu de la justice divine, qui les envoie illico en enfer, et non par la bête. Donc dire que la bête marque les gens de son signe pour les tuer, c’est complètement aberrant.
Cala veut dire que si les vaccins sont la marque de la bête, alors ils n’ont pas été conçus pour tuer qui que ce soit ; et si c’est le cas, alors ils ne sont pas la marque de la bête.
Par contre, oui, la vie selon la bête mène à la damnation, c’est à dire à la mort éternelle. Il ne s’agit pas d’une mort matérielle mais spirituelle ; les vaccins ne peuvent donc, là encore, constituer la marque de la bête puisqu’ils ne peuvent que tuer le corps, mais pas l’âme.
Or tout se joue au niveau de l’âme, c’est elle qui se damne.
N’oublions jamais la mise en garde du Christ : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. » (Matthieu 10:28)

Le baptême d’entrée dans le nouveau monde

Mais alors se demande-t-on, pourquoi cette précipitation ? Pourquoi cette volonté de vacciner toute la population et si vite ? Et partout, dans tous les pays ?

Tout le monde sait que le virus n’est qu’un prétexte ; ses taux de létalité et de mortalité réels sont bien trop faibles pour justifier autant de mesures coercitives et liberticides et une telle précipitation à injecter des vaccins conçus en un temps record et dont on ne connaît pas les effets à long terme, ce qui est inconcevable dans le cadre d’une politique de santé classique ; le principe de précaution qui sert justement à justifier toutes ces mesures, doit évidemment s’appliquer aussi aux vaccins, surtout quand il s’agit de technologies jamais testées auparavant sur l’homme.
Donc le virus sert à autre chose, voilà pourquoi il y aura toujours des variants et on maintiendra le monde en état d’épidémie tant que l’objectif caché ne sera pas atteint.

Il y a les motifs visibles et les motifs cachés.
Le motif le plus visible, du moins à court terme, consiste à utiliser le virus pour basculer les populations dans un mode de surveillance numérique beaucoup plus précis et totalitaire qu’avant, à la chinoise. Ce n’était possible qu’après la mise en œuvre des capacités techniques nécessaires : taux d’équipement des populations en smartphones, déploiement de réseaux suffisamment puissants (5G), interconnexion rapide et sécurisée des réseaux, etc.
Ce contrôle numérique accru des populations, qui commence par la santé, peut s’étendre à bien d’autres domaines, professionnels ou privés, comme par exemple une future monnaie numérique, etc., ce qui équivaut à une mise en esclavage des populations plus ou moins franche et plus ou moins acceptée, de gré ou de force.

Et puis les motifs cachés.
Il ne s’agit pas ici de dramatiser la situation en exagérant le potentiel nocif supposé des vaccins : rien n’est certain dans ce domaine et trop d’hypothèses ou de soupçons circulent pour qu’on leur donne, aujourd’hui, suffisamment de crédit. Seul, à mon sens, le principe de précaution doit s’appliquer : puisque ces vaccins sont des technologies nouvelles non testées sur l’homme, et rien qu’à ce titre suspectes et douteuses, et puisqu’il est évident que par leur insistance les pouvoirs publics ont une idée derrière la tête, qu’ils nous cachent, il faut à tout prix éviter de se faire injecter un quelconque vaccin anti-Covid, se tenir si possible en dehors de tous ces désordres. Et résister à cette dictature de préférence par les voies légales.

Je vais donc plutôt essayer de proposer des pistes de réflexion sur les raisons d’ordre métaphysique, mystique, ésotérique, kabbalistique…
Dom Jean de Monléon, dans son livre de référence « Le sens mystique de l’Apocalypse » -qui synthétise la pensée des Pères de l’Eglise sur le sujet- parle ainsi de la marque de la bête :
« Dans l’obligation imposée à tous les hommes de recevoir le caractère de la bête, ou son nom, ou le nombre de son nom, il faut voir une parodie du baptême : les partisans de l’Antéchrist devront se soumettre à quelque rite, qui sera censé imprimer sur eux, en traits indélébiles, l’appartenance à leur maître. Comme nous, nous recevons au baptême le nom d’enfant de Dieu, et aussi le nombre de ce nom, lorsque nous sommes signés du chiffre sacré de la Sainte Trinité. »

Je sais que ce texte fait référence à la marque de la bête ; mais rien ne nous interdit de penser que la bête choisisse une façon de se faire connaître qui soit très proche de celle décrite par les exégètes, afin, une fois de plus, de permettre de faire la relation -avec les réserves déjà données plus haut.

Parce que cette notion de parodie du baptême semble parfaitement coller avec les motifs cachés de cette vaccination universelle à marche forcée.
En effet, la mutation civilisationnelle dont je parlais tout à l’heure est aujourd’hui achevée : d’une civilisation chrétienne, nous sommes passés à une civilisation luciférienne. Le monde de la bête n’est pas en devenir, il est là.
Et comme il a pris du retard à cause de certains de ses membres récalcitrants et autres mauvais élèves (Benoît XVI, Donald Trump, Vladimir Poutine…), car le monde de la bête n’est pas si homogène, et qu’il a un calendrier à tenir, il est obligé de forcer la main à tous, à marche forcée, afin de signifier au monde l’entrée dans la nouvelle ère : le vaccin est le rite initiatique d’entrée. D’où le caractère indélébile du vaccin, comme le baptême.
Autrement dit, cela signifie « bienvenue dans le Nouvel Ordre Mondial » enfin prêt, enfin là, enfin opérationnel et enfin homogène (Paris, Washington, Londres, le Vatican… cette fois-ci ils sont tous alignés sans désaccords). N’oublions pas que le Vatican pousse lui aussi au vaccin, il le bénit en quelque sorte.

J’avais au mois de janvier dernier, effectué un rapprochement avec des faits similaires :
– En janvier s’ouvrait la 76è session de l’ONU, 76 signifiant « au commencement » en hébreu ;
– Et en janvier toujours, commençait le règne du 46è président des Etats-Unis, 46 étant le chiffre de la conception d’un nouvel être (les 46 chromosomes), et qui dit conception dit naissance.
Nouvelle ère… naissance… et maintenant baptême : ne se rapprocherait-on pas du but ?

Dans ce cadre, on comprend mieux le choix de vaccins à thérapie génique : on ne peut écarter le fait que cette technologie ait pour but, in fine, de modifier notre ADN. Probablement pas pour nous tuer, mais pour achever un édifice où l’homme aura été entièrement transformé par la bête, y compris génétiquement, afin que plus rien, y compris son ADN, ne provienne ou ne se réfère à Dieu. Plus rien dans la création ne serait alors l’œuvre de Dieu mais l’œuvre de l’homme, de cet homme divinisé qui s’appelle la bête. Ceci expliquerait le piège des vaccins à répétition : troisième injection, puis rappels, puis ce sera sans fin, parce qu’il y a probablement plusieurs étapes avant d’y parvenir réellement.

Car l’œuvre de la bête, c’est de modifier entièrement l’être humain ; il est déjà modifié socialement (laïcité, féminisme, libéralisation des mœurs, droits LGBT…), politiquement (démocratie, droite de l’homme), économiquement (libéralisme et socialo-communisme ont fusionné dans le social-libéralisme du mondialisme), culturellement (le multiculturalisme a effacé la culture chrétienne), ethniquement (par le métissage), religieusement (par l’ouverture du catholicisme au monde voulue par le concile Vatican II, la déformation de la doctrine et la mutation de la liturgie), et désormais génétiquement ? Le nouvel homme absolu.
il est donc autorisé de soupçonner les élites, en attendant d’en avoir la preuve, qu’un certain eugénisme secret guide leur action, et qu’ils agissent encore une fois plus par idéologie que par nécessité.
 

Et toujours dans ce cadre, on comprend pourquoi le vaccin fait figure (ou plutôt doit faire figure) de sauveur : parce que le véritable sauveur c’est l’homme, l’homme tout puissant avec sa technique et sa science qui résolvent tous les problèmes.
La bête et ses enfants sont fils du père du mensonge, qui ne manque ni d’aplomb, ni de culot.

Conclusion

Les vaccins anti-Covid ne sont pas la marque de la bête mais le signe de notre présence dans le royaume de la bête et de son règne. Une confirmation que l’Antéchrist (système et personne) règne et se trouve aux commandes. Et qu’il est pressé, ce qui est plutôt bon signe.
Il ne faut donc pas s’affoler : tant que notre foi et notre fidélité au Christ ne sont pas en péril, nous resterons parmi ceux inscrits dans le livre de vie, et c’est ça qui compte. Le reste c’est la vie matérielle, et elle passe après la vie éternelle.
Ce qui se passe à Rome devrait beaucoup plus nous inquiéter ; l’apostasie manifeste de la hiérarchie catholique et d’une grand partie des fidèles, et la propension de François-l’Antéchrist à faire de l’humanisme le nouveau dieu et la nouvelle religion, sont bien plus dangereux que n’importe quel vaccin. Car depuis le concile, c’est la foi qui est attaquée, et ses deux principaux supports : la doctrine et la liturgie. C’est d’abord sur ces points-là que nous devons résister.

Ce que nous devons faire n’est pas trembler devant une piquouse de plus, même si la raison nous ordonne de s’y opposer, mais de s’assurer que nous maintenons notre âme en état de grâce, que notre vie de chaque jour reste conforme à la doctrine du Christ et que nous l’appliquons par nos œuvres.
Pour le reste, que chacun s’adapte à la situation en suivant sa conscience ; si celle-ci est irriguée par la grâce, tout ira bien.
Le plus regrettable dans cette affaire est de constater l’immense détresse des hommes soumis à l’impitoyable dictature de la bête, et désarmés face à l’effroyable confusion qui en résulte.
Nous devons les rassurer et les ramener à Celui qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » et se rappeler que plus la bête avance, meilleur c’est, car plus se rapproche son rendez-vous fatal avec le Seigneur et ses armées. Car Notre-Seigneur Jésus-Christ a promis de veiller sur ses enfants, de les protéger et d’intervenir avant que la bête n’ait la puissance totale sur eux : « à cause des progrès croissants de l’iniquité, la charité d’un grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » (Matthieu 24:13). Sachant que, « si ces jours n’étaient pas abrégés, nul vivant n’échapperait ; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés. » (Matt. 24:22). Donc il n’y a aucune raison de s’inquiéter ni d’avoir peur des gesticulations et des aboiements de la bête.

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Vaccins dangereux ? La preuve par les 117 morts anglais

Dans un bulletin publié le vendredi 25 juin dernier, l’agence sanitaire britannique Public Health England (PHE) a fourni des données sur le suivi du variant Delta, uniquement en Angleterre, depuis début février, le résultat faisant apparaître « 50 vaccinés parmi les 117 morts du variant Delta » (titre du Figaro), données très largement commentées par la presse française du 29 juin.

Ces éléments sont très instructifs à plus d’un titre :
– Parce qu’ils émanent d’un organisme officiel, donc on ne pourra pas accuser les dissidents et autres antivax que nous sommes de truquer les chiffres ;
– Parce qu’ils concernent le variant Delta qui semble bien vouloir prendre la relève du Covid-19 et dont on nous rabâche régulièrement l’importance ;
– Parce que pour la première fois nous avons une observation sur une population vaccinée et la possibilité de comparer objectivement entre vaccinés et non-vaccinés ;
– Et surtout parce qu’ils constituent -là encore pour la première fois- des résultats réels sur le terrain et non plus théoriques comme auparavant.
Ce dernier point est capital : jusqu’à maintenant, nous devions nous contenter d’estimations, de projections, de suppositions de la part des pouvoirs publics et des grands firmes pharmaceutiques, bref de chiffres et d’estimations en réalité théoriques. Mais bien que théoriques, ces suppositions servent de modèles aux gouvernements pour déterminer la politique de santé publique en vue de combattre, disent-ils, l’épidémie de coronavirus.
Cas typique d’estimation théorique : « le PHE a estimé que Pfizer protégeait à 96% et l’AstraZeneca à 92% contre les formes graves liées au variant delta amenant à des hospitalisations » (Libération du 29/06).
Or cette fois-ci nous avons des résultats non plus théoriques mais réels, correspondant à ce qui s’est passé concrètement sur le terrain. De plus ces résultats proviennent d’un des pays ayant à la fois vacciné le plus tôt et une majeure partie de sa population.
La preuve : à l’heure où le rapport du PHE a été publié, donc au 25 juin, il est rappelé que « au Royaume-Uni 84,6% de la population adulte a reçu au moins une dose de vaccin et 62,1% est complètement vacciné » (Libération).
On notera aussi -ce n’est pas anodin- que pour les autorités sanitaires britanniques, les vaccins actuellement administrés protègent contre le variant delta.

Bien entendu, la grande presse française s’est empressée de minimiser le phénomène et de rassurer la population en manipulant les chiffres et en biaisant le raisonnement, peut-être parce que les journalistes, probablement eux-mêmes vaccinés ou candidats à l’être, ont besoin de s’auto-rassurer façon méthode Coué afin de ne pas évoquer – ni même envisager un seul instant- une éventuelle dangerosité, ou du moins inefficacité, des vaccins.
Tout ça à cause d’une raison majeure : les vaccins anti-Covid sont présentés par les autorités publiques, sanitaires et médiatiques, comme l’unique solution à la pandémie.

Rappel des données du PHE (Public Health England)

Le bulletin du PHE publié le 25 juin 2021 donne les informations suivantes :
« Environ 92 000 infections par le variant delta ont été recensées entre le 1er février et le 21 juin (dont près de 80 000 dans les vingt-huit derniers jours). Dans presque 66,4% des cas de variant delta pour lesquels on connaît le statut vaccinal (81 014 cas), les personnes infectées n’étaient pas vaccinées ; 7,7% avaient reçu une première dose depuis moins de 21 jours, 16,9% depuis plus de 21 jours, et 8,9% disposaient de deux doses. Les moins de 50 ans sont surreprésentés puisqu’ils représentent 89,6% des cas. Ces derniers étaient (toujours pour ceux dont on connaît le statut vaccinal) à 72,8% non-vaccinés. »*
« Toujours depuis début février, 117 décès dans les 28 jours suivant la date du prélèvement positif au variant delta ont été enregistrés par le PHE. Dans le détail, 109 cas ont plus de 50 ans dont 68 sont vaccinés (50 avec deux doses, 18 avec une dose) et 38 non vaccinés. Chez les moins de 50 ans (huit cas), deux personnes avaient reçu une dose il y a plus de 21 jours, et six étaient non vaccinées. »*
* article Libération du 29/06

Le chiffre qui va ressortir le plus dans la presse française est donc ce constat : sur les 117 personnes décédées, 70 étaient vaccinées, dont 50 entièrement vaccinées et 20 primovaccinées, ce qui fait déduire au Figaro que « 59,8% des personnes décédées en raison du variant delta avaient reçu au moins une dose de vaccin.« 
Figaro qui avait menti dans son titre parce que le nombre réel de vaccinés décédés n’est pas de 50 mais de 70 ! Soit 60%.
Oui vous avez bien lu : 60% des morts sont des gens vaccinés !!!

Le constat instructif des chiffres

Bien. Reprenons maintenant les chiffres qui ont été donnés : que constatons-nous de prime abord ?

1) Premier constat : 117 morts sur 92000 cas ça donne un taux de létalité de 0,13 %, assez proche de ceux constatés en 2020 avec le Covid-19, malgré tous les efforts pour grossir les chiffres.
Le variant n’a donc pas une létalité élevée, elle est même très faible (0,1 % rappelons-le !) et ceci ne concerne pas exclusivement une population vaccinée puisque, de l’aveu même du PHE, ici 2 personnes sur 3 ne sont pas vaccinées (66,4% au total ne le sont pas, sachant que sur la population des moins de 50 ans, soit 90% des cas, le nombre des non-vaccinés monte à 73%).
Donc la létalité du variant se maintient pour l’instant à des niveaux très raisonnables, inférieurs à 0,2% de la population malade (et non de la population totale ! ce qui veut dire que son taux de létalité réel est pour le moment plus qu’insignifiant).

2) Deuxième constat : la population non vaccinée est largement prépondérante parmi les cas de personnes infectées (2 sur 3 en moyenne) ce qui est logique, puisqu’en principe le vaccin empêche de contracter la maladie, de même qu’il est logique de retrouver au sein des malades une majorité de moins de 50 ans, puisque les plus de 50 ans ont été vaccinés en premier. Dans ce domaine, les chiffres semblent confirmer l’intérêt de la vaccination.
Quoique… on a tout de même 34% de vaccinés ce qui est élevé puisque les vaccins sont « vendus » avec des taux de réussite élevés (88% pour Pfizer), mais on peut encore jouer sur le flou compte tenu de la proportions de gens n’ayant pas encore reçu les deux doses.

3) Troisième constat, qui complète et explique le deuxième, la population infectée est jeune : 90% ont moins de 50 ans. C’est bon signe d’une manière générale, et cela confirme que nous savions déjà avec nos un an de recul : la mortalité n’est élevée que dans les populations âgées et/ou souffrant d’autres comorbidités, d’où ce taux de létalité à la fois très faible au global (0,13%) et disproportionné : 109 morts de plus de 50 ans sur 117 ça fait 93% de morts de plus de 50 ans.
Donc résumons-nous : 90% des malades, dont 3 sur 4 sont non vaccinés, ne représentent que 7% des morts, et 10% des malades (+ de 50 ans) représentent 93% des morts.
Dans ces conditions, on peut légitimement se demander : à quoi sert le vaccin sur les moins de 50 ans ?

4) Quatrième constat, et c’est de loin le plus important : les vaccinés correspondent environ à un tiers de l’échantillon (1 sur 3) mais représentent presque les deux tiers des morts (60%), ce qui est d’une disproportion considérable.
C’est là que le mensonge des médias est flagrant : ils nous disent qu’il est normal qu’on retrouve des morts parmi les vaccinés parce que les vaccins ne sont pas efficaces à 100% mais à 88 ou 90%. Donc les malheureux vaccinés malades seraient ceux appartenant à ce contingent de 10% où le vaccin est inopérant. Admettons. Mais comment expliquer que 34% des malades représentent 60% des décès soit près du double ? Comment expliquer que plus d’un mort sur deux ait été vacciné ?
C’est l’inverse que l’on devrait constater, si les vaccins étaient efficaces : les morts devraient être majoritaires dans la population non-vaccinée et minoritaires dans la population vaccinée : or c’est le contraire que l’on constate, cette fois-ci à partir de données terrain, donc sûres, et non théoriques. Je rappelle que tout l’intérêt de ce rapport est d’avoir pu comparer deux populations, l’une vaccinée et l’autre non vaccinée.
Et puisque l’immense majorité des décès est constatée sur une population âgée, qui est aussi celle qui a été le plus vaccinée, l’écart est encore plus visible : 62% des morts de plus de 50 ans ont été vaccinés, donc on a presque deux fois plus de chance de mourir si on a été vacciné !

En résumé :
– Il n’y a pas, sur le terrain, de létalité élevée du variant delta, son taux de létalité est même insignifiant, inutile d’alarmer la population avec des projections théoriques surdimensionnées quand les chiffres sur le terrain prouvent le contraire.
– Le rapport de protection dû au vaccin s’inverse : 2 personnes sur 3 ne sont pas vaccinées, mais plus d’un mort sur 2 est vacciné, ce qui veut dire qu’on a deux fois plus de risque de mourir si l’on tombe malade une fois vacciné que non-vacciné.
– Les populations jeunes (- de 50 ans) n’ont pas vraiment à craindre ce virus ; seules les personnes âgées et/ou présentant d’autres comorbidités présentent un risque plus élevé -mais qui reste très raisonnable en proportion de la totalité de la population- ce qui fait dire enfin à la grande presse et au PHE ce que nous, les dissidents et antivax avons répété tout au long de l’année dernière : « les personnes appartenant à des groupes à risque (…) peuvent donc être hospitalisées ou mourir avec le Covid-19 plutôt qu’à cause du Covid-19 » a précisé le PHE. Mais alors, puisque les autorités sanitaires admettent cette réalité, pourquoi les estampillent-ils parmi les morts du Covid-19 ? Pour grossir les stats ?

Conclusion

Sur une population déjà très largement vaccinée, cette expérience de terrain permet de constater a priori une certaine efficacité des vaccins, y compris sur le variant delta, puisque 2 cas sur 3 n’étaient pas vaccinés. Seulement, le rapport s’inverse au niveau de la mortalité, car là c’est plus d’un sur deux qui meurt après avoir été vacciné. Autrement dit, le vaccin semble être un accélérateur de la mort et non un protecteur.
En pourcentages comme en volume le constat est sans appel : il n’y a pas à craindre une maladie qui ne tue quasiment pas (0,13% de morts), mais dans tous les cas il est certain qu’il vaut mieux ne pas être vacciné puisque, sur le peu de morts, on a deux fois plus de chance de mourir si on est vacciné que si on ne l’est pas.
Non seulement on ne voit pas l’intérêt des vaccins (on en revient du Covid : combien de gens de tous âges dans nos entourages l’ont contracté sans en mourir ?), mais on peut se poser légitimement des questions sur leur réelle dangerosité.

Rappelons deux éléments essentiels :
a) Ces vaccins ont été mis au point en 6 mois environ. Leurs effets secondaires à court terme et leur impact sur la santé publique à long terme n’ont pas été testés dans les conditions légales (2 à 5 ans d’observation) pourtant nécessaires avant toute autorisation de mise sur le marché, ce qui relève du bon sens le plus élémentaire. De plus, la plupart de ces vaccins utilisent une nouvelle technologie de thérapie génique jamais testée sur l’homme de l’aveu même des firmes pharmaceutiques. Raison de plus, pour les pouvoirs publics, de redoubler de prudence et d’exiger encore plus de délais d’observation et de sévères garanties avant tout déploiement sur la population. Soit une apparition, au mieux entre 5 et 10 ans. Ce qui ne devrait pas poser de problème puisque cette maladie se soigne et présente un taux de létalité très faible (moins de 1% au global nous dit la grande presse, en réalité beaucoup moins) même en l’absence de vaccin.

b) Certains ont mis en évidence l’étonnante similitude entre la vaccination des populations et l’apparition des variants : ces derniers apparaissent lorsque les vaccinations à grande échelle commencent. Et dont les cas explosent dans les pays vaccinés, relançant une pandémie qui s’éteignait. D’où la question légitime : ne serait-ce pas la vaccination qui entraînerait l’apparition de variants ? N’y aurait-il pas corrélation entre les deux ? Variants qui, pour le moment, font paradoxalement plus de morts chez les vaccinés que chez les autres, donnant du crédit à ceux qui estiment que ces vaccins, outre une protection surévaluée contre le virus, affaiblissent le système immunitaire, ce qui expliquerait la plus grande vulnérabilité des malades vaccinés par rapport aux autres.

Alors, si le vaccin est un accélérateur de la mort et s’il est la principale cause de l’apparition des variants, il faut non seulement éviter de se faire vacciner, mais encore les pouvoirs publics ont le devoir de stopper et d’interdire au plus vite cette vaccination de masse. Je croyais que le principe de précaution prévalait ? N’est-ce pas en son nom que toutes ces mesures (masques, confinements, distances sociales etc.) ont été prises ? Le principe de précaution serait-il à géométrie variable ? Mais alors, ce n’est plus de la santé mais de la politique. Et il s’agit là d’une politique bien curieuse dont on peut se demander quels sont ses motifs véritables.

Les articles cités :
https://www.liberation.fr/checknews/quelle-est-la-part-de-vaccines-parmi-les-cas-de-covid-19-au-royaume-uni-20210629_2L5BDVJLJFEK5NZ3S6JDETPUBQ/
et
https://www.lefigaro.fr/sciences/au-royaume-uni-50-vaccines-parmi-les-117-morts-du-variant-delta-est-ce-preoccupant-20210629

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Le piège fatal de la civilisation de la machine

« On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »
Georges Bernanos

Je vais essayer de montrer dans cet article que la civilisation technique dans laquelle nous baignons n’est ni anodine, ni normale ni souhaitable parce qu’elle est le signe d’un formidable changement de paradigme pour l’homme qui lui sera fatal ; fatal parce que cette civilisation est un des signes les plus visibles du règne de la bête, autrement dit de l’Antéchrist.
Il ne s’agit pas seulement d’améliorer nos conditions de vie par le progrès technique mais d’adopter un mode de vie et de pensée qui impacte la direction même de notre vie, personnelle et collective, par ses implications philosophiques, morales, sociales, familiales, économiques et spirituelles ; en réalité c’est « un crime organisé contre l’esprit » selon la formule de Bernanos.
En ressort un nouveau type d’homme, discipliné par la machine, qui pense et agit dans le cadre d’une société antichristique « où l’or sera Dieu » (Bernanos) qui s’est substituée en un temps record à notre civilisation chrétienne. Laissons Bernanos à nouveau nous le résumer de façon saisissante (dans son livre la France contre les robots écrit en 1945) : « Nous n’assistons pas à la fin naturelle d’une grande civilisation humaine, mais à la naissance d’une civilisation inhumaine qui ne saurait s’établir que grâce à une vaste, à une immense, à une universelle stérilisation des hautes valeurs de la vie. »

Ils ont été plusieurs à entrevoir, à l’issue de la seconde guerre mondiale, le terrible avenir que désormais la société des vainqueurs concoctait pour l’humanité. Georges Bernanos en 1945, Virgil Gheorghiu en 1949, entre autres, nous avertissaient des terrifiants développements qui paraissaient déjà inéluctables, tandis que Georges Orwell en 1947, dans l’autre sens, tentait de brosser les contours de cette civilisation de la machine, une fois à maturité 40 ans après.
Les relire aujourd’hui en 2021 est d’une telle acuité qu’on en reste saisi de stupeur.

Je vais m’appuyer pour ma démonstration principalement sur le roman particulièrement visionnaire et prémonitoire du roumain Virgil Gheorghiu, paru en 1949, intitulé la 25ème heure. Parce qu’il est, à mes yeux, celui qui perçoit le mieux les implications à la fois spirituelles, métaphysiques et eschatologiques de cette direction sans précédent dans laquelle l’humanité s’est engouffrée comme un seul homme. Nous complèterons nos observations avec quelques citations de Bernanos.

Je garde volontairement le texte original de la 25ème heure, sachant qu’en 1949, certains termes nécessitent une projection de notre part, une sorte de mise à jour puisque nous en avons connu la suite concrète.
Mes commentaires et réflexions sont en « normal », tous les extraits des auteurs sont en italique.

Préface de Gabriel Marcel sur la 25è heure

La préface de Gabriel Marcel est une remarquable synthèse du livre, à savoir que :
La 25è heure c’est bien notre temps, celui du règne de la machine et de l’homme divinisé.
Ses propos acerbes et sans illusion prouvent que la première moitié du XXè siècle fut une préparation de la seconde, et que pour tout observateur sensé, celle-ci était prévisible et presque inéluctable.
La préface date elle aussi de 1949, car le livre fut d’abord publié en France et en français ; Gabriel Marcel est un philosophe converti en 1929 au catholicisme romain.

« Je ne pense pas qu’on puisse trouver une œuvre plus significative que celle-ci, plus révélatrice de la situation effroyable dans laquelle l’humanité se trouve aujourd’hui plongée. « la terre, dit un des protagonistes, a cessé d’appartenir aux hommes. » Plus exactement, les hommes semblent avoir désappris à se comporter comme des hommes. Mais c’est encore trop peu dire : il s’agit beaucoup moins d’une désuétude ou d’un oubli que d’un monstrueux dressage dont cet oubli n’est que la conséquence ».
Et il écrit cela en 1949 !!
Son expression « monstrueux dressage » est remarquable de lucidité.

« Le mal qui est dénoncé ici est un mal universel, il est de plus en plus clair que l’Occident en est atteint comme d’ailleurs cet Extrême-Occident » (…) Ce mal, c’est la substitution de l’abstrait au concret qui est à la base sinon de la technique, au moins de la technocratie… »
Il se demande « si la technique (…) n’est pas l’héritière de l’idéalisme philosophique dont l’action à la longue maléfique ne peut plus guère être contestée. »

« Il y a tout lieu de penser que l’idéalisme a tendu à devenir maléfique à partir du moment où il a perdu le contact avec la Révélation*, où il s’est coupé de la doctrine johannique du Verbe, où il s’est orienté vers une divinisation de l’homme par l’homme -et non vers l’assomption par l’homme d’une Grâce qui descendait à sa rencontre. Les aberrations de la métaphysique marxiste n’étaient possibles qu’à partir du moment où le principe de cette autolâtrie sacrilège était admis par des hommes encore bien incapables au surplus d’en prévoir les épouvantables conséquences. »

*On peut déplorer d’ailleurs que seul Gabriel Marcel fasse le lien avec la Révélation divine, alors que l’auteur, qui se dit prêtre orthodoxe, ne fait pas le lien explicitement dans le roman, à notre grand regret.

Pour étayer son argumentation, Gabriel Marcel cite ce remarquable passage du livre de Gheorghiu :
« La civilisation occidentale dans sa dernière phase de progrès ne prend plus conscience de l’individu, et rien ne nous laisse plus espérer qu’elle le fasse jamais*. Cette société ne connaît que quelques-unes seulement des dimensions de l’individu. L’homme intégral, pris individuellement, n’existe plus pour elle… Toi par exemple, tu n’es qu’une citoyenne ennemie arrêtée en territoire allemand. C’est le maximum de notes caractéristiques que la société technique occidentale puisse assimiler… Lorsqu’elle arrête ou tue quelqu’un, cette société n’arrête ou ne tue pas quelque chose de vivant, mais une notion. En bonne logique ce crime ne peut lui être imputé, car aucune machine ne peut être accusée de crime**. Et nul ne saurait demander à une machine de traiter les hommes selon leurs caractéristiques individuelles.
Tout ce que je sais, c’est que le fait de soumettre l’homme aux lois et aux critères techniques, critères excellents en ce qui concerne les machines, équivaut à un assassinat. Un homme obligé à vivre dans les conditions et le milieu d’un poisson meurt en quelques minutes, et vice versa. L’Occident a créé une société semblable à la machine. Il oblige les hommes à vivre au sein de cette société et à s’adapter aux lois de la machine… Lorsque les hommes ressembleront aux machines jusqu’à s’identifier à elles, alors il n’y aura plus d’hommes sur la terre***. »

*écrire cela en 1949 est à la fois visionnaire et terrifiant
**c’est le sens de « responsable mais pas coupable » car le coupable c’est le système, la machine, et ce système-machine déresponsabilise les individus
***ce point de non-retour est accompli avec l’ère du Smartphone, où l’homme s’est définitivement identifié avec la machine.

« Mais qu’est-ce donc que ce monde? » se demande Gabriel Marcel. « c’est un monde où les citoyens tendent à prendre la place des hommes« . Et il cite à nouveau ce passage éloquent du livre :
« Les « citoyens » ne vivent ni dans les bois ni dans la jungle mais dans les bureaux, cependant ils sont plus cruels que les bêtes sauvages de la jungle, ils sont nés du croisement de l’homme avec les machines. C’est une espèce bâtarde, la race actuellement la plus puissante sur toute la surface de la terre. Leur visage ressemble à celui des hommes, et souvent on risque même de les confondre avec eux, mais sitôt après on se rend compte qu’ils ne se comportent pas comme des hommes mais comme des machines ; au lieu du cœur, ils ont des chronomètres… ce sont des citoyens… étrange croisement, ils ont envahi toute la terre. »

Et le préfacier d’analyser :
« C’est ici d’une vie dégradée qu’il s’agit, d’une vie qui partout se tourne contre la vie véritable, c’est à dire contre la création et contre l’amour. »
Il parle aussi « de conflit entre l’homme-réel et ce qu’on me permettra d’appeler l’homme-papier« .

« Pourquoi la Vingt-cinquième Heure, demandera-t-on ? C’est celle qui vient après la dernière heure, celle -je cite textuellement- où même la venue d’un Messie ne résoudrait rien « parce qu’une société technocratisée ne peut créer de l’esprit et est par conséquent livrée aux monstres. »
Ces propos sont autant dramatiques que parfaitement appropriés, ils prouvent que dès la moitié du XXè siècle on pouvait avoir conscience de l’effroyable temps dans lequel on était entrés.
« Même un Messie ne résoudrait rien » devrait nous faire réfléchir.

Il cite un des personnages du roman, qui fait une excellente synthèse et une remarquable anticipation sur ce qu’est la troisième guerre mondiale déjà commencée en 1949 (rejoignant mes propres conclusions basées sur Fatima où la Vierge dit qu’un grand signe dans le ciel -ce sera l’aurore boréale du 25 janvier 1938- annoncera le commencement d’une guerre totale contre l’humanité et l’Eglise ; cette guerre dépasse évidemment le cadre de la seconde guerre mondiale. Or En 1949, Gheorghiu l’avait bien compris) :
« Faut-il se réfugier dans l’espérance qui est celle du père de Traian, le prêtre Koruga : « à la fin, Dieu prendra pitié de l’homme comme il l’a déjà fait maintes fois ; telle l’arche de Noé sur les flots, les quelques hommes demeurés vraiment hommes flotteront par-dessus les remous de ce grand désastre collectif. » C’est la seule pauvre lueur qui brille dans ce grand livre désespéré. »
Là encore le livre est visionnaire, car il décrit ici ce qui s’est passé pour les fameux Témoins de l’Apocalypse, c’est à dire ceux qui ont réussi à vivre sans s’associer au système et sans l’idolâtrer.

Gheorghiu appelle la machine « les esclaves techniques »

L’auteur explique comment le progrès technique finit par transformer l’homme en l’obligeant à raisonner et à fonctionner d’une autre façon, d’une façon compatible avec les machines et leur domination, et c’est cette façon d’agir et de penser qui représente un danger phénoménal car l’homme ne se comporte plus alors comme un être humain tel que l’a voulu le Créateur, mais comme une machine – il se transforme insensiblement et il perd, non seulement sa dimension spirituelle (à ne pas confondre avec la dimension intellectuelle) mais aussi ses aptitudes à l’amour, la charité, se transformant en un animal régit par la loi de la chair, une bête brutale, instinctive, matérialiste, terre à terre, émotive, sensuelle, égoïste, égocentrique, quoique aussi affectueuse (mais l’affection n’est qu’un amour imparfait !).
C’est pourquoi le Bon Dieu avait fixé une limite technique à l’homme afin de ne pas tomber dans la béatitude matérielle, limite que le démon a eu droit de dépasser à la fin des temps (ouverture du puits de l’abîme à la 5ème période, c’est à dire ouverture de la boîte de Pandore).

« L’esclave technique est le serviteur qui nous rend chaque jour mille services dont nous ne saurions plus nous passer. Il pousse notre auto, nous donne de la lumière, nous verse l’eau pour nous laver, il nous fait des massages, raconte des histoires pour nous amuser lorsque nous tournons le bouton de la radio, trace des routes, déplace des montagnes. »

« Les esclaves techniques représentent une majorité numérique écrasante dans la société contemporaine. C’est un fait concret. Dans le cadre de cette société ils agissent selon leurs lois propres, différentes de celles des humains. Je ne citerai de ces lois spécifiques aux esclaves techniques que l’automatisme, l’uniformité et l’anonymat. »

On commence ici à comprendre le cheminement de sa pensée car on est en droit de se demander en quoi le progrès technique est-il nuisible pour l’être humain.
C’est là où la dimension surnaturelle, c’est à dire la présence du démon derrière ce progrès, explique beaucoup de chose – il est dommage qu’il ne fasse pas un parallèle entre montée du matérialisme et affaiblissement du christianisme.
Parce qu’il faut bien se dire une chose : si Gheorghiu est si amer et si pessimiste sur la nature réelle du progrès technique, c’est qu’il en avait observé les effets sur le comportement humain, et constaté les dégâts sur la mentalité chrétienne (même s’il ne fait pas un rapprochement explicite), et il avait bien compris que ceux-ci dépassaient largement ceux de la seconde guerre mondiale.

« Les hommes, afin de pouvoir les avoir à leur service, sont forcés de connaître et d’imiter leurs habitudes et leurs lois. »

« Nous apprenons les lois et la manière de parler de nos esclaves pour mieux les diriger. Et ainsi, peu à peu, sans même nous en rendre compte, nous renonçons à nos qualités humaines, à nos lois propres. Nous nous déshumanisons, nous adoptons le style de vie de nos esclaves techniques. Le premier symptôme de cette déshumanisation c’est le mépris de l’être humain*. L’homme moderne sait que ses semblables, et lui-même d’ailleurs, sont des éléments qu’on peut remplacer. La société contemporaine qui compte un homme pour deux ou trois douzaines d’esclaves techniques doit être organisée et fonctionner d’après des lois techniques. C’est une société créée selon des nécessités mécaniques et non humaines. Et c’est là que commence le drame. »

*Oui mais là encore, il aurait été judicieux qu’il fasse le lien avec la mentalité chrétienne, car le mépris de l’être humain est bien une des caractéristiques de l’Antiquité, que seule la chrétienté va annihiler. Quand on quitte la chrétienté on retourne dans le camp du démon, ce qui est insupportable. C’est bien la preuve que la cité du mal a repris le dessus sur la cité du bien, et que ceci était déjà palpable en 1949 (ce qui n’écarte pas l’aspect visionnaire de cette œuvre).

Ensuite il montre bien le processus :
« Les êtres humains sont obligés de vivre et de se comporter selon des lois techniques étrangères aux lois humaines. Ceux qui ne respectent pas les lois de la machine, promues au rang de lois sociales, sont punis. L’être humain qui vit en minorité devient, le temps aidant, une minorité prolétaire. Il est exclu de la société à laquelle il appartient, mais dans laquelle il ne peut s’intégrer désormais sans renoncer à sa condition humaine. Il en résulte pour lui un sentiment d’infériorité, le désir d’imiter la machine et d’abandonner ses caractères spécifiquement humains, qui le tiennent éloignés des centres d’activité sociale*. »

*ce paragraphe résume à lui seul toute l’ambiguïté du concile Vatican II : c’est bien à cause d’un décalage devenu insupportable entre la mentalité chrétienne et cette nouvelle société technique que les chrétiens ont tenté de rendre compatible la foi et le matérialisme, sinon ils ne pouvaient pas s’intégrer dans cette nouvelle civilisation… si prometteuse… en apparence.

Et là son observation tombe juste, on voit où il voulait en venir après ce long développement :
« Et cette lente désintégration transforme l’être humain en le faisant renoncer à ses sentiments, à ses relations sociales jusqu’à les réduire à quelque chose de catégorique, précis et automatique, les mêmes relations qui relient une pièce de la machine à une autre. Le rythme et le langage de l’esclave technique sont imités dans les relations sociales, dans l’administration, dans la peinture, dans la littérature, dans la danse. Les êtres humains deviennent les perroquets des esclaves techniques. »

– « ce qui veut dire que nous nous transformons en hommes-machines ? »

« C’est justement là qu’éclate le drame. Nous ne pouvons pas nous transformer en machines. Le choc entre les deux réalités -technique et humaine- s’est produit. Les esclaves techniques gagneront la guerre. Ils s’émanciperont et deviendront les citoyens techniques de notre société. Et nous, les êtres humains, nous deviendrons les prolétaires d’une société organisée selon les besoins et la culture de la majorité des citoyens, c’est à dire des citoyens-techniques. »

« Pour finir les hommes ne pourront plus vivre en société en gardant leurs caractères humains. Ils seront considérés comme égaux, uniformes et traités suivant les mêmes lois applicables aux esclaves techniques, sans concession possible à leur nature humaine. »

Ce dernier paragraphe est remarquable d’anticipation : égalitarisme, uniformité…
Il aurait mieux valu qu’il remplace « caractère humain » par « caractère chrétien », cela aurait été plus juste. Il faut aussi se rappeler qu’il fait un lien, on l’a vu dans la synthèse de la préface, avec le communisme, qui procède de la même mentalité (et qu’il associe à l’Occident), car toute cette description ne gêne pas le communisme. Voir en Chine.

Il ajoute quelques détails :
« Les critères sont purement scientifiques. C’est la loi de notre sombre barbarie technique. Nous y arriverons après la victoire totale des esclaves techniques. »
C’est exactement ça !
Et on comprend très bien pourquoi le Covid a été géré de cette façon : parce que les dirigeants, et même l’homme moderne tout court, raisonnent selon des critères exclusivement techniques où l’humain est ravalé au rang d’une machine, d’où des décisions qui révèlent l’aspect inhumain autant que totalitaire de cette mentalité, quand un principe de précaution applicable à une infime minorité (les « malades ») est imposé indifféremment à l’ensemble de la population.
Mais la population accepte ce principe puisqu’elle procède de la même mentalité, d’où sa soumission à de telles pertes de libertés : cela ne relève ni de la bêtise ni de l’habitude mais d’un état d’esprit identique à celui des dirigeants, façonné par la civilisation de la machine.

Et d’ailleurs l’affaire du Covid me fait penser à cette situation décrite dans le livre :
Un des personnages, prêtre, formule une prière où il invoque « la tyrannie impersonnelle de l’Etat » :
« prions pour qu’ils n’en viennent pas à considérer la lettre et le chiffre comme plus réels et plus vivants que la chair et le sang ».
N’est-ce pas exactement ce qui se passe dans la gestion du Covid ?

« Du moment où l’homme a été réduit à la seule dimension de valeur technico-sociale, il peut lui arriver n’importe quoi. »

« Sur toute la surface du globe, aucun homme ne demeurera libre. »
Prophétique !

« L’homme se trouvera enchaîné par la société technique pendant de longues années. Mais il ne périra pas dans les chaînes. La société technique peut créer du confort. Mais elle ne peut pas créer de l’Esprit. Et sans Esprit il n’y a pas de génie. Une société dépourvue d’hommes de génie est vouée à la disparition. La société technique, qui prend la place de la société occidentale et qui va conquérir toute la surface de la terre, périra aussi. »
Il a oublié que le pain et les jeux peuvent avoir une influence considérable et que le démon peut remplacer le génie chrétien par le génie païen : il n’avait pas imaginé la puissance (et le génie !) de l’informatique et d’internet. Mais effectivement, c’est l’absence de lien spirituel qui va détruire l’humanité parce que la technique comme valeur absolue finit par générer un autoritarisme et un totalitarisme qui deviennent inhumains et rendent les gens fous.
En définitive, c’est l’absence d’Amour avec un grand A qui mènera les hommes à s’autodétruire.

« Nous vivons un temps où l’homme se prosterne devant le soleil électrique comme un barbare. »
C’est du d’Alencourt !

Un des fondements-clés du progrès technique : l’ultra cupidité

Le lien entre le système et sa motivation première -l’argent, L’or-Dieu de Bernanos- est peu traité par Gheorghiu, où je n’ai relevé que cette phrase significative :
« La société technique travaille exclusivement d’après des lois techniques -en maniant seulement des abstractions, des plans- et ayant une seule morale : la production« .
Par contre, Bernanos avait parfaitement vu les proportions immenses (et primordiales !) de la cupidité dans la société des machines. Nous allons donc faire un petit aparté sur le livre de Gheorghiu au profit de celui de Bernanos.

Entendons-nous bien : personne ici, ni Bernanos, ni Gheorghiu ni moi-même ne nous opposons au progrès technique en tant que tel ; c’est CE progrès, ce type bien particulier de progrès, son esprit et ses motivations, que nous dénonçons parce que nous y voyons l’immense danger qu’il recèle : se détourner de Dieu au profit du démon et de ses séductions.

Georges Bernanos résume très correctement en quoi consiste ce type de progrès :
« Qu’il s’intitule capitaliste ou socialiste, ce monde s’est fondé sur une certaine conception de l’homme, commune aux économistes anglais du XVIIIè siècle comme à Marx ou à Lénine. On a dit parfois de l’homme qu’il était un animal religieux. Le système l’a défini une fois pour toutes un animal économique, non seulement l’esclave mais l’objet, la matière presque inerte, irresponsable, du déterminisme économique, et sans espoir de s’en affranchir, puisqu’il ne connaît d’autre mobile certain que l’intérêt, le profit.
Rivé à lui-même par l’égoïsme, l’individu n’apparaît plus que comme une quantité négligeable, soumise à la loi des grands nombres ; on ne saurait prétendre l’employer que par masses, grâce à la connaissance des lois qui le régissent. Ainsi, le progrès n’est plus dans l’homme, il est dans la technique, dans le perfectionnement des méthodes capables de permettre une utilisation chaque jour plus efficace du matériel humain.
Cette conception, je le répète, est à la base de tout le système, et elle a énormément facilité l’établissement du régime en justifiant les hideux profits de ses premiers bénéficiaires. ».

Bernanos précise ensuite sa pensée :
« Je ne parle pas de l’invention des Machines, je parle de leur multiplication prodigieuse, à quoi rien ne semble devoir mettre fin, car la Machinerie ne crée pas seulement les machines, elle a aussi les moyens de créer artificiellement de nouveaux besoins qui assureront la vente de nouvelles machines*. Chacune de ces machines, d’une manière ou d’une autre, ajoute à la puissance matérielle de l’homme** c’est à dire à sa capacité dans le bien comme dans le mal. Devenant chaque jour plus fort, plus redoutable, il serait nécessaire qu’il devînt chaque jour meilleur. Or, si effronté qu’il soit, aucun apologiste de la Machinerie n’oserait prétendre que la Machinerie moralise. La seule Machine qui n’intéresse pas la Machine, c’est la Machine à dégoûter l’homme des Machines, c’est à dire d’une vie tout entière orientée par la notion de rendement, d’efficience, et finalement de profit. »

*il avait perçu le marketing avant l’heure
**il y a là une notion remarquable à laquelle on ne pense jamais et qui est une des raisons pour lesquelles Satan veut nous donner un tel pouvoir : l’accroissement de la puissance matérielle de l’homme, parce que le démon, par définition, peut agir sur nos sens, sur la chair, sur la matérialité de l’homme. Ainsi donc, s’il décuple la puissance matérielle, celle-ci sera forcément à son service, quoi qu’on fasse, car de l’autre côté, le Seigneur agit à l’inverse : il décuple la puissance spirituelle de l’homme, le fameux homme intérieur. Comme sur une balance, non seulement le déséquilibre entre matériel et spirituel s’accentuera, mais puisque la puissance matérielle s’auto-alimente, elle finira par éliminer la totalité de l’homme spirituel, parce que sa croissance est sans fin. Et la finalité de cette croissance, nous dit Bernanos, c’est le profit ; j’ajouterai que c’est aussi l’élimination de toute vie intérieure, au profit d’une autre vie, non pas spirituelle mais sensuelle et même intellectuellement sensuelle (dans le sens : dominée par la chair – ce qui est valable dans la composante matérielle comme immatérielle de l’homme).

Pour mieux comprendre le distinguo entre avant et après, continuons avec ce passage de Bernanos :
« Vous venez de raisonner comme si vos machines allaient être conçues dans le même esprit où furent jadis inventés les outils. Nos ancêtres se sont servis d’une pierre tenue au creux de la main en guise de marteau, jusqu’au jour où, de perfectionnement en perfectionnement, l’un d’entre eux imagina de fixer la pierre au bout d’un bâton. Il est certain que cet homme de génie, dont le nom n’est malheureusement pas venu jusqu’à nous, inventa le marteau pour s’en servir lui-même, et non pour en vendre le brevet à quelque société anonyme. Ne prenez pas ce distinguo à la légère. Car vos futures mécaniques fabriqueront ceci ou cela, mais elles seront d’abord et avant tout, elles seront naturellement, essentiellement, des mécaniques à faire de l’or. Bien avant d’être au service de l’Humanité, elles serviront les vendeurs et les revendeurs d’or, c’est à dire les spéculateurs, elles seront des instruments de spéculation.


Or, il est beaucoup moins avantageux de spéculer sur les besoins de l’homme que sur ses vices, et parmi ses vices, la cupidité n’est-elle pas le plus impitoyable ? (…)
Je prédis que la multiplication des machines développera d’une manière presque inimaginable l’esprit de cupidité*. »

*Cette prédiction est vérifiable, presque 80 ans après, en tous points et exactement dans les mêmes termes. J’ajouterai que la grande intelligence du démon, pour masquer partiellement la prépondérance phénoménale de la cupidité dans nos cœurs, et se donner bonne conscience, aura été de l’accompagner d’un exceptionnel degré d’hypocrisie : la cupidité devient un métier (le marketing), une nécessité (« il faut bien vivre ») et même un bienfait (« je satisfais les besoins des gens »). Personne ne veut se rendre compte et admettre que l’état d’esprit qui préside à nos idées et à notre raisonnement est foncièrement malsain et déformé.

Bernanos en conclut qu’une telle situation peut faire de l’homme un demi-dieu, ou peut-être plus, « mais l’or, lui, sera Dieu« . Il parle aussi de « l’Etat-Dieu« , évidemment.

Et pour finir sur cet aspect, voici trois dernière citations de Bernanos qui se passent de commentaire, et qui élimineront les quelques objections que l’on pourrait formuler :
« A en croire les imbéciles, ce sont les savants qui ont fait le système. Le système est le dernier mot de la science. Or le système n’est pas du tout l’œuvre des savants, mais celle d’hommes avides qui l’ont créé pour ainsi dire sans intention -au fur et à mesure des nécessités de leur négoce. »

« Un monde né de la spéculation ne peut s’organiser que pour la spéculation. La première ou plutôt l’unique nécessité de ce monde, c’est de fournir à la spéculation les éléments indispensables. »

« Ne voyez-vous pas que la civilisation des machines exige en effet de vous une discipline chaque jour plus stricte ? Elle l’exige au nom du Progrès, c’est à dire au nom d’une conception nouvelle de la vie, imposée aux esprits par son énorme machinerie de propagande et de publicité.
Comprenez donc que la civilisation des machines est elle-même une machine, dont tous les mouvements doivent être de plus en plus parfaitement synchronisés ! (…)
La civilisation des machines a sa devise : Technique d’abord ! Technique partout ! (…)
La Technique prétendra tôt ou tard former des collaborateurs acquis corps et âme à son Principe, c’est à dire qui accepteront sans discussion inutile sa conception de l’ordre, de la vie, ses Raisons de Vivre. Dans un monde tout entier voué à l’Efficience, au Rendement, n’importe-t-il pas que chaque citoyen, dès sa naissance, soit consacré aux mêmes dieux ? La Technique ne peut être discutée, les solutions qu’elle impose étant par définition les plus pratiques. Une solution pratique n’est pas esthétique ou morale.
La Société moderne est désormais un ensemble de problèmes techniques à résoudre*. »

* donc il est logique qu’elle règle le problème Covid de façon technique, ce qui est une aberration totale pour « l’homme qui croit à autre chose qu’à la technique » (et souvent qui croit en Dieu, en sa Création et donc aux capacités naturelles de cette dernière), mais qui est parfaitement cohérent et logique pour celui qui s’est laissé discipliner par la Technique.

Après ce complément de Bernanos, revenons maintenant à la 25ème heure.

La 25ème heure : ce n’est pas la dernière heure mais une heure après la dernière heure

Le personnage principal, Traian, explique le titre du roman qu’il est en train d’écrire :
« La Vingt-cinquième heure. Le moment où toute tentative de sauvetage devient inutile. Même la venue d’un Messie ne résoudrait rien*. Ce n’est pas la dernière heure : c’est une heure après la dernière heure. Le temps précis de la société occidentale. C’est l’heure actuelle. L’heure exacte. »
*oui parce qu’il faut tout dégager au préalable

Remarquable !! C’est l’heure après la dernière heure, donc l’heure ultime après laquelle il n’y a plus rien, qui se termine, même s’il ne le dit pas, par la fin du monde, car effectivement tout sauvetage est inutile et même néfaste (il n’y a rien à sauver dans tout ça, bien au contraire !).
Et donc, il le dit bien : la dernière heure, c’est celle qu’ils vivent actuellement (donc en 1949) c’est à dire celle de Pie XII !

Et il fait d’ailleurs un lien timide mais concret avec l’Apocalypse et là encore, il fait mouche :
« Sans la complicité d’un homme, les esclaves techniques ne peuvent attaquer les êtres humains. Ayant comme complice un citoyen -qui n’est pas un être humain- les esclaves techniques deviennent des bêtes d’Apocalypse. »
Doit-on en déduire que ces citoyens-complices sont des démons ? presque… leurs enfants, voir ci-après :
« Le citoyen est l’être humain qui ne vit que la dimension sociale de la vie »
C’est dur !! et bien vrai – c’est le socialo type, le sans-Dieu par excellence donc sans amour et sans dimension spirituelle – bref l’enfant de Satan.

« Le citoyen est la bête la plus dangereuse qui soit apparue sur la surface du globe, depuis le croisement de l’homme avec l’esclave technique. Il possède la cruauté de l’homme et de la bête et la froide indifférence des machines. »

Bref l’homme divinisé par la technique, l’homme parvenu à la béatitude matérielle, cet ex enfant de Dieu est devenu l’enfant de la bête.

La magnifique symbolique des lapins blancs

« J’ai fait une fois une croisière en sous-marin. Je suis resté mille heures sous l’eau. Il y a dans les sous-marins un appareil spécial pour indiquer le moment précis où il faut renouveler l’air. Mais, il y a longtemps, il n’y avait pas d’appareil et les marins prenaient à bord des lapins blancs. Au moment où l’atmosphère devenait toxique, les lapins mouraient et les marins savaient alors qu’ils n’avaient plus que cinq ou six heures à vivre. A cet instant, le capitaine devait prendre la décision suprême : ou bien il faisait un effort désespéré pour remonter à la surface, ou bien il ne quittait pas le fond et mourait avec tout l’équipage. D’habitude, pour ne pas se voir mourir, ils s’abattaient entre eux à coups de revolver. »
« C’est un don que nous avons, les lapins blancs et moi, de sentir six heures avant le reste des humains le moment où l’atmosphère devient irrespirable. Depuis un certain temps j’éprouve cette même sensation que j’avais à bord du sous-marin : l’atmosphère est devenue suffocante. »

« Quelle atmosphère ? »

« L’atmosphère dans laquelle vit la société contemporaine. L’être humain* ne peut plus la supporter. La bureaucratie, l’armée, le gouvernement, l’organisation d’Etat, l’administration, tout contribue à suffoquer l’homme. La société actuelle sert les machines et les esclaves techniques. Elle est créée pour eux. Mais les hommes sont condamnés à l’asphyxie. Ils ne s’en rendent pas compte. Ils persistent à croire que tout est normal, comme par le passé. Les hommes de mon sous-marin résistaient eux aussi dans l’atmosphère infectée. Après la mort des petits lapins, ils vivaient six heures encore. Mais moi je sais que tout est fini. »
Moi aussi !!!!

*en réalité, le chrétien

« Dans mon roman, je décris la manière dont meurent, dans des tourments affreux, tués par une atmosphère qui ne permet pas l’existence, les hommes de cette terre. »
Ce sont évidemment des morts au figuré (les âmes) mais au final ce sera au sens propre !

« Après la mort des lapins blancs, les hommes ne peuvent plus vivre que six heures au maximum. Mon roman décrit les six dernières heures de la vie de mes meilleurs amis. »

Ces 6 heures, c’est la sixième période, celle de l’Antéchrist, à laquelle l’humanité chrétienne ne pourra pas survivre ; si Dieu veut en sauver quelques-uns, il est obligé d’y mettre fin lui-même, par la chute des bêtes : le 7 rédempteur.

Donc la 25è heure ce sont les 6 dernières heures c’est à dire la 6è période, la toute dernière : oui ! Et en 1949 elle avait ou ALLAIT commencer car la symbolique des lapins blancs peut désigner les justes (les hommes revêtus de blanc) et donc le premier d’entre eux : le PAPE, l’homme en blanc.


La preuve :
« Après la mort des lapins blancs il n’y a plus de happy end possible. Il y a seulement quelques heures avant que tout soit fini. »

Il y a deux façons d’appliquer cette symbolique en eschatologie :
– soit le dernier lapin blanc correspond au dernier pape véritablement catholique, et alors il s’agit de Pie XII, la date se situant au 9 octobre 1958 ; ensuite il reste 6 heures à vivre, c’est à dire les 6 papes de la civilisation de la machine.
– soit le dernier lapin blanc c’est Benoît XVI, dernier de la liste de la prophétie des papes, et alors sa mort est soit située au 28 février 2013 (date de son départ effectif), soit à son décès. Resteront alors (symboliquement) quelques heures à vivre.
Je penche sur la première hypothèse : après la mort du dernier lapin blanc (Pie XII), il reste 6 heures à vivre (6 papes) durant lesquelles nous mourrons à petit feu par asphyxie jusqu’à la disparition définitive de notre civilisation (quel symbolisme d’ailleurs que celle de la forme grave du Covid : l’insuffisance respiratoire ! il faut donc toujours scruter la symbolique des choses pour en comprendre le sens réel).

Et c’est un moment très dur à vivre et à admettre :
« Il faut te résigner, mon vieux Moritz, dit Traian en lui tapant sur l’épaule. Après la mort des lapins blancs, il n’y a plus d’autre solution que la résignation. »
C’est d’autant plus vrai que beaucoup ne veulent pas l’admettre, et c’est là qu’intervient autant l’humilité que la confiance en Dieu et en la sainte Providence.

Et cette résignation, cette difficulté à comprendre et admettre de se soumettre à l’impensable est admirablement décrite dans la prière suivante, qui exprime bien mystiquement le mystère qui nous oppresse depuis tant d’années :

« Seigneur dit Traian, je ne te demande pas de retirer ce verre de mes lèvres. Je sais que cela n’est point possible. Mais je t’implore de m’aider à boire ce verre. Depuis une année, je le garde tout près de mes lèvres. Depuis une année, je demeure près des frontières de la vie et de la mort*. Depuis une année, je demeure aux limites de la vie et du rêve. Je suis sorti du temps, et pourtant je continue à vivre. La vie s’est retirée de mon corps par tous les pores, et cependant je suis encore en vie, et cependant je respire et je me traîne et j’introduis encore dans mon corps du pain et de l’eau bien que je ne les désires plus. Et toutes ces souffrances viennent de ce que je ne me rends pas compte si je suis prisonnier ou si je suis libre.
Je vois que je suis enfermé mais je n’arrive pas à croire que je suis enfermé**.
Je vois que je ne suis pas libre et pourtant mon Esprit me dit qu’il n’y a aucune raison pour que je ne sois pas libre. La torture que produit cette incompréhension est infiniment plus dure que l’esclavage. Les hommes qui m’ont enfermé ne me haïssent pas, ne veulent pas me punir et ne désirent pas ma mort.
Ils veulent simplement sauver le monde !
Et pourtant ils me torturent et me tuent à petit feu… ils torturent et tuent peu à peu toute l’humanité***. Je ne suis pas le seul à souffrir, je le sais.
Ceux qui dirigent le monde se sont mis à construire des hôpitaux géants pour guérir les plaies des hommes. Mais sous leurs truelles****, ce ne sont point des hôpitaux, mais des prisons qui s’élèvent. »

*il s’agit de la mort de l’âme, évidemment, d’où cette immense angoisse autant corporelle qu’intellectuelle et spirituelle
**comme nous, à l’intérieur de cette civilisation dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas, et dont nous ne pouvons pas sortir
***c’est remarquablement exprimé !
**** allusion à la franc-maçonnerie ?

L’inhumanité de la civilisation technique : le collectivisme s’oppose à l’individu

« L’apparition de la société technique a détruit ce que nous avions gagné et créé durant des siècles de culture. La société technique a réintroduit le mépris de l’être humain. L’homme est réduit aujourd’hui à sa seule dimension sociale. »
Le sous-entendu est évident : il s’agit des siècles de culture chrétienne.

« C’est la vingt-cinquième heure. L’heure de la civilisation européenne. »
Donc chrétienne. Il s’agit bien d’un enjeu civilisationnel et seule l’Europe est le berceau incontestable de la chrétienté.

« La civilisation occidentale dans sa dernière phase de progrès ne prend plus conscience de l’individu. »

« Ce motif est absurde du point de vue humain et parfaitement justifié du point de vue de la machine. L’Occident regarde l’homme par les yeux de la technique. L’homme en chair et en os, capable de joie et de souffrance, est inexistant.
Et c’est pourquoi, le fait qu’ils nous aient arrêtés, nous gardent en prison et demain peut-être nous exécutent, ne peut pas être considéré comme criminel. Ce serait criminel si cela se rapportait à des hommes en chair et en os. Mais la société occidentale est incapable de prendre acte de la présence de l’homme vivant. Lorsqu’elle arrête ou tue quelqu’un, cette société n’arrête pas et ne tue pas quelque chose de vivant, mais une notion. En bonne logique, ce crime ne peut lui être imputé car aucune machine ne peut être accusée de crime*. Et nul ne saurait demander à une machine de traiter les hommes selon leurs caractéristiques individuelles. »
*pareil pour le système : c’est le sens de « responsable mais pas coupable »

« L’Occident a créé une société semblable à la machine. Il oblige les hommes à vivre au sein de cette société et à s’adapter aux lois de la machine. »

« Je sais que la civilisation technique est bâtie sur des bases matérialistes. L’économie est votre évangile. »

« Le moment était proche où les lois interdiraient aux hommes de vivre leur propre vie. »
Oui ! On vient de le vivre en direct avec le Covid !

« Et maintenant il lui était annoncé officiellement que ces lois étaient rigoureusement appliquées et respectées. Il n ‘y avait plus d’erreur possible.
Des êtres humains qui n’étaient pas coupables pouvaient être, et étaient légalement arrêtés, torturés, affamés, dépouillés et exterminés. »

« Seul l’Etat et ses lois en portent la responsabilité. Et il ne sera pas pardonné à l’Etat ! L’Etat sera puni comme Sodome et Gomorrhe. La foudre ne tombera pas seulement sur notre Etat, mais sur toute notre société d’aujourd’hui qui commet ces péchés, que Dieu ne peut voir sans souffrir amèrement. »

« La société technique progresse exactement dans le sens inverse : elle généralise tout. »
Il cite alors le comte H de Keyersling :
« C’est à force de généraliser et de chercher, ou de placer, toutes les valeurs dans ce qui est général, que l’humanité occidentale a perdu tout sens pour les valeurs de l’unique, et partant de l’existence individuelle. D’où l’immense danger du collectivisme, qu’on le comprenne à la russe ou à l’américaine ».
Eh oui, dans les deux cas le judaïsme à l’origine du capitalisme et du communisme contient à la fois les mêmes racines du collectivisme et du matérialisme athée.

Ce qui m’amène cette réflexion :
Le christianisme magnifie et transcende la personne humaine parce qu’il fait de chaque homme un enfant de Dieu unique et différencié, alors que son inverse le globalise dans une collectivité indifférenciée.
Cet enfant de Dieu Gehorghiu l’appelle « l’individu » ou tout simplement « l’homme » par opposition au citoyen et à l’esclave technique.

« La société de la civilisation technique est devenue incompatible avec la vie de l’individu. Elle étouffe l’homme. Et les hommes meurent de la même mort que les lapins blancs de ton roman. Nous mourrons tous asphyxiés par l’atmosphère toxique de cette société* où ne peuvent se mouvoir que les esclaves techniques, les machines et les citoyens. Les hommes pèchent ainsi gravement et sont coupables envers Dieu. »

*tout au long du livre, il parle de la mort de l’âme mais aussi de l’esprit, car il n’y a pas seulement la dimension spirituelle de l’homme qui est affectée, c’est une mort culturelle, affective, sociale : l’homme (chrétien) se retrouve plongé dans un monde qui l’agresse dans toutes ses dimensions et qui l’oblige à changer -et donc à mourir c’est à dire à renoncer à sa civilisation- pour entrer (naître) dans une autre qui lui est non seulement contraire, mais hostile. C’est l’incompatibilité entre les deux civilisations qui pose le plus de problème car, comme le concile y a cru, certains ont espéré et recherché une cohabitation. Mais à cause de cette incompatibilité chronique et structurelle le résultat ne fut ni une cohabitation ,ni une fusion, mais une absorption de l’ancienne civilisation par la nouvelle, et donc son remplacement qui est aujourd’hui achevé, et presque intégral.
Tout le problème, avec ces cycles lents et insidieux, est que cela n’a pas été vécu ainsi par la majorité de la population, que l’on s’est bien gardé de l’expliquer, et que donc la plupart ne se sont pas aperçu qu’on transformait petit à petit leur façon de vivre et de penser.

Bernanos exprime exactement la même notion :
« Une civilisation ne s’écroule pas comme un édifice ; on dirait beaucoup plus exactement qu’elle se vide peu à peu de sa substance, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que l’écorce. On pourrait dire plus exactement encore qu’une civilisation disparaît avec l’espèce d’homme, le type d’humanité, sorti d’elle. »

Gheorghiu a raison, la 25è heure est inéluctable et n’a aucune solution mis à part l’anéantissement brutal et total de la nouvelle civilisation ainsi obtenue :
« De toute notre force, nous agissons contre notre bien, et surtout contre Dieu. C’est le dernier degré de déchéance jamais atteint par une société humaine. Et cette société périra. »

C’est la mort inéluctable de cette société que j’appelle « la chute de Babylone » car c’est la mort des bêtes, donc de l’Antéchrist et de son monde !

« Voilà le crime de la société technique occidentale. Elle tue l’homme vivant*, le sacrifiant à la théorie, à l’abstraction, au plan. C’est là la forme moderne du sacrifice humain**. »
*vivant de la grâce, bien entendu
**c’est toute la subtilité du système : des morts sans cadavres, des martyrs sans nom et sans visage, et surtout sans sang qui coule. Même l’avortement est un meurtre « propre », en blouse blanche, présenté comme un acte médical.

« Avec ce système, l’homme peut atteindre, dans le meilleur des cas, l’apogée de la perfection sociale. Mais cela ne lui est d’aucun secours. La vie même de l’homme cessera d’exister du moment où elle sera réduite au social, à l’automatique, aux lois de la machine*.
Ces lois ne pourront jamais donner un sens à la vie humaine. Et si on enlève à la vie son sens, l’unique sens qu’elle possède et qui est totalement gratuit et dépasse la logique, alors la vie même finit par disparaître. Le sens de la vie est absolument individuel et intime**. »

*comment ne pas penser, en lisant ça, à la façon dont on aborde le sujet de la conduite automobile de nos jours : c’est l’application exacte de cette mentalité, où l’individu n’a plus de valeur, il doit se comporter comme une machine, on lui interdit tout jugement, tout libre-arbitre, tout bon sens ; il doit obéir impérativement, sans réfléchir, sans adaptation aux spécificités du terrain, sans pragmatisme, aux innombrables directives fixées par la collectivité et qui s’imposent avant toute forme de liberté, même celle de penser (ce qui dans le cas de la conduite automobile est particulièrement impressionnant, parce qu’observable à l’œil nu !), sous peine d’être très lourdement sanctionné pour des fautes d’un type nouveau : à aucun moment la faute n’aura été de nuire à son prochain, mais de n’avoir pas respecté une loi aveugle et impersonnelle, typique d’une machine pour une autre machine. Bref la conduite automobile interdit typiquement à l’homme d’être un homme, c’est à dire de s’adapter aux circonstances selon son jugement, son observation et son expérience, elle l’oblige à se comporter exactement comme une machine, à qui la réflexion non seulement est interdite, mais réputée nuisible !!!
C’est plus que totalitaire, c’est insultant pour chaque être humain, ravalé au rang de la machine la plus quelconque.
Il y a aussi derrière cette idée une déresponsabilisation de l’individu : celui-ci s’efface devant une collectivité qui pense pour lui. L’homme n’agit plus par lui-même, avec la part de risque et d’incertitude que cela comporte (c’est ça la responsabilité : se prendre en charge soi-même, en accepter les risques, ce qui n’exclut ni l’éducation ni l’expérience), mais il est sommé de conformer son comportement individuel aux directives précises de la collectivité.

** »Le sens de la vie est absolument individuel et intime » : c’est justement ce que le collectivisme (socialisme) nous interdit aujourd’hui : toute conviction individualisée et intime.

« A la fin, Dieu prendra pitié de l’homme, comme il l’a déjà fait maintes fois. Ensuite, telle l’arche de Noé sur les flots, les quelques hommes demeurés vraiment hommes flotteront par-dessus les remous de ce grand désastre collectif. »
C’est exactement la description que je fais des Témoins.

« Mais le salut ne viendra que pour les hommes qui sont vraiment des hommes, c’est à dire des individus. »
« Aucune Eglise, aucune nation, aucun Etat et aucun continent ne pourra sauver ses membres en masse ou par catégories. Seuls les hommes pris individuellement, sans tenir compte de leur religion, de leur race ou de leurs catégories sociales ou politiques pourront être sauvés. »
Je suis d’accord sur la notion de salut individuel et non collectif, qui est très probable, et sur le fait que certains hommes, grâce à leurs mérites, pourront être sauvés. Mais on ne peut pas dire « quelle que soit leur religion » car il faut impérativement et au minimum croire en Jésus-Christ Fils de Dieu et Sauveur, sinon soit Dieu n’est pas le Dieu Trinitaire (et il n’y en a qu’un seul, rappelons-le) soit il se contredirait, ce qui est évidemment inenvisageable.
La mollesse doctrinale de Gehorghiu est un gros reproche à lui faire. L’influence orthodoxe ?

Un mot sur la notion de tribulations. Je pense qu’à ce stade, le lecteur commence à me voir venir.
Je vois régulièrement des gens expliquer que les tribulations et les persécutions  commenceront vraiment quand il y aura des islamistes dans le hall de nos immeubles prêts à nous égorger parce que nous sommes chrétiens ; ou bien les chars russes sur les quais de Seine, vieille idée que certains caressent encore malgré sa désuétude flagrante. Mais c’est trop facile ; de telles situations feraient des martyrs en pagaille et les martyrs, c’est justement ce que veut éviter Satan. Il y aurait alors un sursaut de foi, un regain de combativité et un retour aux valeurs essentielles. Bref tout ce que ne veut pas raviver le démon.
C’est pourquoi il est illusoire de croire que les musulmans en France, et en Occident d’une façon générale, se montreront un jour agressifs à ce point.
Non, au contraire, l’ennemi à combattre, c’est justement celui qui a su nous séduire et aux pieds duquel nous avons déposé les armes ; l’ennemi véritable c’est le confort, la mollesse, le matérialisme, l’argent-roi, la paresse et son cortège de divertissements et de vacances, et bien sûr l’orgueil, l’orgueil insensé de l’être humain aujourd’hui qui se complaît dans l’auto-adoration de sa propre suffisance et de son apparence de divinisation. L’homme-Dieu qui se croit capable de régenter la morale selon ses désirs, de modifier la loi naturelle pour l’adapter à ses besoins propres, de reformuler la génétique pour faire mieux que le Créateur (!), qui donne des ordres au climat (?) et demain à la maladie… cet homme qui se prend pour Dieu et qui en devient fou.
Son ennemi ce n’est pas l’islamiste du coin de la rue, c’est le monde qu’il s’est créé et dans lequel il se complaît en attendant de se rendre compte qu’il y est piégé ; ce monde que tant d’hommes ont trouvé si utile et si nécessaire, au concile Vatican II, qu’ils ont tenté de le rendre compatible avec la foi : folie de l’homme piégé par le matérialisme et qui ne veut pas choisir entre le Christ et Bélial, qui veut servir deux maîtres à la foi, Dieu et l’argent, qui réclame la béatitude matérielle que lui offre la civilisation des machines, mais veut aussi, quand même, aller au Ciel. Sauf que saint Paul l’a suffisamment expliqué : il faut choisir entre vivre selon la chair ou selon l’esprit.
Pour conserver son statut de matérialiste patenté, cet homme préfèrera renier son Dieu en public, par exemple en affirmant que nous partageons le même Dieu avec les juifs et les musulmans, ce qui ne l’empêchera pas le dimanche suivant de réciter doctement le Credo à la messe du coin; quelle infamie, quelle désorientation diabolique de ces apostats, incapables de « distinguer leur droite de leur gauche » (Jonas 4:11).
Alors il ne faut pas se tromper d’ennemi : le véritable ennemi, et le plus menteur de tous, c’est celui qui rend la vie selon la chair si attractive qu’on ne peut et ne veut l’éviter, et en même temps vous susurre à l’oreille que celle-ci est compatible avec la vie éternelle, en déformant la notion de miséricorde selon la nouvelle mentalité qu’il a lui-même suggérée.

Voilà le piège que nos amis Bernanos ou Gheorghiu avaient perçu dès 1945 dans cette civilisation des machines -c’est à dire du matérialisme triomphant- parce que non seulement il s’agit d’une attaque en règle contre l’homme intérieur (et donc contre la vie selon l’Esprit), mais c’est aussi une monstrueuse mystification, parce que confier son avenir à Satan, c’est s’exposer au final à une société inhumaine, invivable et insupportable. Non seulement on y perd son âme, mais on n’y vit même pas heureux.
Mais comment voulez-vous que l’ennemi numéro un de l’Amour produise autre chose que son contraire ? Peu importe qu’il utilise les mêmes mots, qu’il les emballe de liberté, égalité, fraternité, on se rend vite compte de l’affabulation, de la mystification, de l’hypocrisie du système. Et ce dernier finit mal, comme son concepteur, parce que celui qui est menteur et homicide depuis le début l’est aussi à la fin, ce sera son cadeau d’adieu : un monde entièrement menteur et homicide… n’est-ce pas ce qu’il est devenu aujourd’hui ?

Le résistant : un témoin désabusé ?

« L’homme est désormais en minorité et il a les poings liés. »
Rappelons que l’homme, pour lui, c’est celui qui résiste à la société technique, qui n’en partage pas la mentalité, même s’il en utilise certains outils.
Car le plus intéressant, et probablement le plus important, c’est de faire comprendre que la bataille se situe d’abord dans l’immatériel : c’est une guerre contre l’Esprit et contre l’âme.


« Il ne me reste plus qu’à faire ce que la société technique permet encore à un homme de faire » :
C’est à dire être un spectateur impuissant.

« C’est avec elles [ses lunettes] que j’ai vu mourir un continent avec son poids d’hommes, de lois, de croyances et d’espoirs, mourir sans savoir qu’il meurt, enfermé dans les camps et les lois techniques d’une société revenue à la rigidité barbare. »
« A partir d’aujourd’hui, je ne veux plus rien voir. Je suis fatigué. Le spectacle a trop duré.
Si je les gardais encore, je ne pourrais plus voir que des ruines, des villes en ruine, des hommes en ruine, des pays en ruine, des églises en ruine et des espérances en ruine. »
« Par-dessous les ruines, les nouveaux pionniers se sont mis en marche. Ils sont les citoyens de ce nouveau monde qui surgit dans l’histoire. Ils construisent à un rythme fou. Pour bâtir leur civilisation, ils ont commencé par les prisons. Après tout, cela les regarde. Personnellement, je ne me sens pas capable de construire en leur compagnie. Je devrais demeurer toute ma vie un spectateur. Mais vivre comme simple spectateur, c’est à dire comme Témoin, cela ne signifie pas vivre.* La société technique occidentale n’offre aux hommes que des places de spectateurs. »

*c’est très bien dit, elle est peut-être là la clé de compréhension de la mort des Témoins.

« Il y a certaines morts qui ne laissent pas de cadavres derrière elles. Les continents meurent et ne laissent pas de cadavres. Les civilisations meurent et ne laissent pas de cadavres. Les religions non plus, ni les patries. Les hommes aussi meurent parfois avant d’avoir pu trouver leur mort par leur cadavre. »

« Il se dit que les hommes qui souffraient de l’écroulement de la culture occidentale* s’écroulaient et disparaissaient en même temps qu’elle. »
*autrement dit, de la civilisation chrétienne

Le livre parle alors « de l’homme arrivé aux limites de la souffrance spirituelle » : c’est remarquable pour désigner la véritable nature de nos souffrances.
Et dans la même veine, cette très belle observation :
« Sa tristesse n’était pas une simple tristesse de la chair, mais surtout une tristesse de l’esprit. »

Il manque à ces réflexions la dimension chrétienne de la vertu d’espérance : parce que, même si nous sommes impuissants face à la destruction de notre civilisation, nous devons et pouvons en sauvegarder l’essentiel et surtout sauvegarder nos âmes avec une ferme et indestructible confiance dans les paroles du Seigneur : « celui qui tiendra jusqu’au bout sera sauvé » ; et rien ne nous empêche de sauver les autres par la même occasion. Sauver les âmes bien entendu, c’est le seul enjeu encore valable.

Conclusion

J’ose affirmer que la civilisation de la machine est celle de la bête -autrement dit de l’Antéchrist-, du moins elle en est une des têtes principales. Parce qu’elle s’attaque directement à l’homme. L’homme tel qu’il a été voulu par le Créateur : notre humanité est chair et esprit et le Créateur veut que, par le biais de la civilisation chrétienne -SA civilisation-, l’homme domine la chair par l’Esprit. L’Esprit avec un grand E, c’est à dire l’Esprit-Saint, troisième Personne de la Sainte Trinité. L’Esprit-Saint agit dans l’homme, une fois baptisé, lorsque celui-ci est sanctifié par la grâce qui irrigue son âme, qui elle-même dirige la chair. Or la civilisation de la machine inverse le processus : la chair domine l’esprit jusqu’à s’identifier à lui, en substituant à la dimension spirituelle de l’homme, qui est de l’ordre du surnaturel (la grâce), une contrefaçon que l’on pourrait appeler la spiritualité matérialiste.
La meilleure preuve est que la civilisation de la machine est aussi ouvertement antichrétienne, dans son essence même, mais aussi dans son attitude, puisqu’elle lui est hostile au point de lui faire une guerre acharnée et totale. En d’autres termes, il ne s’agit pas de deux civilisations qui cohabitent mais bien de deux systèmes qui s’affrontent parce qu’ils sont radicalement opposés. Tout le malaise vient du fait que cette guerre ne dit pas son nom, elle est officiellement inexistante, et se cache au contraire sous le noms de démocratie, tolérance, liberté religieuse… autant de qualificatifs valables pour la civilisation des machines mais refusés à la civilisation chrétienne.

Et puis, l’autre caractéristique principale de la civilisation de la machine, c’est l’absence d’amour. Ce monde est froid, impersonnel, calculateur, réducteur, égalitariste. Il a réduit l’amour à ses composantes physiques, affectives et intellectuelles, en définitive à sa dimension charnelle.
Amour de soi (égoïsme), amour de l’argent, amour des plaisirs de la chair sont les 3 grandes substitutions à l’amour du prochain, l’amour du devoir (par définition désintéressé et gratuit) et l’amour de la loi naturelle du Créateur. Et au-dessus de tout il y a l’amour de Dieu, celui qui transcende et alimente tous les autres.
Le premier et le plus grand des commandements c’est d’aimer Dieu de tout son cœur, et le second, qui lui est semblable mais passe après le premier (et pour cause ! il y a un ordre : c’est de l’amour de Dieu que viennent les autres élans du cœur) : « tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Matthieu 22:39).

Mais laissons le mot de la fin à Mgr Gaume ; les lignes, visionnaires et prophétiques, qui vont suivre datent de 1871, et elles prouvent qu’il n’y a aucun doute sur le diagnostic général que nous formulons 150 ans après :
« Quand le plateau d’une balance descend, l’autre monte. Le signe qui précède appelle nécessairement celui qui suit. Tout ce que perd la vie de l’esprit bénéficie à la vie de la chair. Le monde surnaturel n’étant plus rien pour l’homme, le monde naturel est tout. Cette prépondérance, ou mieux ce débordement de la vie matérielle est un autre signe de la fin du monde. (…)
La réponse que nous cherchons est dans les paroles mêmes du souverain Juge. Il viendra, nous dit-il lui-même [Matthieu 24, 36-30 : « comme il était aux jours de Noé, il en sera à l’avènement du Fils de l’homme… »] lorsque la généralité des hommes ne vivront plus que pour le corps ; lorsque boire, manger, vendre, acheter, bâtir, se livrer avec passion aux affaires et aux plaisirs, sera leur occupation dominante et presque exclusive, le soin qui absorbera tous les autres soins.
Lorsqu’enfoncés dans la matière et esclaves de leurs sens, le monde spirituel, Dieu, Jésus-Christ, l’Eglise, l’âme, l’éternité, les promesses et les menaces divines, ne seront pour les uns que des chimères, et pour les autres que des vérités plus ou moins abstraites et presque sans influence sérieuse sur l’ensemble de leur conduite ; lorsqu’ils ne connaîtront plus, qu’ils n’aimeront plus, qu’ils ne rechercheront plus que les réalités palpables, l’or, l’argent, le bien-être du corps ; qu’ils se moqueront des Noé, dont la voix amie leur annoncera la proximité du déluge : alors l’homme sera devenu chair. Quand il sera devenu chair, l’esprit de Dieu se retirera, l’homme aura perdu sa raison d’être ; puis viendra la fin. »

Illustration : Les temps modernes, célèbre satire et caricature de la civilisation de la machine.

Toutes les citations d’auteurs sont extraites de :
– Georges Bernanos, La France contre les robots (1945)
– Virgil Gheorghiu, La 25ème heure (1949)
– Mgr Jean-Joseph Gaume, Où en sommes-nous ? (1871)

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La Commune et Pontmain : mystères et châtiments

Cet article contient deux sujets qui auraient pu être traités séparément sous les titres L’imposture de la Commune et Le secret de Pontmain ; mais comme ils méritent un rapprochement, ils sont regroupés en un seul.
je vais proposer ici une nouvelle lecture des événements de 1870 à 1873, avancer une explication et une interprétation (qui me sont personnelles) des motifs réels cachés derrière les faits, et montrer le lien probable entre les faits historiques et l’intervention divine.

Rappel des faits historiques

Commençons par remettre en mémoire les principaux événements autour de la guerre franco-prussienne de 1870-71, tels qu’ils sont enseignés officiellement :
A la suite de désaccords et de provocations savamment orchestrées, la France de Napoléon III déclare la guerre à la Prusse de Bismarck mi-juillet 1870. Le 2 septembre suivant, à Sedan, les troupes françaises sont battues par l’ennemi et l’empereur des français fait prisonnier. Deux jours après, le 4 septembre, suite à une insurrection populaire non contrôlée, la déchéance de l’empereur est prononcée et la IIIème République proclamée. Mais la guerre continue.
Le 17 janvier 1871, la Vierge Marie apparaît dans le ciel à Pontmain en Mayenne et délivre le message écrit suivant : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. »
Le 28 janvier, soit quelques jours après, l’armistice est signé entre le gouvernement provisoire autoproclamé et l’Allemagne. Celui-ci incluait la tenue d’élections législatives au plus tôt ; celles-ci auront lieu le 8 février suivant. La nouvelle Assemblée élue nomme le 17 février Adolphe Thiers, politicien bien connu et ancien Président du Conseil sous Louis-Philippe, à la fois Président de la République et Président du Conseil. Durant les pourparlers de paix, l’insurrection éclate à Paris sous la pression des Républicains (la gauche) le 18 mars, où la Commune est proclamée, tandis que le gouvernement s’installe à Versailles. Le traité de paix entre la France et l’Allemagne sera signé à Francfort le 10 mai, tandis que la Commune de Paris est écrasée dans le sang la semaine du 24 au 28 mai (1871).
À noter un fait capital, peu abordé dans l’histoire officielle : l’Assemblée élue le 8 février fut, contre toute attente, très largement de droite, et même majoritairement monarchiste : sur 675 députés, 396 étaient monarchistes (182 légitimistes, 214 orléanistes). Elle choisit Thiers comme chef du pouvoir exécutif parce que celui-ci, de centre-gauche et par nature versatile, partisan d’un République bourgeoise, était un des seuls à pouvoir faire la synthèse entre la droite et la gauche. Mais le précédent gouvernement -autoproclamé le 4 septembre, donc non élu, et essentiellement parisien– était clairement mené par la gauche et ses leaders, notamment Jules Favre et Léon Gambetta.
Ces précisions sont capitales pour la suite.

Les véritables raisons de la guerre franco-prussienne de 1870

Il faut au préalable signaler au lecteur deux élément essentiels pour comprendre le fondement réel des événements à partir de la Révolution française :
1) La franc-maçonnerie n’est pas homogène parce qu’elle est constituée d’hommes d’univers très variés, aux motivations parfois contradictoires, et où la personnalité et les intérêts tendent à l’emporter sur les projets communs. Même si les leaders de la franc-maçonnerie se mettent d’accord sur certains objectifs prioritaires, ensuite chacun tire la couverture à soi et profite de l’occasion pour faire avancer ses propres intérêts, ou ses ambitions, à cause de leur environnement politique ou de leurs fonctions propres. D’où, par exemple, Bismarck, franc-maçon du 33è degré, qui profite de la guerre pour extorquer à la France une somme colossale (5 milliards) ou Thiers, présenté par ses biographes comme ex-carbonaro (mais pourquoi ex ? y a-t-il réellement eu un arrêt ?) qui écrase la Commune pour ne pas perdre le pouvoir.
D’ailleurs cette période est riche en conflits à l’intérieur même de la franc-maçonnerie, et il n’est pas rare que des francs-maçons soient écartés ou assassinés par d’autres francs-maçons ; par exemple c’est le cas du président américain Garfield, du roi Victor-Emmanuel II, ou de Félix Faure, tous trois maçons et tous trois assassinés dans l’exercice de leurs fonctions par la maçonnerie.

2) Les révolutions spontanées sont des leurres. IL est très important de savoir et de comprendre que dans les révolutions, le peuple n’est qu’un outil dont se sert une élite occulte pour prendre le pouvoir. La Révolution a ceci d’avantageux qu’un petit groupe peut opérer un coup d’état en se servant du peuple à la fois comme légitimité et comme chair à canon. L’idée des agitateurs, et surtout de leurs commanditaires secrets, est que l’histoire retienne que ces événements furent la conséquence d’une volonté spontanée du peuple, alors qu’il s’agit d’un mensonge éhonté : le peuple est utilisé par une oligarchie qui reste en retrait, voire secrète, et s’en sert pour prendre le pouvoir.
Il y a donc, dans toute Révolution, trois groupes : le peuple, qu’on excite et qu’on agite (souvent par et grâce à la presse), les agitateurs, qui manipulent le peuple et parlent en son nom, et au-dessus, ceux qui paient les manipulateurs et leurs donnent des ordres.

Maintenant que nous savons cela, nous pouvons analyser plus facilement les véritables motifs qui ont présidé aux événements de 1870.
La guerre franco-prussienne avait pour but de neutraliser Napoléon III afin de précipiter la chute du pouvoir temporel du pape. Le véritable objectif, c’était la prise des états pontificaux et de Rome afin d’achever l’unification italienne, à laquelle Napoléon III, pourtant, avait participé, mais sans se résoudre à abandonner le pape. Or les grands chefs de la franc-maçonnerie, à commencer par Bismarck ou Albert Pike, savaient qu’il était impératif d’affaiblir la papauté en lui retirant son pouvoir temporel. Ainsi donc Napoléon III, bien que lui-même carbonaro, n’était pas suffisamment fiable et devait être impérativement neutralisé. D’où les provocations volontaires pour le pousser à la guerre. La preuve nous est ensuite donnée par l’enchainement des événements, dont la logique s’explique une fois qu’on a compris le but réel :
– Napoléon III est fait prisonnier à Sedan le 2 septembre. La nouvelle est connue à Paris le lendemain, et très certainement au matin du 4 septembre. L’arrestation par l’ennemi d’un souverain en exercice n’a rien d’étonnant ni d’exceptionnel, c’est hélas un fait classique. D’une façon générale on n’en profite pas pour le destituer et encore moins pour changer de régime ; et même quand cela se produit, c’est rarement immédiat.
Il n’y avait donc aucune raison de proclamer la République seulement 2 jours après l’arrestation du prince régnant. Pourquoi si vite ? Parce qu’il y avait préméditation : c’est un coup monté, et même un coup d’état déguisé, comme les révolutionnaires savent si bien le faire. Ceux qui agitent le peuple sont des gauchistes notoires (les ancêtres du communisme), à commencer par Gambetta et Favre, tous deux francs-maçons, et ils se sont servis du peuple comme écran pour impressionner l’Assemblée et la forcer à se dissoudre tandis qu’ils autoproclamaient la République.
Pour le plus grand bénéfice de la maçonnerie, parce que l’avantage qui y était lié devient visible et évident : Napoléon III et son régime étant à la fois neutralisés et écartés, et le gouvernement dans des mains sûres (une gauche qui prend autoritairement le pouvoir, et non démocratiquement, soulignons-le), toute velléité de protection du pape par la France était levée.
– Ainsi pouvait commencer la phase 2 du plan. Les zouaves pontificaux confiés par Napoléon III au pape pour protéger ses derniers Etats avaient été rappelés en France dès juillet à cause de la guerre. Dès qu’ils furent certains que ces derniers ne reviendraient pas, et pour cause, l’invasion pouvait commencer. Le 7 septembre, le conseil des ministres italien décidait à l’unanimité l’invasion des Etats romains. Doit-on rappeler que les hommes-clés de cette époque, à savoir le roi Victor-Emmanuel, son ministre Cavour, et Garibaldi, étaient tous maçons ? Avec Bismarck de l’autre côté et Favre-Gambetta à Paris, ça fait tout de même beaucoup de frères aux premières loges. Le 20 septembre 1870 c’était chose faite, les troupes piémontaises entraient triomphalement dans Rome et Pie IX se muait en prisonnier volontaire au Vatican.
En moins d’un mois, l’objectif est rempli.

Après, c’est le veae victis (malheur aux vaincus) qui s’applique : les allemands  ayant l’avantage en France, ils ne lâcheront pas une si belle occasion. Les intérêts personnels et politiques prennent le dessus. On oublie trop souvent qu’en même temps vont se faire deux unifications majeures en Europe : l’unification de l’Italie mais aussi l’unification de l’Allemagne, toutes les deux menées par des francs-maçons. Ainsi donc, les allemands poursuivent leur avancée en France.

La promesse de Pontmain

C’est alors que se produisent coup sur coup deux événements d’ordre surnaturel -ou du moins lié au surnaturel pour le premier- :
1) Fin décembre 1870-début janvier 1871, « Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury font vœu de construire une Eglise consacrée au Cœur du Christ « en réparation » (c’est-à-dire en pénitence pour les infidélités et les péchés commis) car pour eux, les malheurs de la France proviennent de causes spirituelles plutôt que politiques. » (fiche wikipédia du Sacré-Cœur)
2) Le 17 janvier 1871 la Sainte Vierge apparaît dans le ciel de Pontmain pour y délivrer le message d’espoir et d’encouragement (mais priez !!) cité plus haut.

Les deux événements sont-ils liés ?
Oui nous répondent les deux sanctuaires, car les deux basiliques font le lien entre le Sacré-Cœur et Pontmain.
Dans la basilique de Pontmain, une chapelle latérale appelée chapelle du Rosaire est ornée de 3 vitraux : l’un représentant la basilique du Sacré-Cœur, l’autre la basilique de Pontmain, les deux encadrant une Vierge à l’Enfant.
Chacun des deux vitraux reproduit en outre la date principale de l’événement cause des deux basiliques :
– pour le Sacré-Coeur, il est indiqué 10 janvier 1871, date très certaine de la rédaction du vœu national par Alexandre Legentil (les vitraux sont fin XIXè, à cette époque les dates précises étaient connues) ;
– pour Pontmain, 17 janvier 1871, date de l’Apparition.
L’apparition de Marie est donc postérieure au vœu national.
Par conséquent, à l’affirmation « Dieu vous exaucera en peu de temps » il est légitime d’élargir les possibilités de réponses :
Exaucer quoi ?
la fin de la guerre ?
ou le vœu national ?
ou rétablir la monarchie ?
ou les trois ?

La quasi totalité des interprétations lie la promesse de la Vierge à l’armistice, puisqu’elle sera signée onze jours après. C’est tout à fait légitime. Mais la promesse s’arrête-t-elle là ?
Car une des clauses de l’armistice, nous l’avons vu, imposait la tenue d’élections et l’Assemblée qui en sera issue, seulement 22 jours après l’apparition (!), majoritairement de droite, sera aussi celle qui deux ans plus tard, le 24 juillet 1873, votera la loi d’utilité publique de la construction du Sacré-Cœur -du jamais vu dans l’histoire d’une République !- rendant le projet possible.
Et enfin, cerise sur le gâteau, cette même Assemblée, à majorité monarchique, s’apprêtait, toujours en 1873, à rétablir la monarchie en mettant sur le trône Henri V, comte de Chambord.
On voit donc que la promesse de Pontmain ne s’arrête pas à l’arrêt des hostilités mais s’étend aussi à d’autres événements majeurs, y compris à la Commune, nous allons le voir.

L’imposture de la Commune de Paris

J’ai longtemps cherché les causes réelles de la Commune de Paris. Les raisons officielles -la défense de la démocratie, la liberté, l’égalité- sont bidons et sortent tout droit de l’argumentaire gauchiste habituel, comme si l’Assemblée qui venait d’être élue remettait en cause la démocratie.
Surtout que le gouvernement avait été confié à Thiers, homme politique de centre-gauche, partisan d’une République bourgeoise certes, mais fondamentalement républicain, et ayant pris dans son gouvernement plusieurs ministres de gauche (Républicains) dont Jules Favre, un des artisans de la proclamation du 4 septembre.
D’autres raisons avancées sont plus valables dans le sens où elles ont été utilisées sciemment pour exciter le mécontentement populaire : on reprochait au gouvernement sa capitulation (alors qu’elle fut signée par les gauchistes du 4 sept !) et on s’effrayait à juste titre de pourparlers de paix aux proportions démesurées : une indemnité de 5 milliards de francs de l’époque, « alors la plus colossale rançon de tous les temps : 25% du PIB français » selon FX Rochette dans Rivarol, sans compter l’annexion de l’Alsace-Lorraine. Enfin les agitateurs pouvaient aussi utiliser la présence de l’occupant allemand (quoique ayant évacué Paris) pour maintenir la pression sur la population.

Tous ces éléments ne furent que des prétextes, des justifications, pour les agitateurs et leurs commanditaires : la véritable raison de l’insurrection fut la volonté de reprendre par la force un pouvoir qu’ils avaient perdu par les urnes.
Les gauchistes sont les seuls démocrates qui n’acceptent la démocratie que dans la mesure où elle leur donne le pouvoir. Sinon ils la contestent.
Et leur technique privilégiée, qui révèle leur vrai visage, est la prise du pouvoir par la force, le coup de main, ou plutôt le coup d’état déguisé sous forme d’insurrection populaire. Populaire, mais qui ne profite qu’aux gauchistes, comme toute révolution.
Mais puisque le camp gauchiste n’est pas homogène, et l’était encore moins à cette époque, et parce que la gauche bourgeoise dont Thiers était l’éminent représentant n’avait pas l’intention de laisser la place à des révolutionnaires enragés, ils furent écrasés sur l’ordre de leurs propres amis, les Thiers et autres Favre. Qui furent d’ailleurs ensuite très indulgents envers les ex-communards, une fois l’épreuve de force passée.

Il est vrai qu’ils pouvaient légitimement se méfier de cette Assemblée à majorité monarchiste, elle aurait probablement rétablit la monarchie si elle l’avait pu. Mais le sujet n’était pas à l’ordre du jour un mois après son élection, et sûrement pas avec un Thiers à la tête du gouvernement.
Donc c’est un déni de démocratie pur et simple que ces fous furieux engagèrent par leur tentative de coup d’état.
Même la page wikipédia de la Commune l’admet, ainsi que les historiens, par exemple Vincent Chabrol dans le dernier Lectures Françaises :
« Profitant de l’émotion causée par l’occupation allemande, même de courte durée, le Comité central des fédérés publie ses statuts le 4 mars et proclame à cette occasion : « la République étant le seul gouvernement de droit et de justice, elle ne peut être subordonnée au suffrage universel qui est son œuvre. » Autrement dit : les français ont mal voté ; l’Assemblée est illégitime ; la République est à Paris et non à Bordeaux. L’épreuve de force doit donc s’engager entre l’Assemblée nationale et les fédérés ».

Donc, répétons-le, la cause quasiment unique de la Commune, c’est cette Assemblée élue le 8 février qui ne lui convient pas, parce que de droite, d’où le recours à l’insurrection pour récupérer le pouvoir par la force, sous prétexte de démocratie (il fallait le faire !) et de défense des libertés.

Les communistes étaient déjà à l’œuvre et montraient déjà leur vrai visage de fous furieux.
Il n’y a rien de spontané dans ce simulacre de Révolution, rien de populaire, seulement l’exploitation du mécontentement par des brutes cyniques assoiffées de pouvoir et de sang.
Dans la biographie de Thiers, on apprend que leurs actes étaient prémédités : « On l’avait prévenu [Thiers], trois semaines auparavant, que tout était prêt pour incendier Paris. Il n’y avait pas cru. Le 24 mai les Tuileries flambent. »

J’y vois une autre réponse de Notre-Dame de Pontmain : de toute évidence, l’Assemblée monarchiste, après l’armistice, fut le deuxième volet de ses promesses.
Le démon, fou furieux de voir la France chrétienne reprendre le dessus, ce qui pouvait avoir des répercutions sur l’unité italienne récente, suscite une Révolution de grande ampleur afin de consolider ses acquis. Mais la Sainte Vierge veille et la Révolution est écrasée, y compris par des gens pourtant défavorables au retour de la monarchie (autant Thiers que Bismarck).

La Vierge Marie a sauvé la France d’un malheur incalculable, d’une révolution proche, dans les faits et dans l’esprit, de celle des marxistes-léninistes de 1917 en Russie. On n’ose imaginer ce que serait devenu notre pays si ces gens avaient fait plier le pouvoir, nous aurions connu avant l’heure une situation identique à la Russie communiste des années 20. On sait ce que cela a donné. Il suffit d’observer leurs actions, et notamment l’incendie de Paris, qui était prémédité ; Hitler ne l’a pas fait, les communistes l’ont fait, que chacun s’en souvienne. On comprend dans ce contexte la répression violente de l’armée, contenue pourtant par ses chefs à commencer par Mac-Mahon ; en tout cas on ne peut partager l’indécence de la gauche française célébrant 150 ans après des criminels et des incendiaires comme quasiment des héros. Cet état d’esprit ne laisse aucune ambiguïté sur la nature des personnages qui constituent la gauche aujourd’hui -et depuis toujours- et leurs capacités de destruction et de nuisance, je dirai même leur jusqu’auboutisme dans la folie. La Vierge de Pontmain nous a protégé du péril rouge en 1871, de même qu’elle le réitèrera en 1947 à l’Ile Bouchard.

Le secret de Pontmain

Ainsi donc, les promesses de la Belle Dame de Pontmain sont multiples :
Mettre fin à la guerre ? oui
Empêcher l’abomination de la Commune de Paris ? oui
Donner à la France une Assemblée monarchiste ? oui
Et pour quoi faire ? Pour nous donner le fameux grand monarque en rétablissant la monarchie très chrétienne ?

Revenons aux faits historiques :
Les monarchistes, majoritaires dans cette Assemblée élue le 8 février 1871, vont mettre deux ans à s’accorder sur un nom unique et à négocier, autant entre légitimistes qu’orléanistes qu’avec le candidat, j’ai nommé Henri V comte de Chambord, petit-fils de Charles X et prétendant à la fois le plus légitime et le plus adéquat. Bien entendu de nombreux points nécessitaient une mise au point et de laborieuses négociations, dans cette France déjà grignotée par la bourgeoisie républicaine, le sujet le plus emblématique -plus exactement celui que l’histoire retiendra principalement- étant la question du drapeau : la majorité des députés voulaient conserver le drapeau bleu-blanc-rouge tandis qu’Henri V tenait à rétablir le drapeau blanc royal.
En 1873 les négociations ont globalement abouti, suffisamment pour que l’Assemblée décide de renverser Thiers, le 24 mai 1873 pour nommer à sa place le même jour le maréchal de Mac-Mahon, là encore à la fois Président de la République et Président du Conseil. Mac-Mahon, de droite et favorable à la monarchie, accepte de gérer la transition jusqu’à la mise sur le trône d’Henri V.
Après le 24 mai tous les indicateurs sont donc au vert : la restauration de la monarchie apparaît plus que probable, l’union Bourbons-Orléans paraît réalisée, Henri V renonce au drapeau blanc…
Et puis, le 30 octobre 1873, patatras tout s’effondre, paraît la lettre de Salzbourg dans laquelle Henri V maintient intégralement son principe, son drapeau et refuse toute concession. La tentative de restauration échoue définitivement et pour toujours.

Alors, que fait la Sainte Vierge ? Pourquoi nous avoir donné une Assemblée à majorité monarchiste pour que le projet, pourtant bien avancé, finisse par s’effondrer ?

Parce qu’entretemps il s’était passé un fait majeur :le 24 juillet 1873 l’Assemblée avait voté la résolution faisant du vœu national de M. Legentil une loi d’utilité publique, mettant en route la construction de la basilique du Sacré-Cœur.
Voilà le rôle que le Ciel avait assigné en réalité à l’Assemblée monarchiste ; voilà pourquoi Henri V renonce, et voilà pourquoi (fait non négligeable) Maximin, le voyant de la Salette était revenu visiter le comte de Chambord.

Car le Ciel nous avait déjà averti que le comte de Chambord ne monterait pas sur le trône.
Lors des 3 journées révolutionnaires de juillet qui feront tomber Charles X, ce dernier prend conseil auprès de Martin de Gallardon, un paysan visionnaire déjà envoyé en mission par saint Raphaël auprès de Louis XVIII, et qui lui fait la réponse suivante :
« Dites au roi qu’il sait bien la raison de tous ces malheurs. A présent il ne peut rien faire quand bien même il aurait 200 000 hommes de troupe ; il ne réussirait qu’à faire couler beaucoup de sang. Il faut qu’il parte en exil, il y mourra sans avoir revu la France ainsi que son fils, le duc d’Angoulême. Henri, son petit-fils, ne sera jamais roi. »
Authentique. Donc depuis 1830 on sait que Chambord ne sera jamais roi.
D’autre part, la Sainte Vierge à la Salette a confié deux secrets : l’un à Mélanie, sur la fin des temps et l’Antéchrist, l’autre à Maximin. On ne saura jamais le contenu du secret de Maximin, mais tous ceux qui ont travaillé sur la question ont compris que celui-ci se rapportait très probablement à la survivance de Louis XVII. C’est à dire le même message dont fut chargé Martin de Gallardon auprès de Louis XVIII.
En avril 1865, Maximin se rendit à Frohsdorf pour y rencontrer le comte de Chambord. Le comte de Vanssay, secrétaire du Prince, raconte l’entrevue :  « Je vis que le Comte de Chambord était ému et parla longuement et avec beaucoup de bonté au jeune voyant. Quand Maximin quitta la pièce, tout ému, le Prince se tourna vers moi : Maintenant j’ai la certitude que mon cousin Louis XVII existe. Je ne monterai donc pas sur le trône de France. Mais Dieu veut que nous gardions le secret. C’est lui seul qui se réserve de rétablir la royauté. »
et Maximin reviendra en août 1873, à ce moment fatidique où Chambord cédait à la pression, pour lui rappeler ses devoirs.

Mais Chambord avait raison : le secret de Dieu est le même que celui de Notre-Dame de Pontmain et ce secret est qu’un grand monarque temporel ne serait accordé ni à la France ni au monde parce que les hommes ne le méritent pas (ou ne le méritaient déjà plus en 1873), et surtout parce que Dieu va nous donner bien mieux : son Fils comme grand monarque.
Puisque notre déchéance ne nous mérite pas un roi très chrétien, alors nous passerons directement au roi des rois, d’où le Sacré-Cœur, d’où la croix que la Vierge tient en ses mains à Pontmain.
Tout pour son divin Fils. Tout ce que fait la Sainte Vierge est en direction de son divin Fils : « faites tout ce qu’il vous dira« , voilà le seul conseil qu’elle ait donné aux hommes dans l’Evangile.

Et ceci fut confirmé par Marie-Julie Jahenny, une des voyantes ayant le plus prophétisé sur le grand monarque, qu’elle nommait d’ailleurs « Henri V de la Croix » ; or le nom de règne du comte de Chambord était Henri V, et la Vierge de Pontmain, qui lui donne l’Assemblée qui voulait le placer au pouvoir, tenait la Croix dans ses mains : on ne peut pas être plus explicite. Jésus lui dit à la mort d’Henri V : « Plus d’espérance du côté de la terre, la France n’ayant pas mérité celui qui devait la sauver, Dieu l’a enlevé de la terre. C’est le premier châtiment. »
Ces paroles sont curieusement occultées par tous ceux qui s’entêtent à croire encore au grand monarque.

Mais on peut comprendre l’espérance -trop temporelle- des hommes.
Le pape Léon XIII, qui avait vécu cette expérience d’une Assemblée à majorité monarchiste, tentera de réitérer l’exploit quand quelques années plus tard, il engagea les catholiques français à se rallier à la République. Trahison du Saint-Père ? Poussée libérale ? Non, calcul malin mais hasardeux : si les catholiques votent en masse, ils peuvent à nouveau élire une Assemblée de droite qui restaurerait une monarchie très chrétienne par les voies légales comme cela avait failli être le cas en 1873.
Mais il était trop tard, Dieu avait d’autres projets.

Conclusion

Au moment où tout semble acquis pour la restauration de la monarchie et l’érection du grand monarque, c’est un autre grand monarque qui prend la place : au lieu d’Henri V nous aurons le Sacré-Cœur.
C’est assez clair, non ?
Voilà le véritable message de Pontmain et du Ciel : l’heure n’est plus aux monarques temporels perfectibles et faillibles, ce que Dieu nous donne c’est toujours et encore le meilleur : son Fils, le Sacré-Cœur, qui va nous soutenir et nous porter dans cette grande épreuve qui s’annonce, à savoir la Passion de l’Eglise et de la chrétienté.
D’où la Vierge à Pontmain qui tient en ses mains un Christ en croix : d’une part elle renvoie sur son Fils, mais d’autre part le Ciel insiste sur la notion de Passion – or n’était-on pas à la veille de l’entrée dans la Passion de l’Eglise ? ou n’était-ce pas déjà commencé par la chute des Etats pontificaux quatre mois avant ?
D’où le Sacré-Cœur sur les drapeaux demandé par le Christ via Claire Ferchaud à une République : non pas parce que la République est favorable à la chrétienté, bien au contraire nous savons qu’elle est l’instrument principal de l’Ennemi pour détruire cette même chrétienté, mais parce que l’enjeu pour la France et le monde dépasse la notion même de régime politique : le salut c’est le Sacré-Cœur, que nous soyons en République (drapeau BBR) ou dans tout autre régime.

Le message est donc clair : le moment est venu de nous confier à Jésus-Christ et uniquement à lui et de ne rechercher aucune solution temporelle à nos maux – nous devons seulement nous en préserver-, le Ciel, comme il l’a promis, s’occupera lui-même des bêtes (le système) et des « méchants » (les ennemis du Christ et de la chrétienté).

Illustration : les trois vitraux de la chapelle du rosaire de la basilique de Pontmain.

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Le mensonge universel

Le monde moderne, c’est à dire la société actuelle, est basé sur le mensonge. Entièrement. Ce qui n’a rien d’étonnant puisqu’il est le résultat d’une lente et patiente, mais réelle, progression du prince de ce monde dans les esprits, les paroles et les actes, qui en est devenu le maître quasiment total depuis au moins la fin de la seconde guerre mondiale. Or Satan est menteur et homicide dès le commencement, il est le père du mensonge (Jean 8:44).
Et c’est bien parce qu’il est menteur dès l’origine qu’il ment sur nos origines.

Certains me diront que cela n’a pas beaucoup d’importance ; je crois au contraire que c’est primordial, car du début découle le reste. Or s’il n’y a pas de référence à Dieu dès le début, pourquoi y en aurait-il par la suite ?

L’origine du monde et de l’homme, telle qu’elle est enseignée quasiment universellement, du moins en Occident, est principalement basée sur la théorie de l’évolution de Darwin qui sert encore de nos jours de base au raisonnement dit scientifique. Darwin s’étant lui-même appuyé sur les travaux d’Hutton, Lyell, Malthus, Lamarck, Haeckel ou Holmes, pour n’en citer que quelques-uns. De ces travaux, enrichis et précisés tout au long du XXè siècle, l’origine de l’univers résulte d’un événement théorique inexplicable et présupposé appelé communément « big-bang », suivi de grandes ères géologiques (entre 4,5 et 13 milliards d’années), et l’homme est lui-même le résultat d’une évolution des espèces, théorique elle aussi, dont les principales étapes du développement sont retracées dans la Préhistoire officielle.

Tout ceci n’est que mensonges. Affabulations. Concepts inventés et faits imaginaires. Romans-feuilletons issus d’imaginations exaltées, déformées et dirigées par celui qui est le père de tous ces pseudos scientifiques, chercheurs et historiens : Satan.
Car, comme le fait remarquer le CESHE, lui aussi composé de scientifiques -mais pas conduits par le même esprit-, toutes ces affirmations sont basées sur des présuppositions, des pré-requis considérés comme acquis, selon une démarche explicitée par Béchamp : « on suppose toujours, et de supposition en supposition, on finit par conclure sans preuves. »
Mais on conclut, on affirme et on présente abusivement ces théories comme des faits acquis.

Le discours dominant sur nos origines est la résultante de trois mensonges :

Le premier mensonge consiste à occulter l’autre alternative sur nos origines : le Créationnisme.
En effet, il existe non pas une seule mais deux principales théories pour expliquer l’origine de l’univers : l’une appelée Créationnisme, qui s’appuie sur Dieu comme Créateur de toutes choses et qui puise ses sources dans le livre de la Genèse ; et l’autre, appelée Evolutionnisme, qui fait reposer l’origine de l’univers sur le hasard (big bang) et l’apparition de l’homme sur l’évolution des espèces.
Un Etat, soucieux d’impartialité, d’honnêteté et d’objectivité, enseignerait donc aux populations les deux thèses, et non pas une seule.

Le second mensonge consiste à présenter des présupposés comme des faits acquis.
L’ensemble des principes présentés par la science moderne, si on les dissèque, repose sur des hypothèses, des concepts, des interprétations ou des suppositions qui sont autant de pré-requis qui servent de preuves. C’est à dire que les soi-disant preuves scientifiques avancées reposent en réalité sur des théories non prouvables et non prouvées-, mais considérées et présentées comme acquises ou comme très probables.
Comprenons-nous bien : quand la base qui sert aux raisonnements, aux calculs, aux modélisations et aux recherches est biaisée et fausse, toute cette science repose sur un principe de malhonnêteté intellectuelle qui trompe autant les chercheurs que le grand public.
D’autre part, c’est toute la filière des travaux qui est remise en cause et sujette au doute, puisque les pré-requis de base sont arbitraires et non le résultat de découvertes objectives et indiscutables. Ainsi peuvent être -et sont !- douteuses les datations, les interprétations géologiques, ou les déductions anthropologiques.

Le troisième mensonge consiste à avoir créé, à partir de ces bases faussées, une histoire fictive de l’univers et de l’humanité.
Même si la théorie de l’évolution proprement dite a été actualisée par les scientifiques du XXè siècle, elle reste la base du raisonnement pour expliquer l’origine de l’humanité. Or le CESHE a démontré, notamment que « tous les processus invoqués pour expliquer l’évolution des espèces ont été révoqués par la biologie moléculaire« . Il a été prouvé également « qu’il n’existe aucun procédé fiable de datation« .
Et pourtant, la science actuelle, le socle commun du savoir des populations, repose sur des constructions entièrement fictives, frauduleuses même, où, à partir de quelques ossements ou d’un simple crâne, on nous invente purement et simplement des types d’êtres, considérés comme plus ou moins humains, des types de sociétés, des ères entières de plusieurs millions d’années, en réalité complètement imaginaires.
Bref on écrit une histoire des hommes entièrement recréée, inventée, construite à partir du pré-requis impératif de l’évolutionnisme, qui nécessite des datations aussi longues que farfelues et nous imagine des évolutions de l’animal à l’homme aussi douteuses qu’improbables. Mais si la Genèse a dit vrai, si le Créationnisme s’impose comme alternative crédible, alors toutes ces ères disparaissent car l’homme est homme, comme vous et moi, dès le commencement.

Fin XIXè : le basculement dans la nouvelle ère

Alors je me suis posé la question : depuis quand enseigne-t-on l’histoire de l’humanité et de l’univers sur ces fausses théories, dont le principal avantage est d’évacuer Dieu dès l’origine ?
Et je me suis demandé également : qu’enseignait-on avant ?

La réponse est très simple : jusqu’à Darwin, il n’y avait qu’une seule explication à l’origine de l’univers et de l’homme : Dieu. Et le détail de ces origines était consigné dans le livre de la Genèse.
Tout l’Occident partageait ce socle commun, y compris du point de vue scientifique. Et ce depuis dix-huit siècles.
Et le changement, la permutation entre les théories -et non leur coexistence, ce qui aurait pu être envisageable- s’effectue à la fin du XIXè siècle en Europe.

En effet, le principal ouvrage de Charles Darwin qui servira de déclencheur, De l’origine des espèces, est publié en 1859.
Il faudra encore quelques décennies aux scientifiques de tous poils, et à leurs commanditaires judéo-maçonniques, bien contents de trouver enfin une théorie valable (du moins un peu plus solide que les autres) permettant d’évacuer Dieu de l’origine du monde, pour mettre au point un ensemble de nouveaux concepts aptes à remplacer le Créationnisme.

J’ai vérifié : dans de vieux atlas géographiques de 1886, les premières cartes sont encore la répartition des fils de Noé et de leur descendance sur la surface du globe. Il faudra donc du temps et une volonté de fer pour diffuser et imposer la théorie de l’évolution.
On comprend mieux pourquoi, en France, cette période coïncide avec celle de gouvernements socialistes aux méthodes totalitaires, composés de membres souvent notoirement francs-maçons, qui imposent alors l’école publique gratuite et obligatoire à tous les enfants, et parallèlement interdisent d’enseignement les congrégations religieuses.
Parce que l’enjeu portait sur le contenu lui-même de l’enseignement. A cette époque, il ne s’agissait pas seulement de retirer les crucifix des salles de classe ou des palais de justice, il fallait aussi retirer Dieu des matières enseignées, à commencer par l’histoire et la géographie.
C’est la haine de Dieu et la volonté de l’éradiquer de notre mémoire collective, en le reléguant à la sphère privée, qui a poussé de nombreux dirigeants à privilégier et imposer la théorie de l’évolution, et tout ce qui s’ensuit, à la place du Créationnisme.
D’où la séparation de l’Eglise et de l’Etat : parce que l’Etat laïc et maçon avait besoin d’avoir les coudées franches afin d’enseigner SON histoire réécrite, SES matières et à SA façon, c’est à dire SANS Dieu nulle part.
Mais cela ne pouvait se faire qu’à partir du moment où il disposait de bases solides pour réécrire cette histoire : Darwin lui en a donné la possibilité, ils ont donc pu passer un cap décisif.

Mais qu’enseignait-on AVANT Darwin ?

Là aussi j’ai vérifié, jusqu’à la fin du XIXè siècle, le Créationnisme était l’unique explication de l’origine de l’univers enseignée officiellement.
Je me suis procuré un Manuel d’histoire ancienne daté de 1840, écrit par le professeur Auguste Ott. J’ai choisi volontairement une époque située avant Darwin mais après la Révolution et le siècle des Lumières, pour en vérifier les influences sur l’histoire officielle telle qu’elle était alors enseignée. J’ai évité aussi un ouvrage trop connoté religieusement qui pourrait faire douter de l’objectivité recherchée.
N’importe qui peut vérifier : ce type d’ouvrage est représentatif de l’enseignement dispensé en France au cours du XIXè siècle, lui-même se basant sur le socle des siècles passés.

Alors, qu’a enseigné l’école pendant dix-huit siècles nous dit A. Ott ?

1) Que « les traditions [de tous les peuples] ont un fond identique, toutes sont l’expression d’une même vérité primitive, reçue par toutes les nations et portée aux extrémités les plus reculées de la terre. »

2) Que « La tradition la plus générale, la plus importante et sans contredit la plus authentique de l’histoire de l’humanité, est contenue dans les onze premiers chapitres de la Genèse, le premier livre de la Bible. »

3) Il reconnaît au demeurant « qu’aujourd’hui, la théorie du progrès ouvre une route nouvelle et féconde aux investigations« , mais pour lui, ce progrès ne s’oppose pas au Créationnisme : « la science moderne doit, sans rejeter les vérités reconnues par tous les siècles, jeter un jour nouveau sur cette matière importante. »
Il rejoint là-dessus le CESHE qui, au XXIè siècle, après avoir appliqué la rigueur scientifique au texte de la Genèse, est capable d’affirmer que :
« Sans doute la Genèse ne se réduit-elle pas à un traité scientifique se proposant de décrire « tous » les faits observables… Mais les informations qu’elle donne sont fondamentales, scientifiquement vérifiables, et aucune expérience ne les a jamais réfutées. »
Position déjà adoptée par l’Eglise, le pape Pie X ayant tranché via la décision du 30 juin 1909 de la Commission biblique : « Les premiers chapitres de la Genèse ont un sens littéral historique, autrement dit, ils rapportent des faits qui se sont réellement passés, des faits qui correspondent à la réalité objective et à la vérité historique. »
(notons au passage que l’Eglise a dû intervenir dans le débat justement parce que nous étions à une époque où les Etats tentaient de remplacer par la force le Créationnisme par l’Evolutionnisme : ce texte date de 1909, à une époque où les deux théories cohabitaient encore).

Tant que l’homme reste avec Dieu, que ce soit par défaut (A. Ott), par conviction (CESHE) ou par foi (Vatican), tous convergent vers la même idée : l’explication scientifique de la Bible existe bel et bien, et les avancées de la science et de la technologie doivent et peuvent aider, non pas à remplacer le Créationnisme, mais au contraire à le renforcer. Ce que démontrera brillamment le CESHE.

4) La Genèse n’empêche pas d’offrir différentes vues, ou théories, sur la façon dont le monde fut créé. Par exemple, A. Ott voit dans les différents jours de la Création différentes phases plus ou moins longues, qu’il présente comme une construction progressive ; par exemple il situe les plésiosaures et autres ptérodactyles au 4ème jour. Le déluge est considéré comme un fait irréfutable, il rappelle que « toutes les traditions gardent la mémoire d’un déluge » et précise qu’il « est géologiquement prouvé qu’une violente secousse a roulé les eaux sur toute la surface de la terre. »
Comme tous à son époque, et depuis dix-huit siècles, il sait que l’humanité actuelle est issue de Noé et sa famille : « Toutes les nations connues sont sorties du centre nouveau qui se constitua alors, et Noé est véritablement le second père du genre humain. »

Ainsi donc, les hommes ont longtemps considéré qu’il n’y avait pas opposition entre la Genèse et la science, comme l’explique le frère Emmanuel-Marie, O.P., dans le Sel de la Terre N°111 (hiver 2019-2020) dans un grand dossier Bible et science :
« Le fait que la Bible et les sciences naturelles n’aient pas le même objet formel et ne se placent pas du même point de vue, ne signifie pas qu’il existe une double vérité, et que ce qui serait vrai dans le domaine des sciences ne le serait plus dès lors qu’on se situerait au plan religieux et inversement, comme le soutiennent beaucoup de modernes.
Au risque de nous répéter, redisons qu’il n’y a pas une vérité scientifique et une vérité religieuse ou biblique, formant deux ordres séparés. Quand la bible et les sciences parlent de la nature, elles n’en parlent pas de la même manière, mais elles parlent de la même chose : la réalité dont elles parlent l’une et l’autre à leur manière et selon leur point de vue propre est la même et unique création de Dieu. »

Le frère Emmanuel-Marie rappelle aussi ce que je considère comme une clé de lecture de la démarche scientifique depuis 150 ans :
« Le 19è siècle a été marqué par d’importantes avancées scientifiques et technologiques, mais aussi par l’apparition du scientisme, cette attitude intellectuelle qui confère à la science le monopole de la connaissance véritable et accorde au progrès scientifique une valeur absolue. Le conflit avec la Bible était alors inévitable. »
J’irai plus loin : le scientisme pousse alors les scientifiques à s’engager dans une démarche à teneur idéologique et non plus rigoureusement objective, puisqu’ils excluent, en pré-requis, toute existence du surnaturel (Dieu) comme lien et cause de tout ce qui est observable dans la nature.
Une fois de plus, connaître les pré-requis permet de mettre à jour l’imposture de la démarche scientifique moderne.

Conclusion

On n’a pas attendu le Covid et ses vaccins pour savoir que le mensonge était monnaie courante. Aujourd’hui on ment sur tout et sur tous, le mensonge est systématique, qu’il s’agisse de notre passé ou de notre avenir, de notre vie sociale ou affective, culturelle ou professionnelle, du progrès scientifique ou technologique, de la vie politique ou religieuse.
Mais le pire de tout, la base de tout, le point de départ, le mensonge universel, c’est la négation de Dieu, la négation de son existence et de sa préséance, le rejet de ses lois, le refus de sa Création, l’interdiction même de se référer à Lui.
Quand la source est tarie, bouché, obstruée, cachée aux yeux de tous, il ne faut pas s’étonner que l’homme dépérisse et meure.
Si nous voulons récupérer nos droits et attributs d’enfants de Dieu, il faut d’abord remettre à l’endroit tout ce qui a été inversé, rejeter les fables et rétablir la Vérité, et ce, dès l’origine.

Illustration : la création d’Adam par Michel-Ange (chapelle Sixtine).
Le premier homme est un homme comme nous et non un australopithèque quelconque issu de cerveaux malades à l’imagination malsaine.

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